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La lutte contre l'extorsion est la priorité absolue, dit Nina Krieger

durée 23h56
12 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

La ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique affirme que, malgré la baisse des cas d'extorsion signalée par la police provinciale ces derniers mois, la lutte contre cette crise demeure la priorité absolue du gouvernement en matière de sécurité publique.

Nina Krieger a prononcé le discours d'ouverture d'une table ronde sur l'extorsion réunissant plusieurs représentants des forces de l'ordre. Elle a indiqué que, de concert avec l'Agence des services frontaliers du Canada, les policiers ont réalisé d'importants progrès pour traduire les extorqueurs en justice.

Le commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Dwayne McDonald, a déclaré que les activités liées à l'extorsion ont globalement diminué dans la province, attribuant ces progrès au travail du Groupe de travail sur l'extorsion de la Colombie-Britannique, de ses partenaires et d'autres intervenants.

Il a indiqué lors de la discussion en ligne que les autorités ont enregistré des succès significatifs en matière de dépôt d'accusations et d'arrestation de suspects d'extorsion, et que la collaboration des victimes et de la population en général s'est accrue.

Bien que la majeure partie du travail ne soit pas visible du public, il affirme qu'un important dispositif policier est mobilisé pour lutter contre l'extorsion, et que le groupe de travail provincial enquête actuellement sur 36 dossiers, et que d'autres suivront à mesure qu'il se concentrera sur les suspects les plus dangereux.

M. McDonald souligne néanmoins que les personnes soupçonnées d'extorsion sont mobiles et se déplacent d'une province à l'autre. Un effort soutenu, coordonné entre les services de police canadiens et internationaux, serait donc nécessaire pour maintenir les progrès réalisés.

La discussion était animée par Paul Dadwal, président du Groupe consultatif communautaire de la Colombie-Britannique sur l'extorsion. Il indique que son groupe a tenu des dizaines de réunions au cours des derniers mois avec les familles des victimes, la police, l'Association des gens d'affaires sud-asiatiques de la Colombie-Britannique, l'ASFC et FINTRAC, l'agence canadienne de renseignement financier, entre autres.

«À la communauté, aux victimes, votre douleur est bien réelle, a dit M. Dadwal. Nous comprenons votre souffrance. Nous savons que certains d'entre vous ont déménagé. Nous savons que votre vie a été bouleversée, et que des enfants ont été touchés.»

Cependant, M. Dadwal a affirmé que le travail de la police et d'autres intervenants porte ses fruits.

La police de Surrey a publié des données au début du mois indiquant qu'il y a eu 44 menaces d'extorsion en janvier, 17 en février, 14 en mars et 20 en avril.

D'autres chiffres montrent que 98 cas d'extorsion ont été signalés dans la région métropolitaine de Vancouver en date du 11 mai, dont 16 impliquant des armes à feu.

Nina Patel, directrice régionale de l'Agence des services frontaliers du Canada, a souligné que l'agence avait ouvert 446 enquêtes d'immigration concernant des ressortissants étrangers soupçonnés d'être impliqués dans des affaires d'extorsion ou d'y être liés à travers le pays en date du 7 mai.

L'agence a émis 118 ordres de renvoi et en a exécuté 55.

Dans la région du Pacifique, Mme Patel a indiqué que 132 enquêtes ont été menées et que l'agence a donné 52 ordres de renvoi, ce qui a entraîné le renvoi de 33 personnes.

Les personnes faisant l'objet d'une enquête peuvent être jugées inadmissibles pour des raisons allant du non-respect des conditions d'immigration à des actes de criminalité grave, a précisé Mme Patel.

Le chef de police de Delta, Harj Sidhu, a dit lors de la discussion de mardi que les organisations criminelles utilisent les voies d'immigration pour s'établir au Canada.

Il a ajouté que les criminels exploitent également les nouveaux arrivants qui peuvent se sentir isolés ou éprouver des difficultés financières.

«Ils sont recrutés, tout comme nous le faisons avec des jeunes vulnérables de notre province et du reste du pays», a affirmé M. Sidhu.

Parallèlement, Norm Lipinski, chef de police de Surrey, a présenté certaines des tactiques employées par la police pour lutter contre l'extorsion dans la ville, notamment l'installation de caméras cachées et le déploiement d'agents dans les zones à risque 24 heures sur 24.

La Presse Canadienne