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Le réchauffement climatique a doublé la probabilité des feux en Ontario et en T.N.O.

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5 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les changements climatiques induits par les combustibles fossiles ont doublé la probabilité d'occurrence des conditions météorologiques extrêmes qui sont à l'origine des récents incendies de forêt en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest, selon une nouvelle étude du World Weather Attribution de l'Imperial College de Londres.

Plus de 3,8 millions d'hectares de forêt ont brûlé au Canada cette année, des milliers de personnes ont été évacuées, tandis que des millions d'autres ont été exposées à des niveaux de fumée dangereux.

«De tels événements météorologiques extrêmes propices aux incendies seraient beaucoup plus rares dans un monde sans changements climatiques, avec une probabilité inférieure à une fois tous les 40 ans», peut-on lire dans le rapport scientifique publié mercredi par l'Imperial College de Londres.

Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a commenté l’étude britannique qui porte sur les incendies canadiens. «Les données scientifiques sont formelles: le réchauffement climatique a doublé la probabilité de ces incendies. Ils ravagent des habitations, des communautés, des entreprises et les forêts dont dépendent les économies.»

La «dépendance de l’humanité à la combustion massive de charbon, de pétrole et de gaz réchauffe notre planète, transforme une part croissante des vastes forêts canadiennes en poudrières et propage une fumée dangereuse bien au-delà des flammes», a ajouté le chef de l’ONU climat.

«Depuis 2023, les feux de forêt que nous avons observés au Canada ont été fondamentalement différents par leur ampleur et leur intensité. (…) Nos recherches constituent une preuve supplémentaire que ce changement est attribuable aux changements climatiques», a pour sa part indiqué Theodore Keeping, chercheur associé au Centre de politique environnementale de l'Imperial College de Londres, dans un communiqué qui accompagne le rapport scientifique publié mercredi.

Selon ce spécialiste des phénomènes météorologiques extrêmes, «l’étendue géographique de ces incendies est alarmante et démontre que, malgré les mesures de préparation mises en place par les instances de gestion des feux de forêt, l’adaptation seule ne suffit pas» pour protéger les communautés.

«Nous devons rapidement abandonner les combustibles fossiles pour éviter que de tels événements ne deviennent une réalité encore plus fréquente», a ajouté le scientifique, répétant ainsi ce que disent d’autres chercheurs depuis des décennies.

Le rapport scientifique souligne que de nombreuses communautés, souvent des communautés autochtones, sont confrontées à des déplacements répétés, que leurs maisons deviennent inhabitables et que chaque nouvelle catastrophe interrompt le processus de rétablissement.

Le changement climatique anthropique, provoqué par l’activité humaine, influence les feux de forêt canadiens principalement en augmentant la fréquence et l'intensité des conditions météorologiques propices aux incendies.

Le rapport rappelle que les incendies au Canada cette année ont été alimentés par des températures exceptionnellement élevées et par une humidité très basse.

À mesure que les incendies deviennent plus fréquents, plus grands et plus intenses, les mesures comme les brûlages dirigés deviennent moins efficaces et les feux de plus en plus difficiles à contrôler, souligne l’étude.

Afin d'évaluer le rôle des changements climatiques causés par l'activité humaine, les chercheurs ont combiné des observations avec des modèles climatiques, en se concentrant sur les périodes de 7 et 30 jours présentant les conditions météorologiques les plus extrêmes en Ontario et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les scientifiques ont également examiné les précipitations sur 24 mois dans le climat actuel et les ont comparées à des simulations d'un climat préindustriel afin d'évaluer le rôle du changement climatique dans les conditions de sécheresse qui ont précédé les feux de forêt.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne