Mark Carney se rend à Paris pour participer à des pourparlers sur l'Ukraine

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a pris la route vers Paris, lundi, où il rencontrera des alliés de l'Ukraine dans l'objectif de mettre fin à la guerre de la Russie contre ce pays.
Cette réunion de la «coalition des volontaires», composée notamment du Canada, de la France et d'autres pays européens, vise à accélérer la conclusion d'un plan de paix négocié pour l'Ukraine, près de quatre ans après le début de l'invasion russe.
Dans un communiqué de presse publié vendredi, M. Carney a déclaré que sa priorité demeurait le renforcement de l'Ukraine et la dissuasion de toute future agression russe, tandis que l'Ukraine recherche des garanties de sécurité auprès des États-Unis et d'autres nations.
Le cabinet de M. Carney indique que le Canada travaille avec les alliés de la coalition pour renforcer les capacités de défense de l'Ukraine et soutenir le redressement à long terme du pays, et demande le retour des enfants ukrainiens «illégalement déportés» pendant la guerre avec la Russie.
Le Canada, qui figure parmi les plus importants contributeurs par habitant au redressement de l'Ukraine, a annoncé un financement et des garanties de prêts équivalant à 2,5 milliards $ lors de la rencontre entre M. Carney et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Halifax à la fin du mois dernier.
Le président américain, Donald Trump, qui a reçu M. Zelensky le lendemain dans sa résidence de Mar-a-Lago, a insisté sur le fait que l'Ukraine et la Russie étaient «plus proches que jamais» d'un accord de paix, tout en reconnaissant que des obstacles persistants pourraient empêcher sa conclusion.
Plusieurs enjeux en suspens
Benjamin Zyla, professeur à l'École de développement international et mondialisation de l'Université d'Ottawa, affirme que le plan de paix actuellement sur la table laisse plusieurs pistes de réflexion à l'Ukraine, notamment sur son intégrité territoriale.
«C'est aux Ukrainiens de décider, et le gouvernement canadien a clairement indiqué que cette décision leur appartient exclusivement», a souligné M. Zyla.
«Le deuxième enjeu majeur concerne la protection du territoire ukrainien si l'Ukraine et la Russie parviennent à un accord de paix prochainement.»
Il a ajouté qu'une force internationale de maintien de paix est essentielle à tout accord visant à protéger l'Ukraine contre de nouvelles actions russes, mais qu'il ne s'agirait pas de missions de maintien de la paix comme par le passé. Selon M. Zyla, cette force devrait plutôt fonctionner comme une «mission d'application» chargée de faire respecter tout accord signé entre les deux pays.
La question du Venezuela
Cette rencontre intervient quelques jours après l'évacuation par les États-Unis du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et de son épouse, une opération militaire marquée par de multiples explosions et le survol de la capitale par des avions volant à basse altitude.
Benjamin Zyla croit que les dirigeants aborderont probablement la situation au Venezuela, notamment l'impact potentiel de cette invasion sur la conclusion d'un accord entre la Russie et l'Ukraine.
«Il est trop tôt pour évaluer cet impact, même si la plupart des experts le considèrent comme une violation flagrante du droit international», a avancé M. Zyla.
Le premier ministre Carney a réagi samedi à la destitution de Nicolás Maduro en affirmant que l'une des premières mesures prises par son nouveau gouvernement en mars avait été d'imposer des sanctions supplémentaires à son «régime brutalement oppressif et criminel».
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, M. Carney a rappelé que le Canada ne reconnaît pas «le régime illégitime de Maduro depuis la fraude électorale de 2018».
«Le gouvernement canadien accueille favorablement l’opportunité qui s’offre au peuple vénézuélien d’accéder à la liberté, à la démocratie, à la paix et à la prospérité», a-t-il soutenu.
Il a toutefois précisé que le Canada «soutient depuis longtemps un processus de transition pacifique, négocié et mené par le Venezuela, respectueux de la volonté démocratique du peuple vénézuélien», ajoutant que le Canada appelle toutes les parties à respecter le droit international.
«Nous soutenons le droit souverain du peuple vénézuélien de décider et de bâtir son propre avenir dans une société pacifique et démocratique.»
La Presse Canadienne