Nous joindre
National

Le chantier pour l'expansion du Port de Montréal bel et bien amorcé à Contrecoeur

Le chantier pour l'expansion du Port de Montréal bel et bien amorcé à Contrecoeur
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Le projet d'expansion du Port de Montréal à Contrecoeur, en Montérégie, a bel et bien levé l'ancre aux abords du fleuve Saint-Laurent. Le chantier prend désormais forme sur l'eau en vue de la construction d'un nouveau quai.

Depuis le début du mois d'août, le projet de développement d'un terminal de conteneurs a franchi une nouvelle étape à la suite de travaux préparatoires sur le site, qui était jusqu'à assez récemment une terre agricole.

Pour souligner le lancement des travaux en eau, l’Administration portuaire de Montréal (APM) a invité La Presse Canadienne et un second média à un breffage technique ainsi qu'à une visite du chantier, jeudi.

«C'est un projet qui avance», a soutenu en entrevue le vice-président aux communications et relations externes de l'APM, Julien Baudry, rappelant les autres étapes conclues au cours de la dernière année.

Le Port de Montréal a signé un accord de développement conjoint avec l'opérateur DP World et a obtenu un prêt de 1,16 milliard $ de la Banque de l’infrastructure du Canada.

En avril dernier, le premier ministre canadien, Mark Carney, a donné le coup d'envoi à ce projet «d'intérêt national».

La tâche est maintenant à l'aménagement d'une jetée de travail en pierre dans le fleuve. Celle-ci doit d'abord servir de plateforme pour la circulation de la machinerie et la construction du quai. Elle doit ensuite devenir la surface permanente de la future cour à conteneurs.

Un responsable de l'APM a expliqué que la jetée sera composée de différentes tailles de roches afin de concevoir une structure résistante. Un total de 250 000 tonnes de pierres a été livré jusqu'à présent, et des milliers d'autres sont attendues dans les prochains mois, précise l'APM.

D'autres matériaux, dont des pieux, viendront éventuellement s'insérer dans la composition du quai. La construction de ce dernier doit s'échelonner jusqu'en juin 2029, selon l'échéancier actuel.

Le vice‑président au projet d’expansion à l’APM, Ronald Haddad, a indiqué que la phase de dragage du fond du fleuve afin de «rejoindre le chenal existant» doit avoir lieu à partir d'octobre 2027.

Mesures environnementales

L'APM a assuré mettre en oeuvre différentes mesures pour suivre la qualité de l'air et de l'eau ainsi que le niveau de bruit tout au long du chantier.

Des stations ont été déployées, notamment afin de respecter des seuils établis pour le bruit et la qualité de l'air par le ministère québécois de l'Environnement. Des «rideaux de turbidité» ont aussi été installés dans le fleuve pour «diminuer l'envoi de matières en suspension», a indiqué une responsable du Port de Montréal, lors du breffage technique.

L'APM a mentionné avoir complété la plupart des plans de compensation pour contrebalancer les impacts du projet sur certaines espèces, comme la perte d’habitat du chevalier cuivré, et les milieux humides.

«Au total, en termes de mesures de compensation, on parle d'environ 36 millions $ d'investissements, dont 17 millions $ uniquement pour le chevalier cuivré», a fait part M. Baudry, précisant que la plantation d'herbiers pour cette espèce en voie en disparition se poursuit.

Des groupes ont dénoncé ces dernières années les impacts environnementaux du projet d'expansion du Port de Montréal, notamment en lien avec les travaux de dragage.

M. Haddad a soutenu que le projet a bénéficié de «plusieurs années de planification» et d'«un processus environnemental rigoureux».

Travaux terrestres et financement

En parallèle du chantier en eau, l'APM planche toujours sur la préparation de travaux pour les installations terrestres.

«Actuellement, on est en planification et en négociation avec DP World pour compléter cette phase-là qui est prévue de commencer à partir de 2027», a affirmé M. Haddad.

DP World doit piloter l'aménagement de la cour de conteneurs et de la connexion ferroviaire ainsi que la construction de bâtiments et de services publics du futur terminal. L'entreprise doit aussi en assurer l’exploitation et l’entretien pour une durée de 40 ans.

Les discussions avec DP World portent sur des choix technologiques et d'ingénierie, a évoqué M. Baudry. Elles comportent aussi un aspect monétaire devant contribuer à compléter le montage financier du projet d'expansion.

Sur un projet d'environ 2,3 milliards $, il reste à confirmer «aux alentours de 25 à 30 %» de l'investissement, a indiqué M. Baudry.

«Au niveau du financement, on avance bien. Il nous reste les détails de la confirmation de l'entente avec l'opérateur.

«Mais j'insiste, ce n'est pas du financement manquant. Puisque pour nous, on a aujourd'hui la confirmation du prêt avec la Banque de l'infrastructure du Canada, qui nous permet d'aller de l'avant», a-t-il dit.

L'APM estime pouvoir finaliser l'accord avec DP World au plus tard au début de 2027.

Le futur terminal doit augmenter la capacité du Port de Montréal de 60 %. Il pourra recevoir 1,15 million de conteneurs par année. La mise en exploitation pourrait s'amorcer en 2030.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne