QS demande à l'OPC d'évaluer les risques de tarification dynamique en épicerie

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) demande à l'Office de la protection du consommateur (OPC) d'évaluer et de réglementer les technologies qui pourraient servir à mettre en place une tarification dynamique dans les épiceries.
La tarification dynamique, qui existe déjà dans le secteur des billets d'avion et des hôtels, par exemple, pourrait être facilitée dans les épiceries en raison de nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle et les étiquettes électroniques.
«Ces technologies, en ce moment, ne font pas de pratique déloyale. Ceci étant dit, il y a de grands risques qui nous inquiètent, et je pense qui inquiètent la plupart de Québécois et Québécoises, de savoir si ceci est en train de laisser une porte ouverte à ce qu'on appelle la tarification dynamique», a affirmé Alejandra Zaga Mendez, responsable solidaire en matière d'économie.
QS est notamment préoccupé par la récente entente entre Loblaw et OpenAI. Le géant de l'alimentation a annoncé en février l'intégration de son application de livraison d'épicerie PC Express à l'agent conversationnel ChatGPT.
La députée de Verdun a fait valoir que QS demande d'abord à l'OPC d'évaluer les risques de l'introduction de ces technologies et la façon dont elles vont être utilisées par les grands épiciers.
«Par la suite, prendre les devants et légiférer, réglementer ces pratiques avant qu'on se retrouve avec que ce soit des pratiques discriminatoires ou déloyales, comme elles commencent à avoir lieu, par exemple, aux États-Unis», a affirmé Mme Zaga Mendez.
Elle a évoqué un article du New York Times publié en décembre dernier, qui rapportait que des consommateurs faisant leurs courses sur la plateforme Instacart obtenaient un prix différent pour le même produit, dans un même magasin.
«Je pense qu'on doit prévenir ceci au Québec, là on a une chance de le faire. Je pense que l'Office de la protection du consommateur peut prendre ce mandat-là», a soutenu la députée solidaire.
QS estime que la pratique de la tarification dynamique doit être restreinte dans le secteur de l'alimentation, alors que des denrées de base se trouvent dans les épiceries.
«Il faut comprendre qu'en ce moment, les grandes chaînes d'épicerie possèdent de plus en plus de données sur notre consommation et les algorithmes combinés à l'utilisation de l'intelligence artificielle pourraient ouvrir la porte à ce qu'on appelle le prix sur mesure, individuellement ou par population», a dit Mme Zaga Mendez, évoquant un «devoir de vigilance».
«Les gens au Québec sont extrêmement inquiets et vigilants des prix en épicerie parce qu’on sait très bien que ça coûte beaucoup plus cher qu’auparavant et on a une hausse d'insécurité alimentaire même chez les gens qui travaillent», a-t-elle ajouté.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne