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Le passage de Lewis Hamilton à Montréal lui aura permis de retrouver le sourire

durée 12h45
20 juin 2022
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

C'est l'acclamation du public qui a le plus manqué à Lewis Hamilton. Il était donc normal qu'au moment il a en avait le plus besoin, elle lui vienne de la plus importante foule de l'histoire du Grand Prix du Canada.

Montréal occupe une place de choix dans la carrière du Britannique. Il y a signé sa première victoire en Formule 1. C'était il y a 15 ans, 103 victoires et sept championnats du monde plus tard, presque dans une autre vie au regard du pénible début de saison de Hamilton et Mercedes.

La voiture conçue selon la nouvelle réglementation de 2022 de la F1 est difficile à conduire. Pour s'assurer d'un meilleur appui aérodynamique, Mercedes a opté pour que ses monoplaces restent le plus proche possible du sol, ce qui crée un effet de rebond (marsouinage) qui pourrait être dangereux pour la santé à long terme des pilotes.

Hamilton a reconnu avoir souffert de plus de maux de tête que d'habitude ces derniers mois, mais il ignore s'il s'agit de micro-commotions cérébrales. Il a recourt à son propre physiothérapeute, prend des analgésiques et, avec son nouveau coéquipier George Russell, fait de son mieux au volant de sa Mercedes.

Il a connu le pire au Grand Prix d'Azerbaïdjan lorsque le vétéran de 37 ans a eu toutes les misères à s'extraire de sa voiture à l'issue d'une course où le marsouinage de certaines monoplaces a pris des proportions inquiétantes. La Fédération internationale de l'automobile (FIA) est intervenue, jeudi dernier, avec une directive technique pour tenter de régler le problème.

Cette directive a fait des vagues dans le paddock du circuit Gilles Villeneuve en fin de semaine, les rivaux trouvant étrange que Mercedes ait réagi si rapidement à une notification tardive à temps pour les premiers essais, vendredi.

Mercedes a essayé de nouvelles configurations vendredi, mais les résultats ont été encore pires. Samedi, l'équipe s'est résolue à faire ce qui semblait inévitable: elle a augmenté la hauteur de caisse et Hamilton a décoché la quatrième place lors de qualifications, sa meilleure de la saison. Et dimanche, il a terminé troisième pour s'assurer seulement son deuxième podium en neuf courses.

Il était cette fois Sir Lewis Hamilton lorsqu'il est sorti de la voiture, pas le vétéran qui peinait jusque-là à tenir tête à son jeune coéquipier et à garder les meneurs du championnat en vue. Hamilton a entendu les cris de la foule — un record de 338 000 spectateurs a été enregistré pour les trois jours pour le retour du Grand Prix après deux ans d'absence en raison de la pandémie — et il s'est immédiatement adressé aux amateurs.

«Comment ça va, Montréal?» a-t-il lancé tout sourire. Il a plus tard commenté ce que son résultat — son premier podium depuis le Bahreïn en lever de rideau de la saison en mars — signifiait pour lui.

«Je ne suis pas monté sur le podium depuis longtemps, a-t-il reconnu. Surtout que j'ai eu mon premier ici il y a 15 ans, d'être de retour et d'expérimenter l'énergie de la foule me rappelait beaucoup ma première année ici. Je suis tellement heureux.»

Hamilton sera-t-il désormais suffisamment compétitif pour défendre son titre au Grand Prix de Grande-Bretagne dans deux semaines? Probablement pas. Mercedes n'a toujours pas le rythme des Red Bull et des Ferrari, et même après avoir augmenté la hauteur de caisse à Montréal, les voitures ont encore souffert du phénomène de rebond.

«Nous avons encore du rebond, ça ne va pas disparaître, a ajouté Hamilton. Et j'espère vraiment qu'à Silverstone, qui est une course si importante pour l'équipe et pour moi, je vais être de la bataille avec ces gars-là. On finira par y arriver.»

Russell, qui a devancé Hamilton lors de sept des neuf courses cette saison, ne semblait pas aussi enthousiaste après avoir terminé quatrième. Il a noté que le marsouinage était probablement «moins extrême» qu'à Bakou en raison de la surface plus lisse du tracé à Montréal, mais que la Mercedes «cogne toujours de haut en bas sur le sol».

«Le problème est inhérent à ces voitures 2022 et il est donc loin d'être résolu», a mentionné Russell.

Il a également critiqué le rythme de Mercedes et a noté que les résultats des qualifications et de la course étaient trompeurs, car le déficit de rythme par rapport à Red Bull et Ferrari «était encore assez important».

«Nous sommes encore loin de là où nous devons être. Nous n'avons pas encore fait beaucoup de progrès.»

Le directeur de l'équipe Mercedes, Toto Wolff, estime pour sa part que le problème de marsouinage est résolu, mais que l'équipe doit faire face à des problèmes causés par les réglages.

«Je pense que le marsouinage, qui est le mouvement aérodynamique de la voiture, est résolu. C'est plutôt le comportement des voitures qui est à l'origine des commentaires des pilotes. Les voitures sont tout simplement trop rigides. Le passage sur les vibreurs et les bosses est difficile. Je dirais que, maintenant, en disséquant ce problème, on peut mieux l'aborder.»

Et pour en améliorer la tenue de route, Wolff propose de rendre la W13 compétitive avec une hauteur de caisse plus importante.

«Je pense que nous devons simplement ajouter plus de charges, plus d'appui, et le faire avec une voiture qui n'est pas aussi basse que prévu. C'est là que nous devons trouver de la performance.»

The Associated Press