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Les infirmières de la Colombie-Britannique votent à 98,2 % en faveur de la grève

durée 20h28
12 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

5 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Les membres du syndicat des infirmières de la Colombie-Britannique ont voté massivement en faveur de la grève. La présidente du syndicat, Adriane Gear, a évoqué la possibilité d'un conflit alors que «le monde entier nous regarde» pendant la Coupe du monde de la FIFA, qui débute le mois prochain.

Près de 51 000 des quelque 55 000 membres du Syndicat des infirmières de la Colombie-Britannique ont voté, et 98,2 % se sont prononcés en faveur de la grève après que les négociations ont atteint une impasse en avril sur des questions telles que les avantages sociaux, les salaires et les pénuries de personnel.

Mme Gear a déclaré, en annonçant les résultats du vote, que cette décision faisait suite à six mois de négociations «extrêmement frustrantes» qui n'avaient abouti à rien.

Elle a ajouté que le syndicat s'était heurté à un «employeur qui a refusé d'offrir des améliorations contractuelles substantielles ou de s'engager à respecter les niveaux de rémunération et de financement prévus dans d'autres contrats du secteur public».

«Les infirmières sont un maillon essentiel du système de santé, a-t-elle dit mardi. Pourquoi devrions-nous accepter moins?»

Elle a expliqué que les six mois de négociations avec l'Association des employeurs du secteur de la santé de la Colombie-Britannique avaient été difficiles. Sur 140 propositions et contre-propositions, 65 ont fait l'objet d'une réponse, et seulement quatre ont été acceptées, notamment la correction d'une faute d'orthographe dans la convention collective.

«Nous n'avançons donc pas», a-t-elle déploré.

Avancer avant la Coupe du monde

Mme Gear a indiqué que leur «prochaine étape est de reprendre les négociations», soulignant que la Coupe du monde de la FIFA aura lieu dans un mois.

Vancouver est l'une des 16 villes hôtes du Canada, des États-Unis et du Mexique qui accueilleront des matchs de la compétition, dont le coup d'envoi sera donné le 11 juin.

«Personne ne souhaite un conflit de travail, a affirmé Mme Gear. Nous ne voulons absolument pas d'un conflit de travail sous le regard du monde entier. Nous sommes donc extrêmement motivés. Nous voulons reprendre les négociations. Nous voulons un accord.»

Elle a indiqué savoir que les employeurs du secteur de la santé étaient arrivés à la table des négociations avec des «ordres de marche», mais elle espérait que le vote de grève enverrait un message clair tant à l'association des employeurs qu'au gouvernement provincial.

«Il est temps de s'asseoir à la table des négociations et de respecter véritablement les infirmières», a-t-elle commenté.

La dernière convention collective entre le syndicat et la province a expiré en mars 2025.

La ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Josie Osborne, a affirmé que le vote de grève constituait «une étape» dans le processus de négociation collective.

«J'espère que les parties retourneront à la table des négociations. En cas de mouvement de grève, des plans de services essentiels sont en place pour assurer la continuité des services et des soins essentiels à la population», a-t-elle écrit dans un communiqué publié mardi.

Mme Osborne a souligné l'entente de principe récemment conclue par le gouvernement avec Doctors of BC et les ententes ratifiées avec la Health Sciences Association et le Syndicat des employés d'hôpitaux comme autant de preuves de la réussite des négociations entre les travailleurs de la santé et leurs employeurs.

Le mandat de négociation dit «équilibré» du gouvernement pour les négociations du secteur public de 2025 prévoit une augmentation salariale générale annuelle de 3 % pour le reste de la convention collective.

En avril, l’Ordre des médecins de la Colombie-Britannique a conclu une entente de principe de quatre ans qui leur accorderait des augmentations salariales de 3 % par année, ainsi que des mesures visant à réduire la charge de travail et les difficultés de formation, à offrir un soutien financier à la formation et à verser des indemnités forfaitaires aux résidents pour les aider à couvrir les coûts du matériel de formation et de la préparation aux examens.

Selon Mme Gear, les employeurs du secteur de la santé ont refusé de s’engager à verser le financement accru offert dans d’autres conventions collectives du secteur public, ce qui représente environ 100 millions $ qui pourraient améliorer les services et réduire la charge de travail des infirmières.

Les infirmières plus unies que jamais

Le vote donne aux membres du syndicat la possibilité d’entreprendre des actions de débrayage avec un préavis de 72 heures, mais Mme Gear a précisé que cela ne signifie pas que les infirmières «vont se mettre en grève demain».

«Nous voulons retourner à la table des négociations. Nous voulons une entente», a-t-elle déclaré.

Mme Gear a ajouté que le résultat du vote démontre que les infirmières sont plus unies que jamais. Elle a déclaré qu'elles étaient «prêtes à se battre» pour une entente qui les valorise et les respecte, et qui renforce les soins de santé publics.

Le syndicat a indiqué que la charge de travail de ses infirmières et infirmiers ne cesse de croître, avec environ 4500 postes vacants qui ne peuvent être pourvus.

Mme Gear a ajouté que la violence croissante au travail et le financement adéquat pour respecter les ratios infirmières-patients figurent parmi les autres préoccupations que les infirmières et infirmiers espèrent aborder par la négociation.

Dans un communiqué, le Parti conservateur de la Colombie-Britannique a accusé le gouvernement néo-démocrate d'être responsable des pénuries de personnel, des fermetures d'hôpitaux et d'autres problèmes qui touchent les infirmières et infirmiers, dont les revendications sont «attendues depuis trop longtemps».

«Ce gouvernement a eu toutes les occasions de s'attaquer aux causes du départ des infirmières et infirmiers de la profession, et il ne l'a pas fait», a souligné Anna Kindy, porte-parole de l'opposition conservatrice en matière de santé.

Lors d'une conférence de presse sans lien avec le sujet, mardi, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, s'est dit «optimiste» quant à la conclusion d'une entente, qualifiant les infirmières et infirmiers de «pierre angulaire du système de santé».

«Nous abordons ces négociations avec beaucoup de prudence et de respect, a-t-il avancé. Nous encourageons toutes les parties à reprendre les discussions afin de parvenir à un accord. Nous avons récemment conclu un accord avec les médecins et je suis convaincu que nous pouvons également parvenir à un accord avec les infirmières pour les Britanno-Colombiens.»

Marissa Birnie, La Presse Canadienne