Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Rémunération: le PQ pourrait s'engager dans une confrontation avec les médecins

durée 05h30
23 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Un éventuel gouvernement péquiste pourrait s'engager dans un autre bras de fer avec les médecins.

C'est du moins ce que laisse entendre l'ébauche de programme qui sera déposée en fin de semaine au congrès du Parti québécois, à Saint-Hyacinthe.

Après la confrontation de l'automne dernier, quand le gouvernement caquiste a dû effectuer un recul devant les fédérations médicales sur sa réforme de la rémunération, des membres du PQ appellent à un deuxième round.

Dans le document péquiste qui contient plus de 300 propositions, les militants suggèrent de revoir le mode de rémunération des médecins, sans préciser toutefois comment.

Incorporation des médecins

Mais aussi, ce document de travail recommande d'interdire l'incorporation des médecins. Cela risquerait de faire des vagues dans la profession médicale, qui a obtenu le droit de s'incorporer en 2007.

L'incorporation permet en fait aux médecins d'économiser de l'impôt.

En 2022, les pertes fiscales attribuables à l'incorporation des médecins s'élevaient au bas mot à 252,5 millions $ pour les deux ordres de gouvernement, selon une étude de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

Les militants devront voter sur ces propositions. Si elles sont adoptées, elles pourront faire partie de la plate-forme péquiste aux élections de l'automne prochain.

Magali Picard

Le congrès péquiste devrait par ailleurs accueillir la présidente de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Magali Picard, qui avait confirmé sa présence au début de janvier.

Les syndicats sont particulièrement remontés contre le gouvernement caquiste et son projet de loi qui impose de nouvelles exigences aux organisations de travailleurs et veut rendre une partie des cotisations syndicales facultatives.

Dans une entrevue récente avec La Presse Canadienne, Mme Picard avait dit qu'elle allait accepter toutes les invitations qu'elle recevra en cette année électorale. La FTQ ne prend toutefois plus position en faveur d'un parti, comme c'était le cas auparavant.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a auparavant accusé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon d'être à la solde de la FTQ.

Une proposition de l'ébauche du programme du PQ recommande d'«affirmer clairement un préjugé favorable aux travailleurs», tandis qu'une autre veut «faciliter la syndicalisation de l'ensemble des travailleurs».

Le PQ propose aussi d'offrir 10 jours de congés payés aux victimes de violence conjugale et sexuelle.

Indépendance

Par ailleurs, un grand nombre de résolutions sur d'autres thèmes seront aussi débattues.

Conformément à son objectif de tenir un référendum sur l'indépendance dans un premier mandat s'il forme le gouvernement, le PQ propose d'utiliser les moyens financiers de l'État pour préparer l'indépendance, mais aussi, de nommer un ministre d'État «chargé de coordonner l'ensemble des activités ministérielles liées à la préparation de l'indépendance».

Un gouvernement péquiste pourrait aussi cesser de faire affaire avec toute entreprise enregistrée dans les paradis fiscaux et de lui octroyer toute forme de contrat public ou de subvention.

École à trois vitesses

En matière d'éducation, un gouvernement St-Pierre Plamondon songe à mettre sur pied une Commission nationale sur l'éducation et pourrait s'engager à mettre fin à ce qu'on appelle l'école à trois vitesses, en interdisant aux écoles financées par l'État de «sélectionner leurs élèves».

Il pourrait également forcer les établissements privés subventionnés à admettre «une certaine proportion» d'élèves en difficulté et diminuerait «graduellement» les subventions à ces établissements, mais en leur offrant par ailleurs de devenir des écoles entièrement subventionnées par l'État.

Le PQ proposerait aussi de garantir des repas à l'école primaire publique pour tous les enfants du Québec.

Enfin, les militants soulèvent l'idée d'une loi-cadre protégeant la liberté d'expression, en vue entre autres d'obliger les cégeps, universités, médias publics et fonction publique à se doter d'une politique en matière de liberté d'expression.

Elle viserait également à garantir «la libre circulation des oeuvres littéraires et artistiques».

Immigration

Sur l'immigration, le PQ garde le cap sur une réduction des seuils.

Il réclamerait notamment l'abolition du Programme fédéral de travailleurs temporaires.

Les militants demandent aussi un moratoire sur l'immigration économique permanente, ainsi que de diminuer au moins de moitié l'immigration temporaire, en partant de 600 000 au deuxième trimestre de 2024 à une cible entre 250 000 et 300 000 résidents non permanents au terme d'un mandat de quatre ans.

Ils suggèrent aussi d'établir à environ 40 000 le nombre de travailleurs étrangers temporaires issus du Programme des travailleurs étrangers temporaires du Québec.

Quant aux étudiants internationaux, on établit le plafond à 50 000.

Enfin, le PQ maintiendrait le seuil d'immigration permanente qu'il avait établi à 35 000 par an.

Environnement

Parmi les propositions liées aux changements climatiques figure entre autres l'instauration d'un budget carbone, une recommandation qui avait été promue par l'ancien député et ministre péquiste Sylvain Gaudreault.

C'est un document qui serait déposé chaque année par le gouvernement, qui forcerait à réaliser une évaluation globale des émissions de gaz à effet de serre et à garantir qu'un suivi des plans d'action visant leur réduction sera effectué.

Les membres du PQ proposent aussi d'ajouter des critères environnementaux dans les règles d'attribution des contrats.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne