Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Pas de calendrier pour le programme fédéral d'assurance contre les inondations

durée 16h12
22 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La ministre fédérale responsable de la gestion des urgences, Eleanor Olszewski, a indiqué mardi qu'elle ne pouvait pas promettre que le gouvernement mettrait en place un programme national d'assurance contre les inondations «dans un avenir proche».

S'adressant aux journalistes sur la colline du Parlement alors que plusieurs régions du pays faisaient l'objet d'alertes d'inondation, Mme Olszewski a mentionné que le gouvernement étudiait toujours la question d'un programme d'assurance contre les inondations.

«C'est un débat extrêmement complexe et une mesure difficile à mettre en place pour les Canadiens. Il est notamment difficile de déterminer la structure la plus viable pour un tel programme d'assurance», a-t-elle expliqué.

«Mais bien sûr, c'est une priorité pour nous», a-t-elle ajouté.

Ce programme avait été promis pour la première fois par l’ancien premier ministre Justin Trudeau lors de la campagne électorale fédérale de 2019, en tant que mesure d’accessibilité financière destinée à aider les ménages vivant dans des zones inondables.

Le gouvernement n'a commencé à travailler sur ce programme qu'en 2023 et s'est engagé, un an plus tard, à le mettre en œuvre d'ici la fin de 2025.

Un rapport publié en 2022 par le Groupe de travail sur l'assurance contre les inondations et la réinstallation a estimé les pertes annuelles moyennes liées aux inondations résidentielles — pertes assurées et non assurées confondues — à 2,97 milliards $.

Le rapport indiquait que près de 90 % de l'ensemble des pertes liées aux inondations provenaient des 10 % de logements les plus exposés au risque, tandis que le 1 % le plus exposé représentait plus d'un tiers de l'ensemble des pertes.

Bien que Mme Olszewski n’ait pas précisé mardi les complications liées au lancement d’un programme d’assurance contre les inondations, elle a indiqué que le gouvernement était en pourparlers avec le Bureau d’assurance du Canada.

Une amélioration de la situation

Liam McGuinty, vice-président des Affaires fédérales au Bureau d'assurance du Canada, a précisé que le gouvernement était le mieux placé pour expliquer les défis à relever.

Il a ajouté que le déficit de couverture s'était réduit au cours des années qui ont suivi la promesse du programme par le gouvernement.

«Lorsque l’idée d’un programme a été évoquée pour la première fois, l’assurance contre les inondations terrestres était pratiquement inexistante au Canada. Aujourd’hui, le déficit de couverture est bien moins important et se concentre sur un nombre relativement restreint de propriétés à risque extrême, souvent des maisons construites dans des zones connues pour être sujettes aux inondations», a écrit M. McGuinty, neveu du ministre libéral David McGuinty, dans un courriel adressé à La Presse Canadienne.

«Les assureurs ont considérablement élargi leur couverture, ce qui signifie que tout programme fédéral devrait être soigneusement conçu pour combler une lacune très spécifique plutôt que d’évincer ou de perturber un marché privé fonctionnel (et en constante évolution)», a-t-il souligné.

Ryan Ness, directeur de recherche sur l’adaptation à l'Institut climatique du Canada, a avancé que tout programme fédéral de subventions devrait comporter un mécanisme de sortie.

«Ce type de stratégie n’a pas pour but de subventionner indéfiniment les habitations construites dans des zones à risque», a fait savoir M. Ness à La Presse Canadienne.

«Elle vise à aider les personnes qui sont actuellement en situation de risque et qui ne peuvent pas obtenir d’assurance parce que l’assurance privée n’est tout simplement pas abordable pour elles», a-t-il expliqué.

M. Ness s’est dit surpris que Mme Olszewski n’ait proposé aucun calendrier pour un programme d’assurance.

«Un programme national d’assurance contre les inondations peut être une bonne chose, mais il pourrait être mis en place pour une durée limitée, et il pourrait y avoir un plan à plus long terme, plus global, pour faire face au risque d’inondation», a mentionné M. Ness.

«C'est une solution provisoire en attendant que nous mettions en place des mesures plus permanentes et plus ambitieuses pour réduire les risques d'inondation, ce qui signifie en quelque sorte protéger les gens là où ils vivent, les aider à quitter les endroits les plus dangereux et veiller à ce que nous ne construisions pas de nouvelles maisons dans les zones inondables», a-t-il indiqué.

«C'est une question qui devra être abordée», estime-t-il.

Nick Murray, La Presse Canadienne