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Québec reporte d'un an l'implantation du nouveau programme d'enseignement du français

durée 16h51
10 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Québec recule dans sa volonté d’implanter à toute vitesse le nouveau programme de français au primaire et au secondaire.

La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a fait part mardi du report d’un an de l’implantation de ce nouveau programme, annoncé par son prédécesseur Bernard Drainville en août 2025.

Le milieu de l’éducation n’avait pas caché son mécontentement face à cette implantation, s’estimant bousculé par le calendrier imposé par le ministre Drainville. Celui-ci avait mis le programme à l’essai en septembre dernier dans 55 classes à travers la province et prévoyait l’intégrer dès la prochaine année scolaire, en septembre 2026.

De nombreuses voix s’étaient élevées contre cette approche, faisant valoir qu’il serait mal avisé de n’avoir que l’été 2026 pour à la fois analyser les 55 projets pilotes et former le personnel enseignant au nouveau programme.

Dans le communiqué publié mardi par le bureau de la ministre LeBel, on reconnaît que ce report à la rentrée de 2027 «répond aux préoccupations exprimées par le réseau et vise à donner aux enseignants le temps, la flexibilité et les outils nécessaires pour réussir cette transition».

Temps de préparation

La prochaine année scolaire sera donc consacrée «à la préparation et à l'accompagnement du réseau. Dès le printemps 2026, les enseignants pourront suivre les formations offertes et seront accompagnés par les conseillers pédagogiques formés par le ministère de l'Éducation», précise-t-on.

La ministre LeBel, citée dans le communiqué, affirme que «cette année supplémentaire permettra de donner aux enseignants le temps nécessaire pour maîtriser le nouveau programme avant de l'enseigner, d'analyser le matériel pédagogique disponible et de choisir ce qui convient le mieux pour leurs élèves».

Le nouveau programme prévoit notamment remplacer le traditionnel exposé oral devant la classe par des débats, discussions et jeux de rôle. Il intègre une obligation de lecture et d’écriture à tous les jours et une exposition beaucoup plus grande à la culture québécoise. Sur une année, au moins dix textes en français devront avoir été lus, dont une majorité d’œuvres québécoises.

Bernard Drainville avait également prévu instituer une obligation de connaître, à la fin du primaire, une liste de 2700 mots, liste dont l’apprentissage était jusque-là facultatif. Cette liste qui comportait autrefois 3000 mots a été mise au goût du jour, notamment par le retrait de certains mots, tels prêtre, pasteur ou messe en raison d’une baisse d’usage. Esquimau et amérindien disparaissent par respect, mais il faudra savoir écrire autochtone et québécois et les mots alcool et tabac sont également mis au ban.

Aussi, en vertu du nouveau programme, les classes devront désormais assister à cinq activités culturelles au cours de l’année, par exemple au théâtre ou au musée pour exposer les élèves à la culture d’ici.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne