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Le glucose serait associé à un vieillissement prématuré du cerveau

durée 10h53
13 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une glycémie élevée pourrait être associée à une accélération du vieillissement cérébral, prévient une étude publiée par des chercheurs chinois.

Leurs travaux ont permis d'identifier neuf molécules qui semblaient influencer l'écart entre l'âge chronologique des participants à leurs travaux et l'âge de leur cerveau, mais le glucose est arrivé en première place.

«On sait que l'âge, de façon générale, est associé avec plusieurs maladies, notamment la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies cognitives, mais on sait que l'âge n'est pas le meilleur prédicteur, a rappelé le docteur Philippe Desmarais, qui est interniste-gériatre au Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

«On peut être une personne âgée et pas nécessairement développer des maladies cognitives, et donc on tente maintenant d'essayer d'estimer l'âge d'un cerveau au point de vue biologique, et non l'âge chronologique.»

Pigeant dans les données de la gigantesque UK Biobank, les chercheurs de l'Université du Jilin, en Chine, et de l'université médicale chinoise de Taïwan ont entraîné des algorithmes d'apprentissage automatique à évaluer l'âge chronologique des participants en se fiant uniquement aux caractéristiques cérébrales obtenues par imagerie.

L'analyse de plus de 37 000 participants a permis d'identifier neuf molécules sanguines qui étaient associées à un écart entre l'âge cérébral et l'âge chronologique ― le glucose étant la molécule qui a semblé avoir le plus grand impact sur cet écart.

Encore plus inquiétant, écrivent les auteurs, sur le plan clinique, «une glycémie élevée était associée de manière positive à sept troubles cérébraux, notamment la démence toutes causes confondues, la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire, la maladie de Parkinson, les accidents vasculaires cérébraux, la dépression et l’anxiété, et de manière négative aux performances cognitives, aux fonctions motrices et aux résultats en matière de santé mentale».

«Ça vient donner d'autres arguments sur le rôle causal entre l'hyperglycémie et la santé cérébrale», a souligné le docteur Desmarais.

Des concentrations plus élevées de glucose ont également été associées à une réduction des volumes cérébraux régionaux dans 80 zones corticales, sous-corticales et cérébelleuses, ajoutent les auteurs de l'étude.

«Ces résultats suggèrent que le métabolisme du glucose constitue une voie modifiable dans le vieillissement cérébral, ce qui a des implications pour les stratégies d’intervention précoce visant à préserver la santé cérébrale tout au long de la vie», préviennent les chercheurs chinois.

S'il peut sembler paradoxal de constater que le cerveau, qui est un consommateur avide de glucose pour son fonctionnement, pourra être affecté négativement par une trop grande quantité de cette molécule, tout est une question d'équilibre, a souligné le docteur Desmarais.

«Le glucose, c'est quand même essentiel à la vie, c'est ce que notre cerveau utilise pour se nourrir, pour fonctionner, c'est vraiment une petite molécule vitale, a-t-il dit. Mais si on est dans les extrêmes, d'avoir une glycémie très basse, ce n'est pas bon pour nos neurones, mais aussi d'avoir une hyperglycémie très élevée très longtemps, c'est délétère pour le cerveau.»

Il n'est donc pas surprenant que soient publiées des études comme celle-ci, qui montrent une association entre le glucose et différents troubles du cerveau, croit-il.

«Notre âge chronologique, c'est juste un chiffre, et on peut avoir un cerveau bien en santé malgré notre âge, a conclu le docteur Desmarais. Il y a plusieurs choses qu'on peut faire au quotidien pour améliorer notre santé cognitive.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Molecular Psychiatry.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne