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Le coût de l'essence provoque une hausse de l'intérêt pour les véhicules électriques

durée 06h00
17 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Tandis que les concessionnaires automobiles notent une hausse d’intérêt pour les véhicules électriques depuis le début du conflit en Iran, des groupes écologistes font valoir que la crise géopolitique qui a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont bombardé l'Iran le 28 février dernier rend d'autant plus nécessaire la transition énergétique.

Les prix du pétrole augmentent, les craintes d'une crise énergétique mondiale persistent, ce qui contribue à mousser l’intérêt pour les véhicules électriques.

«Selon les données de la plateforme AutoHebdo, l’intérêt à l’échelle nationale pour les véhicules électriques a augmenté au cours des deux dernières semaines», a indiqué Carla Silvestrone, responsable des relations de presse pour AutoHebdo.

Dans un échange avec La Presse Canadienne, elle a toutefois précisé qu'il est encore trop tôt pour déterminer si cette tendance se maintiendra à long terme.

Le son de cloche est le même à la Corporation des Concessionnaires Automobiles du Québec (CCAQ).

«Les gens qui entrent en concession posent davantage de questions en lien avec les véhicules électrifiés qu’au début de l'année», mais «c'est trop tôt pour quantifier l'impact réel», a expliqué Ian P. Sam Yue Chi, président-directeur général de la CCAQ.

«Combien de temps va durer ce conflit armé là? Est-ce que les prix à la pompe qu'on voit présentement vont durer longtemps ou c'est une question conjoncturelle à courte échéance? Ça fait partie du questionnement des Québécois», selon le président de la CCAQ.

Des groupes appellent à s’affranchir du pétrole

Pour la coalition «Sortons le gaz!», qui réunit des organisations environnementales, syndicales et citoyennes qui se sont donné pour but de promouvoir la sobriété et l’efficacité énergétique, la crise en Iran et ses conséquences sur les prix de l’essence sont des preuves supplémentaires qu’il faut s’affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles.

«Plus nos systèmes, nos économies, nos villes, nos réseaux de transport sont dépendants des énergies fossiles», «plus les citoyens sont vulnérables» et «plus ceux-ci se ramassent à devoir payer plus cher», a déploré Charles-Édouard Têtu, analyste en politiques climatiques et énergétiques chez Équiterre, qui fait partie de la coalition.

Tant que nos économies dépendront du gaz et du pétrole, nous resterons «pris en otages par des intérêts impérialistes créant et se nourrissant du chaos», peut-on lire dans une lettre ouverte publiée par Le Devoir vendredi dernier, par la coalition «Sortons le gaz!».

«Ce marché international qui est construit autour des énergies fossiles alimente les inégalités, alimente les phénomènes météorologiques extrêmes, met nos communautés en danger» et «fait en sorte que des gouvernements prennent des actions illégales, parfois en prenant les armes, pour s'approprier toujours plus de ressources», a dénoncé Charles-Édouard Têtu, en faisant référence aux nombreux conflits, qui, au fil des décennies, ont été alimentés par le pétrole.

Dans un «monde aussi instable», l’électricité du Québec, «qui est presque entièrement renouvelable», constitue «un atout majeur», pour «protéger les ménages, les institutions et les entreprises contre la volatilité des prix fossiles, à condition de faire les bons choix collectifs», ont fait valoir les organisations signataires de la lettre ouverte.

Si les automobilistes paient plus cher l’essence depuis les assauts d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, c'est notamment parce que, contrairement à l’hydroélectricité, le prix de l’essence est fixé par les marchés internationaux.

La première guerre du Golfe en 1990, la deuxième guerre du Golfe en 2003, le printemps arabe en 2012 et le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine en 2022 sont des exemples, parmi d’autres, de conflits qui ont provoqué une hausse du prix à la pompe.

Le Brent, référence internationale, se maintenait au-dessus de 100 $ US le baril lundi.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne