Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

La déception passée, le Rocket tire un bilan positif de sa saison

durée 18h54
16 juin 2022
durée

Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

LAVAL, Qc — La poussière avait eu le temps de retomber un peu moins de 24 heures après l'élimination du Rocket de Laval en sept matchs en finale de l'Est, par les Thunderbirds de Springfield, et l'équipe a pu tirer somme toute un bilan positif de sa saison 2021-22.

«Je suis très fier de l’équipe. C’est décevant ce qui s’est passé (mercredi), mais on s’est amélioré en saison et on a joué du bon hockey en séries, a analysé Jesse Ylönen. Personnellement, j’ai appris beaucoup sur mon jeu et je sais quoi faire cet été.»

Après une saison de 39-26-7 et une qualification en séries obtenue tardivement, bien peu auraient pu prédire un si long parcours éliminatoire pour la troupe de Jean-François Houle. Mais le club qui a terminé au troisième rang de la section Nord avec 85 points a su rehausser son niveau de jeu pour atteindre le carré d'as.

«Les rencontres d’aujourd’hui ont été très positives, a dit Houle de la Place Bell, jeudi. Je suis très content de la façon dont les joueurs ont abordé les séries et la saison au complet.»

Le Rocket n'avait pas l'air d'un aspirant à mi-saison, alors que l'équipe vivotait autour de ,500. Houle a donné le mérite aux vétérans du club, qui ont su l'aider à guider les plus jeunes.

«Nos leaders ont fait un bon travail pour garder tout le monde dans la bonne voie. Parfois, le bateau déviait de sa ligne, mais on réussissait à le ramener droit. C’est ça la Ligue américaine: tu as des hauts et des bas. 

«Dans cette ligue, tu dois avoir de la constance si tu veux faire les séries. On a plusieurs joueurs qui ont eu de grosses années: (Jean-Sébastien) Dea, (Kevin) Poulin, (Cayden) Primeau, Rafaël Harvey-Pinard, qui a marqué plus de points qu'il n'en a jamais marqués. (...) La profondeur nous a aidés aussi: avec la COVID et les rappels à Montréal, d’avoir les Lions de Trois-Rivières à proximité, ça nous a aidés.»

Primeau une surprise

De tous ses joueurs, il semble que ce soit la performance de Primeau qui a davantage surpris l'entraîneur, qui avait même décidé d'amorcer les séries avec Poulin devant le filet. Une fois qu'il a repris sa place, Primeau n'a plus donné le choix à Houle.

«Il m’a surpris, a admis Houle. J’ai trouvé qu’il avait beaucoup de confiance. Il était plus solide dans le filet quand les équipes le bousculaient, beaucoup plus qu’en début de saison. Il contrôlait mieux le rythme du match également.»

«Si on enlève le milieu de la saison, où je ne jouais pas mon meilleur hockey, j’ai eu de bons matchs et d’autres moins bons, a analysé Primeau. Il est clair que je veux travailler sur ma constance.»

Malgré un passage difficile à Montréal, Primeau n'a jamais douté de son jeu.

«J’ai parlé avec le psychologue sportif de l’équipe. On se disait tous deux qu’on ne savait pas ce qui arriverait avec tout ça, mais que du positif en ressortirait. Je n’ai jamais souhaité passer par une expérience comme celle-là, mais quand vous le vivez, ça vous fait grandir et il faut en être reconnaissant. Je suis un meilleur gardien, autant physiquement que mentalement, en raison de ce séjour à Montréal.»

Laval un exemple pour Montréal?

Dea avait quant à lui un message pour l'organisation du Tricolore au cours de ce bilan. Selon lui, les succès du Rocket s'expliquent par le grand nombre de Québécois au sein de sa formation.

«Je pense que le Canadien devrait prendre exemple là-dessus, a-t-il affirmé. Une gang de Québécois qui représentent le Canadien, il n'y a pas une soirée que les gars ne jouaient pas avec fierté et honneur.»

Si Houle croit aussi que la forte représentation québécoise au sein de sa troupe ait contribué aux succès en séries, il met un bémol aux espoirs de son joueur de centre.

«Ce serait le fun, mais ce n’est pas aussi facile à faire (dans la LNH) que les gens pensent, a-t-il noté. Il y a le plafond salarial, il faut que les joueurs soient intéressés (de jouer à Montréal). C’est compliqué dans la LNH, c’est plus facile dans la Ligue américaine. Mais même dans la Ligue américaine, il faut trouver les bons Québécois. (Les dirigeants du Canadien) ont trouvé les bonnes personnes pour les bonnes positions. Ce ne sera pas facile à répéter.

«On a plusieurs Québécois sur l’équipe et tu voyais que c’était excitant de jouer ici pour eux, a poursuivi l'entraîneur-chef. (...) À mon avis ç'a fait une différence. Ça peut mener loin le sentiment d’appartenance.»

Une chose est sûre: c'est sur un groupe très soudé qu'Houle a pu s'appuyer cette saison. La plupart des joueurs du Rocket qui ont défilé devant les journalistes jeudi en ont fait mention.

«Il y avait quelque chose de spécial cette saison. Le dernier mois et demi, c’est le plus de plaisir que j’ai eu à jouer au hockey de ma vie, a même déclaré Primeau. Je pense que ça explique en grande partie nos succès.

«Nous avons cliqué dès le début, tout le monde ensemble, même ceux qui se joints à nous en cours de saison. C’est comme s’ils avaient été avec nous depuis toujours. C’était agréable de venir à l’aréna tous les jours. On a aussi passé beaucoup de temps à l’étranger, ça aide à rapprocher un groupe.»

«C’est la première fois que je joue avec autant de Québécois depuis le junior. C’était vraiment spécial pour moi, a pour sa part avancé Poulin. Ceux qui n’étaient pas Québécois ont été bien inclus. J’ai eu du plaisir avec tout le monde. On est un bon groupe, qui avait du plaisir sur la glace et à l’extérieur. Ç'a tout rendu plus amusant.»

Autre élément important: les jeunes joueurs du Rocket ont pu compter sur un groupe de vétérans solides, qui ont grandement aidé les plus jeunes à progresser. Houle a d'ailleurs sa petite idée sur ceux qu'il aimerait voir revenir la saison prochaine.

«Je pense que notre équipe sera plus jeune, mais c’est important d’être compétitif. Ça prend un bon noyau de vétérans pour guider ces jeunes. Pas seulement sur la glace, mais à l’extérieur. C’est important d’avoir les bons éléments en place pour nous aider à continuer ce qu’on a implanté cette saison.

«Je pense qu’on les a ici dans la chambre, autant à l’attaque qu’en défense. À mon avis, on a le noyau de vétérans qu'on devrait ramener. Ils ont implanté une culture gagnante et pourraient assurer une continuité.»

Comme la plupart de ces joueurs ont été amenés au sein de l'organisation par Marc Bergevin, il reste à voir quelle évaluation en ont faite Kent Hughes et Jeff Gorton.

Frederic Daigle, La Presse Canadienne