La modernisation du port de Vancouver est confiée au Bureau des grands projets

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Par La Presse Canadienne, 2026
TSAWWASSEN — Le gouvernement fédéral a soumis au Bureau des grands projets (BGP) un projet visant à agrandir considérablement le port de Vancouver, en vue d'une éventuelle procédure accélérée, donnant ainsi un nouvel élan à un projet contre lequel les écologistes se battent depuis des années.
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse au terminal portuaire de Roberts Bank, à Delta en Colombie-Britannique, que cet agrandissement constituait une «stratégie de transformation» visant à développer et à diversifier les échanges commerciaux.
M. MacKinnon a précisé que ces travaux de modernisation, connus sous le nom de «stratégie Gateway», viseront à renforcer la capacité commerciale et à permettre au Canada d’accéder à davantage de marchés mondiaux, tels que la région indo-pacifique.
«Le Canada a besoin d’infrastructures de transport modernes qui aident nos entreprises à être compétitives, permettent aux produits canadiens d’accéder à de nouveaux marchés et créent des emplois de qualité dans tout le pays, a souligné M. MacKinnon dans un communiqué. En investissant dans nos ports et notre réseau de transport, nous stimulons notre économie, renforçons nos chaînes d’approvisionnement, tout en protégeant l’environnement.»
M. MacKinnon a expliqué que ces améliorations s’articuleront autour de quatre «piliers clés», dont le terminal 2 de Roberts Bank, un projet de terminal à trois postes d’amarrage qui permettrait d’augmenter de 50 % la capacité de traitement des conteneurs du port.
Le ministre a indiqué que ce nouveau terminal à conteneurs permettrait alors de générer 100 milliards $ de capacité commerciale supplémentaire par an, ce qui pourrait contribuer à hauteur de 3 milliards $ au PIB canadien chaque année.
Avis divergents
Les associations environnementales s’opposent depuis longtemps à l’extension du port, mettant en garde contre les risques pour les espèces menacées et d’autres effets néfastes potentiels.
Lucero González, militante pour la conservation et les politiques au sein du Wilderness Committee, a commenté que le projet d’accélérer la mise en œuvre de l'expansion du port constituait une «initiative extrêmement préoccupante».
«Lutter contre l’extinction, s’opposer aux mégaprojets qui menacent les espèces en voie de disparition ne sera jamais vain», a-t-elle dit, ajoutant que le projet n’était pas «encore bouclé».
«Au contraire, cela ne fait que renforcer l’argument selon lequel ce projet est néfaste pour l’économie, pour l’emploi, pour l’environnement et pour les communautés situées autour de l’estuaire du fleuve Fraser, a-t-elle énoncé, précisant que les détracteurs ne cesseront pas de s’opposer à ce projet. Nos préoccupations environnementales concernant ce projet restent exactement les mêmes qu’il y a dix ans.»
Mme González a indiqué que les populations d’orques résidentes du sud sont en déclin, et que les craintes abondent quant au fait que le gouvernement Carney contourne les procédures d’autorisation et les protections légales applicables aux espèces menacées.
Elle a assuré que cette annonce témoignait de la volonté du gouvernement fédéral de «bafouer» les communautés afin de mener à bien ses projets, sans se soucier des impacts environnementaux.
«Nous avons plus de questions que de réponses pour l’instant, a dit Mme González. Mais il est très inquiétant de penser que, même en sachant que ce projet poussera les orques résidentes du Sud vers l’extinction, ils n’hésitent pas à accélérer la procédure et à poursuivre ce projet.»
La Chambre de commerce de Vancouver, quant à elle, a déclaré que cette annonce constituait «une grande victoire pour le monde des affaires de la Colombie-Britannique et l’économie canadienne».
«En adoptant une approche globale de la croissance de notre porte d’entrée sur le Pacifique, le gouvernement fédéral apporte le dynamisme dont notre économie et nos chaînes d’approvisionnement ont besoin», a écrit dans un communiqué la présidente de la Chambre de commerce, Bridgitte Anderson.
Parmi les autres volets de cette modernisation figurent des projets visant à accroître la capacité des terminaux de vrac grâce à des aménagements du territoire et à des améliorations des infrastructures.
Une partie de cette expansion concerne le site du terminal Fraser Wharves, d’une superficie de 16 hectares, situé à Richmond, en Colombie-Britannique.
L’Administration portuaire Vancouver-Fraser devrait lancer la semaine prochaine la procédure de sélection de son exploitant.
Le projet d’oléoduc de la côte ouest de l’Alberta — qui aboutirait à Roberts Bank et fait également l’objet d’une procédure de renvoi pour projet d’envergure — est pris en compte dans le cadre des plans d’infrastructure portuaire.
Il est également prévu d’étendre et d’optimiser les infrastructures ferroviaires reliant le port, ainsi que de mettre en place des mesures de protection environnementale pour l’habitat des orques résidentes du sud.
L’association Grain Growers of Canada a assuré qu’elle soutenait également cette annonce, tout en soulignant l’importance d’inclure les investissements ferroviaires dans cette équation.
«Le succès de la stratégie Gateway dépendra en fin de compte de la résolution des goulets d’étranglement ferroviaires de longue date, à commencer par le passage ferroviaire de Second Narrows», indique le communiqué des Grain Growers, soulignant l’importance des liaisons ferroviaires pour renforcer la compétitivité du Canada à l’échelle mondiale.
Peter Xotta, président de l’Administration portuaire Vancouver-Fraser, a expliqué que le port était appelé à «jouer un rôle prépondérant» dans les projets d’Ottawa visant à doubler les exportations vers les marchés hors d’Amérique du Nord.
Début immédiat des consultations
Le port de Vancouver est le plus grand du Canada. Il traite plus de marchandises que les cinq autres plus grands ports canadiens réunis.
«L’annonce d’aujourd’hui aidera le port de Vancouver et nos partenaires à mener à bien des projets qui changeront la donne, comme la construction du terminal 2 de Roberts Bank, et à acheminer davantage de produits fabriqués, extraits, récoltés et cultivés par les Canadiens vers davantage de clients à travers le monde», a commenté M. Xotta.
Le port de Vancouver avait annoncé en début de semaine avoir choisi TerraMarine comme partenaire de construction pour le terminal 2, dont la réalisation nécessitera la création d’une nouvelle terre au-delà des terrains existants de Roberts Bank.
Le gouvernement a indiqué dans un communiqué de presse que le Bureau des grands projets entamerait immédiatement des consultations avec les communautés autochtones au sujet des travaux de modernisation du port.
Parmi les autres projets de la Colombie-Britannique ayant déjà fait l’objet d’un renvoi, on peut citer le projet de GNL Ksi Lisims, la phase 2 de l’installation de LNG Canada à Kitimat, la ligne de transport d’électricité de la côte nord et l’extension de la mine de cuivre Red Chris.
Darryl Greer, La Presse Canadienne