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Le conseil de ville de Montréal débattra d'une motion sur les liens avec Israël

Le conseil de ville de Montréal débattra d'une motion sur les liens avec Israël
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Le conseil de ville de Montréal débattra lundi soir d'une motion appelant la Ville à suspendre ses liens institutionnels avec le gouvernement d'Israël, dans la foulée de la guerre à Gaza.

La motion est présentée par Projet Montréal, la formation que dirigeait Valérie Plante, qui forme désormais l’opposition officielle à l'hôtel de ville.

Le texte appelle Montréal à reconnaître et à dénoncer ce qu’il qualifie de régime d’apartheid en Palestine et de génocide qui y est perpétré, ainsi qu’à exprimer sa solidarité avec les Palestiniens et les autres victimes civiles du conflit à Gaza.

Il demande également à la Ville de suspendre ses relations institutionnelles avec le gouvernement israélien actuel, ses institutions et ses collectivités locales.

Ni Projet Montréal ni la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, n’ont répondu dans l'immédiat aux demandes d'entrevue de La Presse Canadienne.

La motion a reçu le soutien de Montréal Anti-Apartheid, une campagne lancée lors des élections municipales de 2025. Le groupe appuie le texte même s'il ne répond pas à l'ensemble de ses revendications, selon sa cofondatrice Sepideh Anvar.

La campagne souhaite que Montréal rompe, plutôt que de simplement suspendre, ses liens institutionnels avec Israël. Ses revendications plus larges incluent le désinvestissement des entités et entreprises israéliennes qui, selon elle, contribuent à l’apartheid et au génocide, le boycottage des représentants israéliens et un soutien accru aux réfugiés palestiniens.

Mme Anvar a qualifié cette motion de «première étape». Selon sa compréhension, la suspension des liens institutionnels pourrait signifier que les représentants du gouvernement israélien ne seraient plus invités à l’hôtel de ville et que les élus municipaux n’accepteraient plus de voyages pris en charge, de cadeaux ou de repas offerts par Israël.

«Dans un contexte où nous parvenons à peine à obtenir ne serait-ce que des gestes symboliques de solidarité avec la Palestine, le fait que la Ville de Montréal, l’une des plus grandes villes d’Amérique du Nord, s’apprête à prendre une mesure concrète, à savoir suspendre ces liens, est stupéfiant», a-t-elle fait valoir.

De son côté, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, qui défend les intérêts des fédérations juives à travers le Canada, appelle les élus municipaux de Montréal à rejeter la motion.

L’organisation estime que cette proposition risque d’aggraver les divisions et soutient que les conseillers devraient plutôt donner la priorité aux préoccupations locales, comme le logement, l’itinérance, les infrastructures et la sécurité publique.

La motion a reçu le soutien de plus de 700 artistes, acteurs du milieu culturel et organisations, qui ont signé une déclaration exhortant les conseillers municipaux à voter en sa faveur.

La campagne a été organisée par le Club anti-apartheid des artistes québécois, qui compte parmi ses partisans des professionnels du cinéma, de la télévision, du théâtre, de la musique, de la littérature et des arts visuels.

La Presse Canadienne