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Racisme: le chef de la police de Montréal s'adresse à son personnel dans une vidéo

durée 06h05
10 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les habitants de l'arrondissement de Montréal-Nord ne sont peut-être pas les seuls à chercher des réponses concernant un scandale au sein de leur commissariat local.

La police n’a divulgué que très peu d’informations publiques sur l’enquête depuis le 12 juin, date à laquelle le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a annoncé que la police avait dissous une unité de patrouille de 16 membres à Montréal-Nord à la suite d’allégations graves de racisme, de discrimination et de fautes professionnelles.

Alors que les journalistes et les citoyens ont fait pression sur la police pour obtenir des explications sur ce qui s’est passé, M. Dagher a indiqué à ses employés qu’il avait également reçu de leur part des demandes d’informations supplémentaires sur la situation et les décisions prises par la direction.

Il s’est adressé à ses employés dans un message vidéo enregistré le 19 juin, expliquant qu’il répondait ainsi aux préoccupations de personnes qui estiment que de nombreuses informations circulent au sujet de l’enquête, ce qui rend difficile la compréhension claire de ce qui s’était passé.

Le SPVM a refusé de confirmer certaines des nouvelles informations qu’il a partagées dans ce message interne, obtenu par La Presse Canadienne grâce à une demande d’accès à l’information.

M. Dagher devrait faire le point mardi soir lors d’une réunion où il s’adressera aux élus municipaux et répondra aux questions du public.

Voici cinq points à retenir du message vidéo que M. Dagher a envoyé à son personnel le 19 juin:

1- M. Dagher a indiqué que trois policiers avaient été suspendus et que les allégations avaient été transmises au Directeur des poursuites criminelles et pénales pour un examen préliminaire. Trois autres policiers ont été réaffectés à des tâches administratives, tandis que dix autres ont été mutés vers d’autres unités au sein du service de police.

2- M. Dagher a salué le «courage» des agents qui ont porté plainte contre leurs collègues. «Ils ont rendu un grand service au SPVM et vont nous aider grandement à traverser l'épreuve qui nous attend.»

3- Le chef de la police a tenu à rassurer les agents qui craignent que ces allégations ne nuisent à l’image de l’ensemble des forces de police et ne discréditent leur travail. «Je tiens à vous réaffirmer tout mon appui et ma confiance, car je sais que la très très grande majorité d’entre vous effectue un travail exemplaire, avec le cœur à la bonne place, avec des bonnes valeurs. Je n’accepterai jamais qu'on dise de mes policiers qu'ils sont majoritairement racistes», a-t-il déclaré.

4- M. Dagher s’est adressé aux membres racisés des forces de police, affirmant qu’il comprenait que ces allégations puissent les toucher émotionnellement. «Pour plusieurs personnes racisées, le défi ne consiste pas seulement à faire reconnaître leurs compétences ou leurs contributions. Il consiste aussi à être vues pour ce qu'elles sont réellement. Trop souvent, elles se voient attribuer une identité avant même d'avoir l'occasion de se définir elles-mêmes», a-t-il souligné. «Elles sont perçues à travers des présomptions ou des attentes qui ne correspondent pas nécessairement à leur propre histoire», a ajouté M. Dagher.

5- La police dispose d’une ligne d’assistance téléphonique dédiée aux lanceurs d’alerte et M. Dagher a encouragé le personnel à signaler tout acte répréhensible ou comportement inapproprié, précisant que des mesures étaient prises pour protéger la confidentialité de ceux qui se manifestent. «C’est un devoir moral (de signaler les actes répréhensibles), mais c’est également une obligation qui découle de la loi sur la police», a-t-il rappelé.

Erika Morris, La Presse Canadienne