Poilievre n'est pas réellement sérieux dans la collaboration, suggère Carney

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney a laissé entendre, mardi, que le chef conservateur, Pierre Poilievre, n'est pas sérieux dans son engagement à collaborer avec le gouvernement.
«Évidemment, c'est ça le nouvel esprit de coopération ici dans la Chambre», a lâché M. Carney au début de la première période des questions à laquelle il prenait part depuis la rentrée parlementaire.
Le premier ministre réagissait à de virulentes critiques que lui formulait le chef de l'opposition officielle concernant le coût de la vie.
M. Poilievre estime que des membres de l'équipe de M. Carney ont caché les prix des aliments pendant qu'il rencontrait, dans une épicerie, le premier ministre ontarien Doug Ford.
«Il a ordonné à ses adjoints (...) d'aller dans l'épicerie pour enlever tous les prix afin de cacher aux yeux des Canadiens combien ça coûte faire l'épicerie après un an parce qu'il a doublé l'inflation alimentaire», a lancé le chef conservateur.
Pourtant, aucun prix n'était visible, il y a trois mois, au cours d'un point de presse de M. Poilievre aussi tenu dans une épicerie.
Le premier ministre a répliqué mardi à M. Poilievre en suggérant que, contrairement à lui, M. Ford faisait preuve de collaboration.
«J'aimerais présenter au chef de l'opposition officielle le premier ministre de l'Ontario afin qu'il apprenne quelque chose au sujet de la coopération», a raillé M. Carney.
Le potentiel de collaboration entre les deux chefs de parti semble, si l'on se fie à cet échange, déjà périmé.
Dans une lettre ouverte adressée samedi à M. Carney, le chef conservateur proposait son aide pour accélérer l'adoption de mesures visant à conclure des accords commerciaux, à rendre les produits alimentaires plus abordables, à réformer le système de libération sous caution et à approuver des projets d'envergure.
Le chef conservateur faisait aussi valoir que des membres de son caucus pourraient se rendre aux États-Unis ou chez d'autres partenaires commerciaux dans le cadre de délégations bipartites.
Cependant, la lettre de M. Poilievre critiquait vivement le bilan du gouvernement libéral. Elle s'ouvrait sur une citation du discours prononcé par M. Carney au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, qui est devenu viral: «Un pays qui ne peut pas se nourrir, se fournir en énergie ou se défendre a peu d'options.»
M. Poilievre soutenait que le Canada est incapable de réaliser toutes ces choses, malgré la «rhétorique» de M. Carney, pointant du doigt l'inflation des prix alimentaires, la hausse des prix de l'essence due à des politiques «anti-énergie» et les lacunes en matière de personnel et de ressources militaires.
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne