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La région de Toronto pourrait accueillir deux gares du futur train à grande vitesse

durée 12h42
30 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La région de Toronto pourrait avoir deux gares du futur train à grande vitesse (TGV) reliant la Ville reine à Québec, plutôt qu’une seule comme prévu initialement.

C’est ce qu’a laissé entendre le patron de la société d’État responsable du projet lors d’une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Même si aucune décision n’a encore été prise, le président-directeur général d’Alto, Martin Imbleau, reconnaît que le Grand Toronto «aura probablement besoin d'une deuxième gare».

Si elle voit le jour, cette deuxième gare sera probablement située dans une banlieue, afin d’attirer plus de passagers de la région environnante.

La construction d’une gare en banlieue permettrait aussi d’assurer l’accès à la ligne pendant la construction du tronçon final, plus coûteux, menant au centre-ville de Toronto.

«La construction en centre-ville prendra probablement plus de temps», a noté M. Imbleau, à propos de la possibilité de creuser des tunnels et de mener des travaux de grande envergure dans l’une des villes les plus denses du Canada.

«La fréquentation est importante à Toronto et la région est si vaste qu’une gare secondaire vaut probablement la peine, a-t-il déclaré. Nous y réfléchissons sérieusement.»

Pour le moment, le futur TGV doit s’arrêter dans sept villes: Toronto, Peterborough et Ottawa, en Ontario, ainsi que Laval, Montréal, Trois-Rivières et Québec, au Québec.

Le réseau accueillerait 72 trains par jour circulant sur des voies électriques dédiées à des vitesses dépassant les 300 km/h, réduisant ainsi considérablement les temps de trajet actuels — même si un arrêt supplémentaire les ferait passer légèrement au-delà des trois heures et sept minutes d’un trajet Toronto-Montréal, par exemple.

Cependant, le projet a suscité une vive opposition, notamment de la part d'agriculteurs et d'habitants de petites villes.

Pour leur part, les conservateurs fédéraux affirment que le corridor ferroviaire diviserait les communautés et n'apporterait que peu d'avantages aux habitants, tout en coûtant des milliards de dollars aux contribuables.

Mercredi soir, Alto a publié les détails de son processus de dédommagement des propriétaires fonciers dont les terrains seront rachetés ou expropriés par la société d'État.

Les propriétaires dont les parcelles sont nécessaires au corridor ferroviaire — qui s'étendra sur 60 mètres de largeur et sera encadré par des murs de 3 mètres — recevront une indemnisation calculée en fonction de plusieurs facteurs. Ceux-ci comprennent la valeur marchande de la propriété, les pertes commerciales, telles que la baisse des revenus ou des rendements agricoles, et les «coûts liés aux perturbations», comme les frais de déménagement.

«Il ne s’agit pas seulement d’acheter le terrain; il y a tous les désagréments et nuisances liés aux projets pour lesquels les propriétaires fonciers seront indemnisés», a indiqué M. Imbleau.

L'objectif est que les voies suivent les limites foncières existantes et qu'Alto évite les expropriations, même si certaines seront nécessaires, a-t-il ajouté.

«Nous souhaitons vraiment commencer par un acheteur consentant et un vendeur consentant. C’est une approche plus humaine», a continué le directeur.

«Cela ne signifie pas que la procédure d'expropriation ne sera pas utilisée pour accélérer une transaction, même avec un vendeur consentant.»

Alto a clôturé la semaine dernière une consultation publique de trois mois et prévoit de publier un rapport en juin. Des études de terrain et des travaux de conception technique concernant les voies et les gares sont déjà en œuvre.

Aucun tracé définitif n’a encore été décidé. Une proposition plus détaillée est attendue cet automne.

Pour l’instant, Alto évalue deux voies possibles pour l’est de l’Ontario. L’une suit une ligne directe entre Ottawa et Peterborough, tandis que l’autre décrit un arc suivant un tracé plus au sud.

La construction de la première phase de cette ligne ferroviaire de 1000 kilomètres devrait commencer en 2029 ou 2030, reliant Montréal et Ottawa dans le cadre d’un projet pilote effectif pour ce projet d’infrastructure de grande envergure destiné à transformer le transport ferroviaire dans la région la plus densément peuplée du Canada.

Christopher Reynolds, La Presse Canadienne