Semaine de prévention du suicide: «Il reste encore des tabous», juge le PDG de l'AQPS

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTREAL — Parler ouvertement du suicide n'est pas une conversation simple, mais il s'agit du premier pas vers la prévention, estime le président-directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, qui souhaite briser les tabous.
Selon Hugo Fournier, il ne faut pas avoir peur de demander à quelqu'un qui semble aller mal si elle pense au suicide.
«Encore aujourd'hui, il y a des mythes qui disent que, si l'on pose la question directement, la personne va faire une tentative. Mais ça, c'est faux, a-t-il souligné au bout du fil. Au contraire, lorsqu'on pose la question directement à une personne, ça va amener une réponse franche et honnête, ça va enlever la lourdeur pour une personne qui souffre et ça va lui permettre de se confier», a-t-il ajouté.
L'organisme de M. Fournier lance cette semaine sa 36e Semaine de prévention du suicide sous la thématique «Tendre la main, soutenir l'espoir».
L'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) souhaite ainsi souligner l'importance de demander de l'aide, mais aussi de montrer à quelqu'un qui souffre que l'on est là pour lui.
«Ça peut paraître petit, mais ce sont de grands gestes qui peuvent sauver la vie de quelqu'un», a mentionné M. Fournier.
Il encourage les Québécois à faire attention aux signaux de détresse, qui peuvent parfois se présenter sous la forme d'une augmentation de la tristesse, de prises de parole alarmantes, d'isolation ou encore de changements d'habitudes de vie d'une personne.
«Ça ne veut pas dire qu'une personne pense au suicide. Mais, ce que ça veut dire, c'est prenons quand même le temps de lui tendre la main», a-t-il expliqué.
«Si tous les Québécois et les Québécoises peuvent retenir les ressources d'aide et retenir quelques symptômes ou signes qu'une personne ne va pas bien, c'est déjà un gros gain qu'on va avoir», a précisé le PDG de l'organisme.
Des obstacles qui persistent
Si beaucoup de travail a été fait ces dernières années pour encourager la discussion autour du suicide, «il reste encore des tabous», croit M. Fournier.
Pourtant, plusieurs Québécois connaissent quelqu'un qui a été touché de près ou de loin par le suicide.
D'après lui, les étiquettes sociales qui entourent la santé mentale constituent un frein majeur à la prévention.
«Près de 60 % des gens qui souffrent de problèmes de santé mentale ont peur d'être étiquetés et vont garder leurs problématiques sous silence», a-t-il illustré.
Pourtant, des progrès sont tout de même notés et de plus en plus d'interventions ont lieu pour venir en aide à une personne en situation de détresse psychologique.
L'AQPS a lancé il y a cinq ans suicide.ca, un service de sensibilisation sur la prévention du suicide, mais qui donne aussi la possibilité de clavarder avec un intervenant.
Selon M. Fournier, plus de 30 000 interventions ont été faites sur suicide.ca et par texto au 535353 en 2025. On dénombre un peu plus de 60 000 interventions par téléphone pour la même période.
Environ 500 000 visites ont également été constatées sur suicide.ca en 2025.
«La première ligne en santé mentale est composée d'une panoplie de ressources disponibles», a rappelé le PDG, soulignant que l'accompagnement se poursuit après le premier appel.
Si vous avez besoin d'aide:
Téléphone: 1 866 APPELLE (277-3553)
Texto: 535353
Clavardage, information et outils: suicide.ca
Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne