Les évêques canadiens prennent position dans la polémique entre Trump et le pape

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Par La Presse Canadienne, 2026
Un groupe représentant les évêques catholiques au Canada s'élève contre l'utilisation d'images du Christ à des fins de rhétorique politique, après que le président américain Donald Trump eut publié des images religieuses sur les réseaux sociaux dans le cadre de sa dispute avec le pape Léon XIV.
La Conférence des évêques catholiques du Canada a rappelé jeudi dans un communiqué qu'elle n'intervenait pas dans les affaires politiques d'autres pays, mais que les événements récents «offrent l’occasion de souligner les principes moraux qui devraient guider la vie publique partout, notamment la vérité, l’humilité, le respect et la sollicitude envers les innocents».
Elle n'a pas cité M. Trump dans son communiqué, mais a mentionné que les images ou le discours présentant les dirigeants politiques «en des termes propres au Christ et à Son plan de salut» sont irrespectueux.
Le président américain a partagé mercredi sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle le montrant embrassé par Jésus, avec un drapeau américain en arrière-plan.
Cette publication fait suite aux critiques adressées à M. Trump pour avoir publié une autre image générée par l'IA le représentant sous les traits de Jésus en train de guérir un malade. Il a déclaré que cette image visait à le présenter comme un médecin.
Les publications de M. Trump sur les réseaux sociaux font suite à la prise de position du pape, qui s’est opposé à la guerre en Iran en faveur de négociations pacifiques.
Les évêques canadiens ont avancé que de telles représentations «brouillent la distinction essentielle entre la foi et le pouvoir politique, et en faussent leur signification».
Après les commentaires du pape, M. Trump a riposté en qualifiant le pontife d'origine américaine de faible et d'esclave de la «gauche radicale». Le président a même laissé entendre que Léon XIV était arrivé à la tête de l'Église catholique grâce à l'influence de son administration.
Le pape a souligné dans un message publié sur les réseaux sociaux au début du mois que celui «qui est disciple du Christ, prince de la paix, ne se range jamais du côté de celui qui, hier, brandissait l’épée et aujourd’hui lance des bombes».
Il a également qualifié de «véritablement inacceptables» les menaces proférées par M. Trump le dimanche de Pâques d’anéantir les infrastructures iraniennes.
La Conférence des évêques catholiques du Canada a également appelé à la paix jeudi, affirmant que les fidèles au Canada devraient prier pour «tous ceux et celles qui souffrent des conséquences de la guerre».
«Le témoignage du pape Léon XIV se veut de nature morale et pastorale, non partisane», a-t-elle ajouté.
«Ses paroles rappellent au monde entier que la paix ne peut jamais être obtenue par le mépris, que le leadership exige de la retenue, et que la souffrance des innocents doit toujours être évitée autant que possible», a-t-elle précisé.
L'archevêque de Cantorbéry a aussi exprimé jeudi sa solidarité avec le pape en appelant à la paix au Moyen-Orient.
L'archevêque Sarah Mullally, qui a pris ses fonctions à la tête de l'Église d'Angleterre en janvier, a déclaré qu'elle se joignait au pape dans son «appel courageux à la paix».
— Avec des informations de l'Associated Press
Daniela Germano, La Presse Canadienne