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Nous Partageons permet au consommateur d'obtenir des rabais tout en faisant des dons

durée 10h00
18 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Il est désormais possible d’obtenir des rabais dans toutes les épiceries, de se les faire payer en espèces sonnantes et trébuchantes et de faire en même temps des dons à une cause qui vous tient à cœur, sans pour autant renoncer à accumuler des points avec les programmes bien connus de ces commerces.

Il doit y avoir une attrape, seriez-vous tenté de dire devant une telle proposition qui semble trop belle pour être vraie. Mais non, il n’y en a pas.

La manœuvre est rendue possible par une nouvelle application québécoise nommée Nous Partageons qui relie fabricants, organismes et consommateurs pour créer une dynamique à laquelle on peut certainement accoler l’étiquette trop souvent galvaudée de «gagnant-gagnant-gagnant».

Des dons qui ne coûtent rien

Nous Partageons recrute d’abord des fabricants de produits d’épicerie qui acceptent d’offrir un rabais sur certains produits. Les rabais offerts varient de 0,20 $ à 3 $ sur près d’une cinquantaine de produits. Pour le fabricant, l’objectif premier est de vendre davantage de produits et le rabais qu’il offre est déductible comme toute autre dépense de marketing ou de publicité.

Les quelque 130 organismes qui se sont joints au programme, eux, obtiennent 50 % du rabais offert par le fabricant et le consommateur, de son côté, accumule l’autre moitié des rabais dans son compte et peut réclamer l’argent lorsque le montant atteint 25 $.

«C'est une façon qui permet aux gens de simplement pouvoir ramasser des sous et aider des organismes sans débourser un sou de plus, tout simplement en faisant leur épicerie normale», décrit Louis-Charles Giroux, président et fondateur de Nous Partageons, qui précise que l’application n’a aucun impact sur les programmes de loyauté actuels des épiceries, qui peuvent être utilisés en parallèle comme d’habitude.

Il décrit ainsi le fonctionnement de l’application: «Les gens magasinent différents produits participants dans n'importe quelle épicerie, comme Metro, IGA, Maxi, Super C. Ce qu’on demande aux gens, c'est tout simplement de prendre une photo de leur facture avec leur téléphone en arrivant à la maison. Notre système repère les produits participants et dégage des récompenses. Si, par exemple, on a acheté un produit qui offre un dollar de rabais, quand les gens réclament la récompense via notre application, la moitié du montant réclamé – dans ce cas-ci 50 sous – reste au consommateur et l'autre moitié devient un don à un organisme qu’ils ont choisi et qui leur tient à cœur». Pour l’organisme choisi, c’est un montant de 50 $ qui doit être accumulé avant que celui-ci obtienne le don.

Premiers dons

Les produits privilégiés pour les partenariats sont presque tous des produits québécois ou canadiens. Quant aux organismes inscrits auprès de Nous Partageons, ils œuvrent dans un large éventail de domaines, allant de la santé aux banques alimentaires en passant par l’itinérance, les médias communautaires et l’environnement, pour ne nommer que ceux-là.

Nous Partageons a mis au point tout l’appareillage technique au printemps 2025 et a amorcé ses approches auprès des organismes et des fabricants ainsi que le recrutement de membres à l’automne. Malgré un nombre encore modeste de membres – environ 2000 pour le moment – on a déjà réussi à amasser assez de dons pour remettre à deux organismes leurs premiers chèques d’un peu plus de 50 $, soit la Fondation québécoise du cancer et l’Accueil Bonneau.

«Étant donné qu'il y a plusieurs personnes qui contribuent, c'est effectivement une belle réussite de notre part. Le programme réussit à générer les premiers dons à des organismes – l’Accueil Bonneau et la Fondation québécoise du cancer. Mais j'ai aussi une tonne d'organismes qui ont des montants qui s'accumulent et bientôt, on verra d'autres retraits pour ces organismes-là», affirme fièrement Louis-Charles Giroux.

Grandes ambitions

Celui-ci rêve déjà à une économie de partage beaucoup plus large. «Dans mes rêves, c'est un million de membres. C'est très atteignable. Ce n'est pas impossible. Métro et moi, le programme de loyauté, ils ont 2,5 millions de membres. Scène+ de IGA ont environ 2 millions de membres. On sait que 20 % à 30 % de la population est intéressé à ramasser des points et autres choses comme ça. Donc, un million de membres, c'est peut-être dans plusieurs années, mais à terme, on peut aller chercher beaucoup, beaucoup de membres parce que c'est un programme qui est gratuit et qui vous permet de ramasser des sous et d'aider la cause de votre choix.»

Clairement, le succès de cette initiative reposera sur le volume, dit-il. «C'est un programme qui a énormément de potentiel. Les programmes de loyauté sont des concepts avec lesquels les gens sont familiers. 90 % des gens participent au moins à un programme de récompenses. Et nous, ça va être le nombre total de membres qui va faire une grande différence. Là, on est 2000, mais imaginez si on était 20 000, ce ne serait pas 50 $ que j'aurais donné, ce serait 500 $. Si on est 200 000 membres, bien, ce serait peut-être un 5000 $ qu'on aurait versé.»

Il serait même éventuellement possible pour les membres d’obtenir eux-mêmes un reçu pour don de charité, déductible d’impôt. «Si un membre achète beaucoup de produits et donne toujours au même organisme pour atteindre un montant de, par exemple, 20 $, il y aurait possibilité pour l'organisme d'émettre un reçu à cette personne-là si elle le désire.»

Les lois de protection des renseignements personnels empêchent Nous Partageons de transmettre aux organismes les informations – noms et adresses – de ses membres, mais cet obstacle peut être contourné de la façon suivante: «Nous Partageons pourrait vous envoyer un courriel dans lequel on vous dirait que vous avez donné 25 $ cette année à l’Accueil Bonneau, par exemple. Est-ce que vous permettez qu'on donne votre nom à l'Accueil Bonneau pour qu’il vous envoie un reçu de charité?»

Quant à la crédibilité de la démarche, La Presse Canadienne a vérifié auprès de l’Accueil Bonneau, qui confirme avoir récemment reçu un chèque d’un peu plus de 56 $ de Nous Partageons.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne