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Le compte à rebours est lancé avant la possible grève chez WestJet

durée 11h35
29 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Le compte à rebours est lancé avant le début d’une possible grève qui pourrait voir 4400 agents de bord de WestJet rejoindre les piquets de grève dès dimanche.

Les agents de bord de la compagnie aérienne située à Calgary se sont prononcés à 99 % en faveur d’un mandat de grève à la mi-juillet. Depuis lors, d’intenses négociations sur une nouvelle convention collective sont en cours et la période de réflexion obligatoire touche à sa fin.

Les précédents conflits de travail dans le secteur aérien ont entraîné une multiplication des annulations de vols quelques jours avant le début de la grève, qui doit être précédée d’un préavis de 72 heures de la part du syndicat. Cela signifie qu’à moins qu’un accord ne soit trouvé, certains vols pourraient commencer à être annulés dès vendredi.

WestJet indique que les passagers dont les vols sont prévus entre le 30 juillet et le 4 août peuvent modifier leur réservation une seule fois ou l’annuler sans frais.

Les voyageurs ayant réservé un vol sur son service régional WestJet Encore ou sur des vols en partage de code opérés par une compagnie partenaire, telle que Delta Air Lines, ne seront pas affectés par une grève, précise la compagnie.

Réduction progressive

Par ailleurs, le syndicat représentant les agents de bord a transmis mardi à ses membres une note de service décrivant l’entente de réduction progressive des activités conclue avec la compagnie aérienne. Ce document présente un plan visant à immobiliser les avions et à ramener le personnel navigant commercial chez lui en cas de grève ou de lock-out.

Le personnel navigant commercial assurant un vol au moment où une action syndicale potentielle débute devrait mener ce vol à son terme jusqu’à la destination prévue. Les membres qui se trouvent en milieu d’une série de vols réguliers pourraient être tenus d’assurer des vols supplémentaires ou d’effectuer des vols à vide, dans le seul but de ramener les aéronefs, l’équipage et les passagers vers des aéroports canadiens.

Si WestJet ne peut pas ramener immédiatement un membre à sa base, l’entente prévoit que les agents de bord se verront offrir soit un hébergement à l’hôtel dans leur dernière ville de destination pour une durée maximale de sept jours ou jusqu’à la fin du conflit de travail, soit un transport assuré par l’entreprise vers une autre ville canadienne, sous réserve de la disponibilité des places.

Le syndicat a précisé que les règles relatives à la rémunération et à l’horaire prévues dans la convention collective en vigueur continueraient de s’appliquer pendant que les agents de bord mènent à bien la cessation progressive des activités.

Travail au sol

La rémunération du travail effectué au sol reste un enjeu majeur dans les négociations, moins d’un an après que cette même question a déclenché un arrêt de travail de 10 000 agents de bord chez Air Canada.

«Le point d’achoppement pour nous actuellement concerne le travail non rémunéré et le mode de calcul de notre salaire. À cela s’ajoute le montant réel de notre salaire», a expliqué Alia Hussain, qui préside la section WestJet du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), lors d’une entrevue donnée devant l’aéroport de Calgary au début du mois.

«Nous estimons qu’il y a une quantité importante de travail non rémunéré, c’est pourquoi cette question reste en suspens à la table de négociation.»

Le président et chef de la direction de WestJet, Alexis von Hoensbroech, a souligné que l’autorisation de grève est une étape courante au cours des négociations «et ne signifie pas qu’une grève est imminente».

«Nous restons fermement déterminés à parvenir à un accord significatif avec le SCFP qui reconnaît la contribution et le professionnalisme de nos membres du personnel de cabine et qui permet à WestJet de demeurer compétitive et durable», a-t-il assuré dans un communiqué récent.

Même un arrêt de travail de courte durée coûterait des millions de dollars à WestJet en pleine saison estivale, pendant un long week-end dans une grande partie du Canada, a souligné John Gradek, professeur de gestion aéronautique à l’Université McGill.

«WestJet ne peut pas se permettre un arrêt complet de ses activités pendant la haute saison estivale», a-t-il dit.

Le SCFP a intensifié sa campagne de relations publiques ces dernières semaines, en lançant une «journée d’action» avec des rassemblements à travers le pays le 14 juillet.

À Calgary, quelque 250 agents de bord de WestJet se sont tenus dos à dos devant le siège social de la compagnie aérienne pour adresser un message à la direction. Vêtus de leur uniforme, ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Prêts à faire grève», «Le travail non rémunéré ne décollera pas» et «Frustrés par WestJet? Nous aussi».

Des publicités défendant la cause du personnel de cabine ont fait leur apparition sur diverses plateformes, allant des balados aux vidéos de créateurs de contenu sur TikTok.

Remboursements

Les clients dont les vols sont annulés en prévision d’une grève potentielle ont le droit de se faire rembourser ou de changer leur réservation sans frais auprès de n’importe quelle compagnie aérienne, et pas seulement WestJet, explique Gabor Lukacs, président de l’association Air Passenger Rights.

«Ces mesures relèvent de décisions commerciales relevant du contrôle de WestJet et ne sont pas imposées pour des raisons de sécurité», précise l’association dans un message récent publié sur son site internet. À ce titre, les voyageurs ont droit à une indemnisation en espèces pouvant aller jusqu’à 1000 $ par personne, ajoute M. Lukacs.

Si le vol est annulé parce qu’une grève a commencé, les passagers bénéficient du même droit de se faire réacheminer sur n’importe quelle compagnie aérienne, précise M. Lukacs. Un remboursement est également possible.

La tenue ou non d’une grève pourrait dépendre en grande partie de l’accord auquel parviendront les deux équipes de négociation concernant la rémunération des tâches au sol. Ce point reste un sujet de discorde majeur, même après que les agents de bord d’Air Canada ont obtenu en février une rémunération pour le travail au sol qui atteindra 70 % de leur taux horaire pour l’heure précédant le décollage.

Christopher Reynolds, La Presse Canadienne