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Mickelson est sous surveillance après sa défection pour se joindre au circuit LIV

durée 13h50
8 juin 2022
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

ST ALBANS, Royaume-Uni — À l'écart des caméras depuis quatre mois, Phil Mickelson est de retour à l'avant-scène du golf à cause du circuit au sein duquel il poursuivra sa carrière, et à cause de ses employeurs. 

Mickelson, qui a remporté six titres du Grand Chelem en carrière, est le golfeur le pus populaire de la planète après Tiger Woods. Et maintenant des groupes de défense des droits humains le surnomment le «stooge» puisqu'il fait partie d'un groupe de 48 golfeurs qui ont accepté de se joindre au nouveau circuit de golf professionnel financé par de puissants hommes d'affaires venus d'Arabie saoudite. 

«Je n'approuve pas les attaques contre les droits humains», a dit Mickelson sur un ton hésitant, choisissant prudemment ses mots, au cours d'une conférence de presse tendue mercredi.  

Mickelson, qui a marqué le golf professionnel l'an dernier en devenant le plus vieux champion d'un tournoi majeur en 161 ans d'histoire, et Dustin Johnson sont les têtes d'affiche du nouveau circuit LIV, la principale menace à la survie de la PGA depuis sa création en 1969. 

En plus de bousculer le monopole établi par la PGA, ce nouveau circuit a contraint Mickelson et d'autres golfeurs à peser les 'pour' et les 'contre' du fait d'accepter plus d'argent qu'ils n'en ont jamais empoché au cours de leur carrière professionnelle, malgré la piètre feuille de route du pays du Moyen-Orient en matière de respect des droits humains. 

La somme offerte par le circuit LIV est impressionnante, surtout pour des joueurs comme Mickelson, qui est âgé de 51 ans, au crépuscule de sa carrière. Les primes à la signature auraient atteint 150 millions $ pour Johnson, et encore davantage pour 'Lefty'. 

Le 'Washington Post' a cité Greg Norman, qui supervise les opérations du circuit, avançant que Woods aurait refusé une offre «dans les neuf chiffres». 

L'ex-no 1 mondial Lee Westwood n'a aucun problème que l'appât du gain l'a convaincu de se joindre à ce circuit. 

«C'est ma 29e saison, a mentionné l'Anglais âgé de 49 ans. S'il y a une hausse de salaire, alors à mon âge je serais stupide de ne pas la prendre, ou du moins de ne pas y réfléchir avant de la refuser.»

Ce fut le même son de cloche pour son compatriote âgé de 46 ans, Ian Poulter, qui souhaite augmenter rapidement ses gains de 28 millions $ en carrière. 

«C'est un gros montant, a dit Poulter, mais c'est (LIV) une belle plateforme pour développer le golf sur la planète et y redonner en même temps.»

Il y aura une cagnotte de 25 millions $ pour chaque tournoi — plus que les 20 millions $ distribués au tournoi-phare de la PGA —, le champion obtenant un chèque de 4 millions $ et le dernier devant se contenter d'une somme d'à peine 120 000 $. Le premier tournoi se mettra en branle jeudi au  Centurion Golf Club, en banlieue de Londres.

Au total, 16 golfeurs ont rencontré les journalistes en banlieue de Londres mercredi, dans le cadre d'une conférence de presse dirigée par l'ex-porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer. Ils ont répondu à très peu de questions portant sur le tournoi lui-même. Cette compétition de 54 trous n'a pas de couperet et son coup d'envoi est donné de façon 'shotgun', c'est-à-dire que tout le monde commence en même temps, sur des trous différents. Il n'y a aucun autre tournoi de la sorte au monde. 

L'une des huit escales du circuit se déroulera à Djeddah, en Arabie saoudite, en octobre. Cinq tournois auront lieu aux États-Unis, et le premier sera présenté du 1er au 3 juillet à Portland, en Oregon. Deux autres s'installeront sur des parcours qui appartiennent à l'ancien président des États-Unis Donald Trump. Il s'agit d'une menace directe au circuit de la PGA, puisque ses règles interdisent des exemptions octroyées aux golfeurs afin qu'ils puissent prendre part à d'autres compétitions en Amérique du Nord. 

Rob Harris, The Associated Press