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Pas de consensus en C.-B. sur l'avenir du site d'un ancien pensionnat autochtone

durée 20h30
18 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

KAMLOOPS — La Première Nation de la Colombie-Britannique qui a annoncé la découverte de 215 tombes anonymes potentielles dans un ancien pensionnat autochtone en 2021, propulsant la question dans le débat public, affirme qu'il n'y aura peut-être jamais de consensus sur ce qu'il convient de faire de ce site.

Dans un communiqué, la Première Nation Tk'emlups te Secwepemc indique que les options envisageables pour le terrain de l'ancien pensionnat de Kamloops comprennent des fouilles ou la préservation de son verger en tant que site sacré et «lieu de mémoire et de guérison».

La nation mentionne que son enquête est en cours et que les résultats obtenus jusqu'à présent mettent en évidence plusieurs zones d'intérêt, certaines présentant des «signes ressemblant à des sépultures», tandis que d'autres ont été exclues comme sites funéraires.

La déclaration de mardi indique que plus de 500 enfants issus de 38 nations autochtones vivant dans 119 communautés de la Colombie-Britannique fréquentaient l'établissement à son apogée, et que la Première Nation Tk'emlups te Secwepemc doit trouver un consensus sur la manière dont les restes ancestraux doivent être traités.

«Nous comprenons également qu'il pourrait être impossible de parvenir à un consensus», souligne-t-elle.

La Première Nation Tk'emlups te Secwepemc estime que tous les restes devraient être rapatriés dans leurs communautés d'origine, qualifiant ce processus d'«extrêmement complexe et délicat», impliquant des consultations avec ces nations, des analyses d’ADN et une expertise médico-légale.

La question de savoir s'il faut fouiller le site est très controversée, les survivants de l'institution n'étant pas d'accord entre eux. Certains considèrent l'exhumation comme un processus permettant aux victimes de reposer en paix, tandis que d'autres ne veulent pas que le site soit perturbé.

En 2022, un an après l'annonce initiale de la découverte de tombes anonymes présumées, la cheffe Rosanne Casimir a décrit l'approche de la Première Nation Tk'emlups te Secwepemc comme un processus continu «d'exhumation à la commémoration».

L'enquête a notamment fait appel à un radar à pénétration de sol et à des chiens spécialement dressés, ainsi qu'à l'examen des archives de l'Église catholique et des gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada, selon le communiqué publié cette semaine.

«L’enquête a été plus complexe que nous le pensions au départ, mais nous progressons et continuerons d'adapter nos méthodologies et nos informations au fur et à mesure de son avancement», a déclaré Mme Casimir.

Un rapport publié en 2015 par la Commission nationale de vérité et réconciliation a détaillé les mauvais traitements infligés dans les pensionnats à travers le Canada, notamment des abus émotionnels, physiques et sexuels sur des enfants, et au moins 4100 décès.

Le rapport cite des archives faisant état d'au moins 51 enfants décédés à l'école de Kamloops entre 1914 et 1963. En 1918, les responsables de la santé estimaient que les enfants de l'école n'étaient pas suffisamment nourris, ce qui entraînait une malnutrition, selon le rapport.

L'établissement de Kamloops a été fonctionnel entre 1890 et 1969, année à laquelle Ottawa en a pris le contrôle à l'Église catholique et l'a géré comme une école de jour jusqu'à sa fermeture en 1978.

La Presse Canadienne