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Le taux de participation électorale atteint son plus bas niveau en Ontario

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3 juin 2022
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Par La Presse Canadienne, 2022

Les progressistes-conservateurs de Doug Ford ont remporté une deuxième majorité lors des élections provinciales en Ontario, jeudi soir. La participation électorale a atteint un creux historique. 

Élections Ontario affirme que 43 % des électeurs admissibles ont voté lors du scrutin de jeudi. Le record précédent était de 48 % en 2011.

Les progressistes-conservateurs de Doug Ford ont ainsi remporté une deuxième majorité.  La victoire de M. Ford a entraîné la démission d'Andrea Horwath en tant que chef des néo-démocrates et de Steven Del Duca en tant que chef des libéraux.

Les principaux partis politiques de l'Ontario doivent donc tracer de nouvelles voies. L'un d'entre eux a une majorité encore plus forte qu'auparavant et deux autres partis sont à la recherche de nouveaux chefs.

Les conservateurs ont remporté un nombre surprenant de 83 sièges, encore plus que les 76 qu'ils avaient gagnés en 2018, ce qui était alors considéré comme une «super majorité».

Le Nouveau parti démocratique (NPD) a de nouveau formé l'opposition officielle, avec 31 sièges, tandis que les libéraux n'ont pas réussi à obtenir le statut de parti officiel pour la deuxième élection consécutive avec seulement huit sièges.

Les conservateurs vont se concentrer sur la tenue de leurs promesses de reconstruction après la pandémie, tout en ajoutant de nouveaux visages au caucus.

Mitch Heimpel, un ancien membre du personnel conservateur du gouvernement de Doug Ford, a déclaré qu'il surveillerait la façon dont les nouveaux membres façonnent le parti et son approche de la gouvernance.

Pour le NPD, la course est lancée pour trouver un successeur qui peut surpasser l'héritage d'Andrea Horwath. La fille d'un constructeur automobile, née à Hamilton, s'est présentée à quatre élections, formant l'opposition officielle pour la première fois en 2018, en partie à cause de l'effondrement stupéfiant des libéraux de Kathleen Wynne.

Professeur agrégé de sciences politiques à l'Université McMaster, Peter Graefe a déclaré que quiconque prendra la tête du NPD de l'Ontario devra trouver un moyen de mieux courtiser les électeurs, mais qu'il doit d'abord être reconnu par la population.

«Il devra d'abord faire en sorte que les Ontariens le connaissent, a-t-il expliqué. Et ça va prendre du temps, je pense.»

D'autre part, les libéraux chercheront eux aussi un chef qui peut présenter une nouvelle image pour le parti. Une personne qui n'est pas affiliée aux erreurs du passé. M. Del Duca, un ancien ministre de Mme Wynne, n'a pas été en mesure de surmonter son mandat passé pendant la campagne.

Professeur adjoint de sciences politiques à l'Université de Toronto à Scarborough, Chris Cochrane estime que la véritable défaite des libéraux dans cette élection est qu'ils ne sont pas dans une meilleure position qu'il y a quatre ans.

Leur plus grand défi sera de se peindre en tant que parti pouvant former le gouvernement, soutient le professeur. 

«Ils ont une bataille difficile à mener, dit-il. Non seulement ils doivent espérer que les conservateurs faiblissent […], mais ils doivent aussi espérer qu'ils sont le parti vers lequel les électeurs se tournent pour les remplacer et il n'est pas évident que ce sera le cas.»

M. Ford a adopté une approche plus simple et moins bruyante pour faire campagne cette fois-ci, en se concentrant sur la construction d'infrastructures plutôt que sur les promesses d'argent qui ont défini sa campagne de 2018.

M. Heimpel a déclaré que le simple message axé sur la construction et l'emploi avait probablement contribué à la victoire des conservateurs – la plus grande tâche du gouvernement Ford sera maintenant de le faire.

«'Faites-le' était leur slogan. Cela doit aussi être le mantra de ce gouvernement pour les quatre prochaines années, car c'est par cela qu'ils seront jugés», a-t-il expliqué. 

Professeur de sciences politiques à l'Université métropolitaine de Toronto, Wayne Petrozzi croit que le gouvernement «aura les mains assez libres» pour l'année prochaine tandis que les libéraux et les néo-démocrates chercheront à trouver un chef. 

Alors que les politiciens et les partis persistent, le professeur Petrozzi a déclaré que les électeurs – qui n'étaient pas largement engagés dans la campagne ou les problèmes en jeu – continueront probablement leur vie et se concentreront sur d'autres choses. Il croit que la poussière retombera rapidement et que tout le monde vaquera à leurs occupations habituelles. 

Holly McKenzie-Sutter, La Presse Canadienne