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Le budget de l'Alberta affiche un déficit de 9,4 milliards $

durée 21h18
26 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

EDMONTON — Le nouveau budget de l'Alberta affichera un déficit ahurissant de 9,4 milliards $. Après des décennies de volatilité des revenus pétroliers, la province tente de maîtriser la situation et d'en atténuer les effets.

Ce déficit est le plus important depuis la pandémie de COVID-19, une période de catastrophe économique mondiale marquée par des prix du pétrole négatifs.

Le ministre des Finances, Nate Horner, explique que les coûts liés à la croissance démographique, conjugués à l'incertitude mondiale et à la faiblesse des prix du pétrole, pèsent lourdement sur les finances de la province et mettent à rude épreuve ses capacités.

Il affirme toutefois que ce n'est pas le moment de réduire les dépenses consacrées aux services essentiels. Le budget prévoit des augmentations de dépenses dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

Aucune nouvelle mesure fiscale importante n'est instaurée, mais une nouvelle taxe sur la location de voitures est mise en place, ainsi que des hausses pour les taxes foncières et les frais d'immatriculation des véhicules.

«Notre situation financière est plus saine que celle de nombreux ménages albertains, et nous allons donc les aider à traverser cette période difficile», a déclaré M. Horner aux journalistes jeudi avant de présenter le budget à l'Assemblée.

La province prévoit que le prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI), véritable référence pour l'économie albertaine, se situera en moyenne à 60,50 $ US le baril au cours du prochain exercice financier, un montant largement insuffisant pour équilibrer les comptes.

M. Horner a indiqué que si les prix du pétrole demeurent indéfiniment bas, le déficit structurel deviendra «extrêmement évident». Il a toutefois précisé qu'il n'a pas le mandat, pour le moment, d'entreprendre une réforme fiscale.

Pas de taxe de vente provinciale

Plus tôt cette semaine, M. Horner a affirmé qu'une taxe de vente provinciale de 5 % dans une économie comme celle de l'Alberta pourrait générer environ 6 milliards $ de recettes, mais il ne préconise pas la tenue d'un référendum sur une éventuelle TVP «pour l'instant».

«Nous devons embarquer les Albertains dans cette aventure», a-t-il dit jeudi. Le budget estime que la structure fiscale actuelle de l'Alberta permet aux entreprises et aux particuliers d'économiser environ 17 milliards $, voire plus, comparativement aux taux d'imposition des autres provinces.

«Si les Albertains sont prêts à renoncer à une partie de cet avantage pour stabiliser leur situation fiscale, nous pouvons en discuter», a énoncé M. Horner.

Le déficit dépasse également le seuil de déficit budgétaire fixé par le gouvernement conservateur uni de la première ministre Danielle Smith. Interrogé sur les conséquences de ce dépassement des garde-fous budgétaires, M. Horner a répondu qu'elles étaient «politiques».

«Nous avons établi ces règles, et je les enfreins. Cela ne dérange donc personne plus que moi», a-t-il appuyé.

M. Horner a reconnu que la croissance démographique ralentit. Il a cependant souligné que la province doit encore rattraper son retard en matière d'infrastructures, notamment les hôpitaux et les écoles.

Les dépenses de santé augmentent de près de 6 %, soit 1,9 milliard $, pour atteindre 34,4 milliards $. Le financement de l'éducation augmente de 7 % par rapport à l'année précédente, pour un total de 10,8 milliards $.

Ces changements ont lieu à la suite d’une pression sur les urgences ayant entraîné des témoignages de souffrance et de décès potentiellement évitables, et après la reprise du travail des enseignants à l’automne, à la suite d’une grève houleuse au cours de laquelle ils réclamaient des mesures pour régler le problème de surpopulation et de complexité des classes.

Le chef de l'opposition néo-démocrate, Naheed Nenshi, a déclaré que ce budget démontre la mauvaise gestion des finances provinciales par le Parti conservateur uni (PCU), le non-respect de ses propres règles et la perte de toute autorité morale pour gouverner.

Il a ajouté que, malgré une production pétrolière record, le budget renchérit le coût de la vie avec une série de nouvelles taxes, sans pour autant résoudre les problèmes fondamentaux des soins de santé et de l'éducation.

Et pour couronner le tout, a-t-il affirmé, «Danielle Smith et le PCU ont endetté les générations futures, nos enfants et nos petits-enfants, de milliards de dollars, sans perspective de redressement».

Le gouvernement de Mme Smith vise également à accroître le fonds de réserve du patrimoine de l'Alberta. On prévoit que le déficit atteindra environ 34 milliards $ d'ici la fin de 2026-2027.

Il s'agit du deuxième déficit consécutif pour le gouvernement conservateur uni (UCP), après un excédent de 8,3 milliards $ en 2024-2025. Pour l'exercice financier en cours, qui se termine en mars, la province prévoit un déficit de 4,1 milliards $.

— Avec des informations d'Aaron Sousa

Lisa Johnson et Jack Farrell, La Presse Canadienne