Les faillites ont bondi de 11,5 % en glissement annuel en juin

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le nombre de faillites au Canada avoisine des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise financière mondiale il y a plus de 15 ans, selon de nouvelles données.
Le Bureau du surintendant des faillites a publié lundi des chiffres actualisés indiquant que 13 254 procédures d’insolvabilité ont été engagées en juin, soit une hausse de 5,7 % par rapport à mai et de 11,5 % par rapport à l’année dernière.
Les particuliers — qui représentent la majeure partie des dépôts de bilan — ont été à l’origine de cette hausse annuelle, même si les dépôts de bilan des entreprises ont également augmenté d’une année sur l’autre.
«Bien que les données aient été assez volatiles au cours de l’année écoulée, même après correction des variations saisonnières, les procédures d’insolvabilité se sont stabilisées à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise financière mondiale de 2009», a mentionné Charles St-Arnaud, économiste en chef chez Servus Credit Union, dans une note adressée à ses clients cette semaine.
Le Bureau du surintendant des faillites publie des rapports mensuels et trimestriels sur les procédures d’insolvabilité, un terme qui englobe à la fois les faillites et les propositions permettant aux particuliers et aux entreprises de restructurer leurs dettes. Les propositions représentent la grande majorité des dépôts de bilan.
Selon le Bureau, les dépôts de bilan ont augmenté de 8,2 % en glissement annuel pour atteindre 9520 au deuxième trimestre de l’année. Cela représente une hausse de 11,8 % par rapport au premier trimestre.
Une chute qui s'explique
Le nombre de procédures d’insolvabilité avait chuté brutalement au début de la pandémie de COVID-19, mais il n’a cessé de remonter depuis.
M. St-Arnaud a souligné que le taux d’insolvabilité des particuliers, ou le nombre de déclarations pour 1000 habitants, reste inférieur aux niveaux d’avant la pandémie au Canada.
Les faillites sont toutefois en hausse dans les provinces où le ratio dette/revenu disponible est plus élevé. La Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et l’Ontario ont tous vu le nombre total de faillites dépasser les niveaux de 2019, selon Servus.
«L’endettement élevé des ménages, la stagnation du pouvoir d’achat et les taux d’intérêt élevés ont pesé sur les finances des ménages ces dernières années», a précisé M. St-Arnaud dans sa note.
«Les coûts élevés de l’énergie ces derniers mois et leur impact sur l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages pourraient accroître les difficultés financières de ces derniers», a-t-il ajouté.
Le député conservateur Jasraj Hallan, porte-parole de son parti en matière de revenu national, a déclaré mercredi dans un communiqué que les derniers chiffres sur les faillites montrent que les Canadiens «sont à court d’options pour rembourser leurs dettes».
M. Hallan a imputé au premier ministre Mark Carney la hausse des coûts du carburant et des produits alimentaires.
L’inflation globale s’est ralentie à 2,8 % en juin, grâce à la baisse des prix de l’essence et au ralentissement de l’inflation alimentaire, bien que les hausses de prix régulières observées dans les supermarchés ces dernières années aient pesé lourdement sur les consommateurs.
«Alors que M. Carney tente de faire croire que le coût de la vie devient plus abordable, les Canadiens font face à la réalité de prix plus élevés à la caisse et d’un pouvoir d’achat affaibli sous le gouvernement progressiste», a souligné M. Hallan dans un communiqué.
John Fragos, porte-parole du ministre des Finances François-Philippe Champagne, a avancé dans une déclaration adressée à La Presse Canadienne que le gouvernement libéral et les Canadiens réagissaient «à un défi économique mondial sans précédent qui fait grimper les coûts et engendre incertitude et stress».
Il a mis en avant les mesures prises par le gouvernement au cours de l’année écoulée pour augmenter temporairement les versements de la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, réduire le prix du carbone pour les consommateurs et suspendre les taxes fédérales d’accise sur les carburants, comme preuve que le programme d’Ottawa en matière d’accessibilité financière permet de réduire les coûts pour les Canadiens.
«La priorité du gouvernement a toujours été, et reste, de rendre la vie quotidienne plus abordable et de renforcer la résilience de l’économie canadienne face aux chocs mondiaux», a soutenu M. Fragos.
Craig Lord, La Presse Canadienne