Le nombre de nouveaux cas de cancer en légère baisse au Canada en 2026

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — On s'attend à ce que le taux d'incidence de cancer baisse légèrement à travers le pays, selon un rapport publié lundi sur les projections de cancer en 2026. Même chose pour la mortalité par cancer qui semble diminuer aussi.
Cependant, les cancers demeurent la première cause de mortalité au Canada. En 2026, le nombre de nouveaux cas et le nombre de décès devraient demeurer à des niveaux élevés, compte tenu de la croissance et du vieillissement de la population, indique le rapport.
Le rapport estime le nombre et le taux de nouveaux cas de cancer et de décès en 2026 pour 23 types de cancer, par province ou territoire et par sexe, en tenant compte du vieillissement de la population canadienne.
Au Canada, on évalue qu’en 2026, 254 100 personnes recevront un diagnostic de cancer et 87 900 en mourront. Comme pour les années précédentes, tous sexes confondus, les cancers les plus fréquemment diagnostiqués sont ceux du poumon (32 900 cas), du sein (32 700 cas), de la prostate (29 300 cas) et le cancer colorectal (25 300 cas). Ensemble, ils devraient représenter 47 % de tous les nouveaux cas de cancer au pays en 2026.
Par ailleurs, les hommes devraient avoir un taux d’incidence du cancer supérieur de 16 % et un taux de mortalité plus élevé de 36 % par rapport à ceux observés chez les femmes.
On observe tout de même un recul pour certains cancers, tels que le cancer colorectal qui devrait diminuer de 32 % chez les hommes et 29 % chez les femmes par rapport au début des années 2000.
Malheureusement, le cancer du pancréas, pour lequel le pronostic est souvent sombre, est en augmentation et devrait devenir la troisième cause de décès par cancer.
Il y a deux types de cancers pour lesquels il n'y a clairement pas de diminution: le cancer de l'utérus, aussi appelé cancer de l'endomètre, et le cancer de la gorge, pointe le Dr Denis Soulières, hématologue-oncologue et porte-parole scientifique et médical de la Société canadienne du cancer (SCC). Il ajoute que le cancer de la peau, bien qu'il ne soit pas analysé dans le rapport, connaît aussi une croissance importante.
Également pour le cancer du col de l'utérus, on ne constate pas la diminution qui était anticipée avec les mesures de prévention. «On pensait qu'avec la vaccination, on commencerait à avoir un effet. On ne le voit pas encore, ce qui nous amène à dire que la vaccination ne doit pas être considérée comme la seule chose, mais que le dépistage du cancer du col [de l'utérus] doit continuer à être une chose importante à faire pour diminuer l'empreinte de ce type de cancer», commente le Dr Soulières.
Ce dernier met de l'avant trois constats importants dans le rapport. D'abord la réduction des taux d'incidence montre que les campagnes de promotion en santé ont porté fruit. Deuxièmement, le fait de diagnostiquer plus tôt pour certains cancers amène une réduction de la mortalité. Puis, «on voit que l'avancement des connaissances fait en sorte qu'on réduit la mortalité et on augmente la survie qui est associée à certains types de cancers», dit-il.
Québec bon dernier
Les taux de cancer sont les plus bas dans l’Ouest canadien et les plus élevés dans l’Est canadien. Le Québec affiche le taux d’incidence le plus élevé au pays.
Le Dr Soulières souligne à grands traits que le Québec a finalement des données alignées avec le reste du Canada. Dans les précédents rapports, les données du Québec étaient déficientes et ne permettaient pas de faire des comparaisons avec le reste du Canada.
«Je pense qu'il faut poser des questions et investiguer notre population, à savoir pourquoi l'incidence de différents types de cancer, même de ceux qui ne sont pas liés au tabagisme, est autant augmentée au Québec», affirme le Dr Soulières.
Il rappelle que le tabagisme au Québec est plus élevé qu'ailleurs au Canada, ce qui peut clairement avoir un effet sur les taux de cancer. Les impacts se feront sentir encore pendant plusieurs années, car les anciens fumeurs ont quand même un risque plus élevé de développer un cancer que ceux qui n'ont jamais fumé de leur vie.
Le Dr Soulières fait aussi valoir que le Québec a du retard en termes de dépistage en comparaison avec le reste du pays. «On a un programme de dépistage du cancer du sein qui s'applique à partir de l'âge de 50 ans alors qu'ailleurs au Canada, il est à 40 ans, et pourtant, on a l'incidence du cancer du sein qui est la plus élevée au pays», déplore-t-il.
«La même chose en termes du cancer du côlon où le Québec est encore la [seule] province qui n'a pas un programme organisé de dépistage du cancer de côlon», poursuit-il.
Les résultats du rapport mettent en lumière qu'il faut continuer d’investir pour poursuivre les progrès importants dans la lutte contre le cancer, surtout dans le contexte du vieillissement de la population.
Le rapport Projection du fardeau du cancer au Canada en 2026 a été publié lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne. Il s'agit d'une collaboration entre la Société canadienne du cancer, Statistique Canada et l’Agence de la santé publique du Canada.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne