Les conservateurs demandent un allègement fiscal pour des employés licenciés de GM

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le Parti conservateur demande au gouvernement fédéral libéral de réduire les impôts sur les indemnités de départ versées aux employés de General Motors (GM) mis à pied à Ingersoll, en Ontario.
Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a adressé dimanche une lettre au ministre des Finances, François-Philippe Champagne, cosignée par le critique conservateur en matière de travail, Kyle Seeback, et le député local Arpan Khanna. Cette lettre demande une exemption des retenues d’impôt qui amputaient ces indemnités.
Dans une version préliminaire de la lettre consultée par La Presse Canadienne, les conservateurs soutiennent que l’imposition d’une part importante des indemnités forfaitaires versées par GM pourrait priver les employés sans emploi de «dizaines de milliers de dollars», aggravant ainsi leur situation.
Les conservateurs fédéraux affirment qu’attendre la fin de la période des impôts pour récupérer ces fonds n’est pas une solution raisonnable pour les travailleurs qui ont récemment perdu leur salaire normal et qui ont encore besoin d’argent pour payer leur hypothèque et faire leurs courses.
Cette lettre arrive juste avant le début de la période de déclaration de revenus et quelques jours après que le premier ministre Mark Carney a dévoilé sa nouvelle stratégie pour le secteur automobile.
GM a annoncé l’année dernière l’arrêt de la production de ses véhicules électriques BrightDrop à l’usine d’assemblage CAMI à Ingersoll, invoquant une demande du marché plus faible que prévu et un contexte réglementaire difficile aux États-Unis.
Plus d’un millier d’employés ont été licenciés.
L’usine d’assemblage de GM à Oshawa supprime par ailleurs son troisième quart de travail, entraînant le licenciement d’environ 500 employés. Cette mesure devrait toucher plus d’un millier de travailleurs dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Unifor, le syndicat représentant les employés de GM, accuse le président américain Donald Trump d'avoir bouleversé le secteur automobile ontarien et d'avoir porté atteinte à l'usine de GM à Ingersoll sur de multiples fronts. M. Trump a instauré des droits de douane de 25 % sur les composants automobiles non américains et des politiques qui ont perturbé l'industrie américaine des véhicules électriques.
M. Carney a annoncé jeudi dernier une nouvelle stratégie industrielle pour le secteur automobile, promettant de «stimuler l'investissement» et de définir une «voie souveraine» pour réduire les émissions des automobiles.
Cette stratégie supprimera l'obligation de vente de véhicules électriques en échange de normes d'émissions plus strictes et rétablira le programme de rabais à l'achat de véhicules électriques.
Elle survient à la suite d'un accord conclu à Pékin par le premier ministre, accordant un quota d'importation de véhicules électriques chinois au Canada à un taux tarifaire minimal. M. Carney a également indiqué qu'Ottawa était en pourparlers avec des investisseurs coréens et chinois intéressés par le secteur automobile canadien.
Dans leur lettre, les conservateurs ont rejeté la nouvelle stratégie automobile du premier ministre Carney, la jugeant inutile aux travailleurs du secteur, déjà durement touchés par les difficultés de leur industrie.
«Les Canadiens attendent toujours que votre gouvernement conclue l’accord commercial avec les États-Unis que vous avez promis d’ici le 21 juillet (2025), ainsi qu’un plan clair pour protéger les emplois canadiens», peut-on lire dans le document.
«Au lieu de présenter un plan sérieux pour défendre nos travailleurs de l’automobile, vous venez d’annoncer un rabais qui subventionnera les véhicules électriques fabriqués aux États-Unis.»
Le Canada entame cette année des négociations en vue du renouvellement de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, alors que l’accord de libre-échange fait l’objet d’un réexamen par les signataires.
M. Carney a soutenu jeudi que son objectif demeurait la suppression de tous les droits de douane, mais que ce n’était manifestement pas l’objectif du président Trump. Il a dit que le Canada doit donc «se préparer à toutes les éventualités».
Kyle Duggan, La Presse Canadienne