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La plongeuse Pamela Ware tente toujours de surmonter le traumatisme de Tokyo

durée 15h20
13 juin 2022
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

MONTRÉAL — Pamela Ware reconnaît que sa mésaventure aux Olympiques de Tokyo l’an dernier a laissé des traces. Et même si elle est résolue à poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux de Paris en 2024, la plongeuse de 29 ans doit encore tourner la page sur cet épisode pénible qui continue à la hanter.

La double Olympienne semblait promise à une qualification pour la finale au tremplin de 3 mètres à Tokyo lorsque, à son dernier essai, elle a raté son saut d’appel sur son périlleux et demi renversé avec trois vrilles et demie. Cette faute technique l’a obligée à sauter dans l’eau les pieds en premier.

«Les Olympiques, ça demeure un moment traumatisant pour moi, a-t-elle reconnu, lundi, au lendemain de sa participation à la troisième étape du Grand Prix FINA de plongeon à Calgary. Ça me joue encore dans la tête, et il me faut encore un peu de temps pour passer par-dessus. Je pense que plus je fais de compétitions et plus je me sens à l’aise et je reprends confiance.»

Après quelques mois à l’écart de la piscine à son retour de Tokyo, la reprise de sa routine d’entraînement n’a pas été facile.

«J’ai d’abord changé d’entraîneur, ce qui a constitué un gros changement. Puis il y a eu les départs de Meaghan (Benfeito) et Jennifer (Abel). Ça faisait 15 ans que nous étions ensemble.

«J’ai essayé de recommencer à faire ce plongeon — qu’elle était la seule à exécuter en compétition —, mais c’était trop difficile mentalement. Nous avons décidé de l’abandonner et de faire un autre plongeon sur lequel je travaille toujours. Ça m’a fait du bien de faire autre chose et de ne pas revenir dans le passé.»

Reprendre confiance

N’empêche que les derniers mois n’ont pas été à la hauteur de ses attentes. Elle a ainsi été incapable d’assurer sa sélection pour les Championnats du monde qui auront lieu à Budapest, en Hongrie, du 26 juin au 3 juillet, et les Jeux du Commonwealth à Birmingham, en Angleterre, cet été.

«Ce n’est pas vraiment une année très importante, c’est plus l’année prochaine et 2024 qui comptent. J’aurais aimé me qualifier pour les Mondiaux et les Jeux du Commonwealth. Mais je me dis que ça me donne plus de temps pour m’entraîner, m’améliorer, sans trop pousser les choses.»

Après une quinzaine d’années avec Aaron Dziver, la Montréalaise travaille désormais avec Hui Tong, nouvel entraîneur embauché après les derniers Jeux par Plongeon Canada. Elle estime que ce changement lui est bénéfique jusqu’ici.

«Avec tous les changements, j’ai parfois de la difficulté à rester positive et il m’aide à l’être davantage. Il m’aide vraiment à être plus confiante en moi.»

Ware doit également s’adapter à son statut de doyenne au sein d’une jeune équipe en pleine reconstruction.

«Je n’y avais pas pensé avant que Mitch (Geller, le directeur technique) m’en parle avant les nationaux à Saskatoon. Il voulait savoir si ça me jouait dans la tête. Peut-être. Il faut dire que je suis huit ans plus vieille que les autres, c’est une grosse différence d’âge. Avec Meaghan, nous étions vraiment proches, on se parlait de tout à l’entraînement et même à l’extérieur de la piscine. C’est juste difficile de ne pas l’avoir à mes côtés.»

Elle entend d’ailleurs aborder Benfeito pour lui demander comment elle a géré elle-même la situation.

Ware a une dernière compétition à son calendrier cette saison, en Italie le mois prochain, après quoi elle se concentrera sur l’entraînement. Après discussion avec son équipe, elle adoptera un programme qui respectera davantage ses limites.

«Je ne suis pas nécessairement capable de suivre le rythme des jeunes. Je n’ai plus 17 ans. Présentement, nous avons une heure de pause entre nos deux séances d’entraînement de deux heures. J’ai de la misère à récupérer. On a décidé que j’aurais une pause de trois heures, qui me permettra de retourner à la maison entre mes deux séances.»

Marc Delbès, La Presse Canadienne