Les survivants de Lapu Lapu ne veulent pas de festival, selon la députée Elmore

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Par La Presse Canadienne, 2026
VICTORIA — Une députée de l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, qui se trouvait sur les lieux de l'attaque meurtrière perpétrée l'année dernière lors du festival de la Journée de Lapu Lapu, demande l'annulation de l'événement de cette année, affirmant que la communauté est toujours traumatisée.
Mable Elmore, d'origine philippine, a signé une pétition demandant la suspension du festival, prévu le 19 avril, après avoir écouté les survivants de l'attaque et les familles des victimes.
«Les gens sont traumatisés, a-t-elle témoigné lors d'une entrevue lundi. Les gens sont encore en train de se remettre. Nous devons donc être très attentifs et très sensibles à cela.»
Onze personnes ont trouvé la mort et des dizaines d'autres ont été blessées lorsqu'un VUS a foncé dans la foule lors de l'événement de l'année dernière.
La pétition demande à l’organisateur de l’événement, Filipino BC, de repenser le festival de cette année, affirmant qu’un report serait un signe de respect et que les survivants sont encore en train de guérir de leurs blessures physiques et émotionnelles.
«En reportant les festivités, nous reconnaissons non seulement la douleur et la perte ressenties par les membres de notre communauté, mais nous faisons également preuve de solidarité envers les victimes, alors que nous surmontons le deuil collectif et les épreuves laissées dans le sillage de l’attaque», peut-on lire dans la pétition.
Filipino BC a indiqué que le festival de cette année, qu’il appelle le «Lapu Lapu Day of Togetherness», sera consacré à la réflexion et au souvenir le matin, puis se tournera vers les arts et la culture l’après-midi.
Celine Loriot, membre du conseil d’administration de Filipino BC, a mentionné dans un communiqué que le festival serait empreint à la fois de chagrin et d’amour.
«Il ne s’agit pas de tourner la page sur ce qui s’est passé, mais d’aller de l’avant ensemble, avec les survivants, les familles et la communauté au sens large, pour retrouver un espace dédié à la guérison, à la fierté culturelle et à la solidarité», a-t-elle souligné.
«Nous voulons que les gens sachent que, quelle que soit la manière dont ils choisissent de s’impliquer, ou même s’ils choisissent de ne pas le faire, ce choix sera respecté», a-t-elle ajouté.
Mais Mme Elmore, députée de Vancouver-Kensington, a affirmé que les survivants et les familles ont clairement fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas que cet événement ait lieu alors qu’ils sont encore en deuil. Elle encourage les gens à participer plutôt à un rassemblement communautaire et à un dîner le 12 avril.
Elle a avancé que les survivants et les familles ont clairement indiqué qu’ils souhaitaient marquer cette occasion avec un profond respect pour les défunts et pour ceux qui vivent avec les séquelles physiques et émotionnelles de l’incident.
«Je constate que la commémoration du 12 avril est soutenue par toutes les victimes et tous les survivants à qui j’ai parlé, ainsi que par l’ensemble de la communauté qui se rassemble», a expliqué Mme Elmore.
La Lapu-Lapu Society of BC organise l’événement en collaboration avec les United Filipino Canadian Associations de Colombie-Britannique. Ce rassemblement rend également hommage aux premiers intervenants qui sont venus porter secours immédiatement, ainsi qu’à tous ceux qui ont aidé les victimes et leurs familles.
Le «Lapu Lapu Day of Togetherness» se tiendra à l’intérieur, au Centre culturel italien de l’est de Vancouver, et non pas en plein air sur le site de l’attaque de l’année dernière, près de l’école secondaire John Oliver, à environ six kilomètres de là.
Les organisateurs indiquent dans leur communiqué que l'impact de l'attaque «continue d'être profondément ressenti, et que le processus de guérison est différent pour chacun».
Adam Kai-Ji Lo est accusé de 11 chefs d'accusation de meurtre au deuxième degré et de 31 chefs d'accusation de tentative de meurtre.
Mme Elmore, qui est devenue en 2009 la première députée provinciale d'origine philippine de la Colombie-Britannique, se trouvait sur les lieux lorsque M. Lo a été maîtrisé par des passants.
Wolfgang Depner, La Presse Canadienne