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La décision concernant le F-35 sera prise «au moment opportun», dit Mark Carney

durée 19h29
31 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney a éludé mardi les questions concernant l'examen par son gouvernement du projet d'acquisition du F-35, après que le chef du NORAD eut laissé entendre que des avions de pointe comme le F-35 n'étaient pas indispensables à la défense du continent.

Le général Gregory Guillot, de l'armée de l'air américaine, a involontairement alimenté le débat politique au Canada sur l'acquisition de ces avions de combat.

Il a déclaré devant une commission du Congrès plus tôt ce mois-ci que les avions de combat de cinquième génération comme le F-35 n'étaient «franchement» pas nécessaires pour défendre les frontières de l'Amérique du Nord.

Le commandant du NORAD a indiqué aux sénateurs américains que ces avions de combat furtifs de pointe sont mieux adaptés à l'attaque de cibles à l'étranger.

«Je souhaiterais voir se poursuivre la modernisation de la flotte de chasseurs de quatrième génération», a avancé le général devant la commission des forces armées du Sénat américain le 21 mars.

«Nous n'avons pas besoin de la cinquième génération pour défendre nos frontières. Ces capacités sont mieux utilisées à l'étranger, où leur furtivité, leurs armes air-sol et leur capacité de pénétration sont nécessaires», a-t-il ajouté.

Interrogé mardi lors d’une conférence de presse au sujet de ces commentaires, Mark Carney a éludé la question.

«Il existe toute une gamme d’opinions, a-t-il mentionné. Cette observation, qui est manifestement un avis d’expert, n’est pas en contradiction avec d’autres points de vue qui ont été exprimés.»

L'avion de chasse Gripen-E de quatrième génération de Saab est arrivé deuxième derrière le F-35 dans le cadre du concours pour le futur avion de chasse du Canada. Son offre prévoyait l'assemblage des appareils au Canada.

Le PDG de Saab a récemment indiqué avoir reçu de nombreuses questions du gouvernement canadien au sujet des avions Gripen, mais que son entreprise n’avait reçu aucune indication quant au calendrier de l’examen mené par Ottawa.

M. Carney a affirmé mardi que son gouvernement continuait d'évaluer un large éventail de facteurs dans le cadre de son examen des projets d'achat d'une flotte complète de F-35.

Parmi ceux-ci figurent les besoins de défense du Canada, l'interopérabilité, le rapport qualité-prix et les retombées économiques plus larges.

Le premier ministre n'a pas précisé s'il avait lu le rapport d'examen du F-35 rédigé par son propre gouvernement, bien qu'on lui ait posé la question.

Il n'a pas non plus donné d'indications sur le calendrier de finalisation de l'examen des marchés publics qu'il a ordonné l'année dernière, se contentant de dire qu'une décision serait prise «au moment opportun».

Le gouvernement Carney examine depuis plus d’un an l’opportunité d’acheter une flotte de 88 F-35. Il avait annoncé qu’il achèverait son analyse à l’automne dernier.

Le gouvernement libéral a lancé cette révision peu après l’entrée en fonction de M. Carney, dans le contexte de la guerre commerciale déclenchée par le président américain Donald Trump.

Le Canada ne s'est engagé financièrement que pour le premier lot de 16 avions F-35, fabriqués par le constructeur aérospatial américain Lockheed Martin.

Pete Hoekstra, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, a averti en janvier que si le Canada ne donnait pas suite à sa commande complète de 88 F-35, le pacte de défense nord-américain NORAD devrait être modifié.

La commandante de l'Aviation royale canadienne, la lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet, a déclaré en janvier devant la commission de la défense de la Chambre des communes que le F-35 est le seul avion de chasse disponible «capable de faire face à toutes les menaces adverses les plus avancées que nous observons actuellement, menaces qui sont propagées et perfectionnées sur le plan technologique par la Russie et la Chine».

Kyle Duggan, La Presse Canadienne