Québec ajoute des postes de résidence en médecine

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Québec a annoncé jeudi l'ajout de 24 postes de résidence en médecine pour la prochaine rentrée scolaire, ce qui porte le total à 1008 postes. Même si le nombre de postes augmente, la province peine toutefois à pourvoir tous les postes de résidence en médecine de famille.
Ce n'est pas nouveau que le gouvernement augmente davantage les postes en médecine de famille que ce qui est comblé l'année précédente. Pour la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), il est difficile de lui reprocher de souhaiter d'en combler davantage chaque année.
Pour la prochaine rentrée scolaire, 554 postes seront attribués à la médecine familiale et 454 aux autres spécialités. Cette annonce découle de la Table de concertation permanente sur la planification de l'effectif médical au Québec, qui est composée de nombreux acteurs, tels que Santé Québec, le ministère de la Santé, les fédérations de médecins, le Collège des médecins et la Conférence des doyens et des vice-doyens des facultés de médecine, pour ne nommer que ceux-ci.
En réponse à une demande de commentaires de La Presse Canadienne, le président de la FMRQ, le Dr Louis-Charles Desbiens, a fait savoir que le nombre de nouveaux postes faisait consensus auprès des différents intervenants. «Il faut toutefois s’assurer qu'ensuite ces médecins résidents, à la fin de leur résidence, aient accès à des postes et des conditions de pratique intéressantes», dit-il dans une déclaration écrite.
Même si le gouvernement ajoute des postes de résidence, Québec reste la province qui a le plus de difficulté à combler les places qui sont offertes en médecine de famille. Selon les données de 2025 du Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS), des 94 postes laissés vacants en médecine familiale au Canada, 69 étaient au Québec. Un scénario semblable à 2024 où 75 postes de médecine familiale n'avaient pas été pourvus au pays, dont 70 au Québec.
La FMRQ est tout de même optimiste pour l'avenir. Elle explique que le nombre de postes offerts tient compte de plusieurs variables, dont le nombre de finissants au doctorat en médecine et des besoins d'effectifs médicaux dans les différentes régions du Québec.
Le Dr Desbiens rappelle que l'an dernier, 484 doctorants ont choisi la médecine de famille comme spécialité de résidence, ce qui représente une hausse de près de 6 % par rapport à l'année précédente. «C'est donc dire que parmi la soixantaine de spécialités médicales qui existent au Québec, dont plusieurs d'entre elles sont également en pénurie de médecins, plus de la moitié choisissent la médecine de famille, cela n'est clairement pas banal», souligne-t-il.
Des impacts de la grève?
La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a parlé d'une volonté commune dans une déclaration écrite. «Cette bonification de 24 postes de résidence en médecine, par rapport à celle de l'année dernière, est conforme à la volonté de notre gouvernement et de nos partenaires de maintenir un bon ratio de répartition des postes de résidence en médecine.»
Dans un communiqué, son cabinet a spécifié que la Table de concertation a tenu compte des retombées de la grève en enseignement de cet automne, qui a pu affecter la diplomation des étudiants en médecine. «C'est la raison pour laquelle, cette année, le nombre de postes correspond au nombre de futurs résidents», écrit le cabinet de la ministre de la Santé.
La FMRQ a expliqué que le nombre de postes a été évalué en fonction du nombre prévu de finissants qui obtiendront leur diplôme à la fin de cette année académique. «Évidemment, il faudra voir ce qui est prévu comme conditions de pratique après la fin de leur résidence. Cet élément peut avoir un effet majeur sur l'attractivité auprès de la relève, comme la FMRQ l'a déjà fait valoir à plusieurs reprises», a soulevé le Dr Desbiens.
De plus grandes cohortes en médecine
Le gouvernement du Québec a annoncé en 2022 qu'il augmentait les cohortes en médecine partout dans la province.
La FMRQ affirme que cette mesure est l'un des bons coups en santé du gouvernement. «Avec les hausses d’admissions dès 2018 et plus encore avec celles mises en place à compter de 2022, nous commençons à compter chaque année sur un nombre de diplômés du doctorat en médecine plus près des besoins réels. Il faut rappeler que cela prend de 7 à 12 ans pour former un médecin selon la spécialité. Les hausses d'admissions prennent donc du temps à faire sentir leur effet, mais nous y arrivons», a précisé le Dr Desbiens.
Les cohortes bonifiées sont attendues en 2028.
Dr Desbiens apporte toutefois un bémol. «Maintenant, il faut juste éviter de tuer ces efforts en dévalorisant la pratique de la médecine par des mesures coercitives qui minent l’attractivité comme celles qui ont été mises de l'avant l'an dernier par le ministre [Christian] Dubé.» Il dit espérer que les choses changent avec Mme Bélanger.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne