Un ami du Canadien tué en Afrique du Sud contredit la version des autorités locales
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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Un Canadien tué mercredi dans ce qui semble être un accident survenu dans un parc animalier en Afrique du Sud n'était pas celui qui avait interrogé un guide de chasse au sujet de son arme à feu, a assuré un de ses amis proches à La Presse Canadienne.
«Je suis anéanti. J'ai perdu un ami très cher», a expliqué Kelvin Choi.
M. Choi a précisé que la version des faits donnée par les autorités locales ne correspondait pas à ce qui s’était réellement passé au parc national Kruger, car ce n’était pas son ami de 69 ans qui avait interrogé le guide au sujet de l’arme à feu.
Il a expliqué que son compagnon de voyage de longue date avait été touché accidentellement par une arme à feu utilisée pour abattre les éléphants et les rhinocéros, alors qu’il se rendait aux toilettes.
«Ce qui a été rapporté est totalement différent de ce qui s’est réellement passé, a-t-il raconté. Je veux que la vérité soit connue, pour sa famille et pour moi-même.»
Le groupe de voyageurs n’a découvert le corps de l’homme qu’environ une demi-heure plus tard, alors qu’ils étaient assis autour d’un feu de camp par une nuit noire, a expliqué M. Choi.
Kelvin Choi, son infortuné ami et leurs femmes vivent dans la région de Vancouver. Ils faisaient partie d’un groupe de 28 voyageurs, dont une dizaine de Canadiens. Ils s’étaient inscrits à un safari suivi d’un dîner barbecue autour d’un feu de camp, connu localement sous le nom de «bush braai».
M. Choi a raconté que le responsable du groupe les avait conduits au repas et qu’ils s’étaient assis en grand fer à cheval autour d’un foyer. Il a fourni une photo de cette soirée prise quelques instants avant l’incident.
Le chef de groupe disposait d’un guide sur place pour assurer la protection contre les animaux sauvages ; celui-ci avait informé le groupe qu’un léopard avait récemment été aperçu dans la région, a précisé M. Choi. À un moment donné, le guide s’est adressé au groupe, puis a été approché par deux touristes, a-t-il ajouté.
Version officielle contredite
Dans un communiqué de presse publié jeudi, l’organisme South African National Parks a indiqué que, selon les premières informations, un guide privé «aurait accidentellement tiré avec une arme à feu, causant une blessure mortelle».
Le même jour, la police sud-africaine a rapporté une affirmation selon laquelle le Canadien aurait demandé à un guide du parc si son arme à feu était réelle peu avant la fusillade qui l’a tué.
«Il semblerait que le touriste âgé de 69 ans se soit approché de l’exploitant de la concession, qui tenait un fusil, et lui a demandé s’il s’agissait d’une arme à feu réelle. Alors que l’exploitant montrait qu’il s’agissait bien d’un vrai fusil, l’arme se serait déchargée. La balle a touché le touriste au haut du corps», a écrit la police.
M. Choi a précisé que ce sont en réalité deux autres touristes qui ont parlé au guide du parc, tandis que son ami se rendait aux toilettes.
«La détonation a été si forte que tout le monde s’est tourné vers l’endroit où cela s’était produit, a expliqué M. Choi, qui se souvient avoir eu les oreilles qui bourdonnaient pendant plusieurs minutes. Personne ne savait que mon ami avait été victime d'une fusillade, car il faisait très sombre.»
Il a raconté que le groupe s’était rassemblé pour un safari en soirée vers 15 h 45 et s’était réuni pour le repas vers 19 h. Il a précisé qu’il avait terminé son dîner au moment où le coup de feu a été tiré, vers 20 h.
M. Choi a ajouté qu’ensuite, les deux personnes qui avaient discuté avec le guide ont expliqué aux membres du groupe que l’arme à feu était suffisamment puissante pour tuer un éléphant ou un rhinocéros d’un seul coup.
Il a expliqué qu’il était assis à l’une des extrémités du cercle et que son ami se trouvait au milieu. M. Choi a raconté que son ami s’était levé pour s’éloigner du feu de camp et se diriger vers les toilettes.
«Il est resté à la traîne et personne ne s’est rendu compte qu’il avait été victime d’une fusillade avant la fin de la soirée, environ une demi-heure plus tard, a dit M. Choi. Quelqu’un s’est approché, a décidé de regagner le camion pour rentrer à l’hôtel, et l’a trouvé gisant dans une mare de sang.»
Il a indiqué que la balle avait touché son ami par un point d’entrée au niveau de l’épaule gauche et un point de sortie au niveau de l’épaule droite, et qu’une infirmière qui faisait partie du groupe et un autre touriste avaient tenté de lui prodiguer des compressions thoraciques jusqu’à l’arrivée de l’ambulance.
La police a déclaré jeudi que le décès du Canadien avait été constaté sur place et qu’elle enquêtait sur d’éventuelles accusations d’homicide par négligence et de maniement imprudent d’une arme à feu.
Les médias locaux rapportent qu’un homme de 38 ans a désormais été arrêté pour ces deux chefs d’accusation, bien que le détachement de police local n’ait pas immédiatement répondu à une demande visant à confirmer cette information.
M. Choi s’est dit contrarié que les médias — s’appuyant sur des informations fournies par les autorités — aient rapporté que c’était son ami qui avait posé des questions sur l’arme à feu. Il a précisé avoir fait une déposition à la police, comme de nombreux autres membres du groupe.
«C’est mon compagnon de voyage depuis un certain temps déjà. C’est un type facile à vivre, très sociable. Que puis-je dire ? Nous attendions ce safari avec tant d’impatience, a-t-il déclaré, ajoutant que son agence de voyages lui avait proposé un accompagnement psychologique. Je ne m’en remets pas facilement. C’est difficile pour moi.»
Dans un communiqué de presse, Affaires mondiales Canada a présenté ses condoléances à la famille et aux proches.
«Affaires mondiales Canada a pris connaissance des informations faisant état du décès d’un citoyen canadien en Afrique du Sud, a écrit le ministère jeudi soir. Les agents consulaires apportent leur aide et sont en contact avec les autorités locales afin de recueillir des informations supplémentaires. Les services consulaires sont adaptés aux besoins de la situation.»
M. Choi a indiqué que l’épouse du défunt était en train de réserver un vol pour rentrer au pays. Il a ajouté qu’elle avait pris des dispositions avec le haut-commissariat du Canada en Afrique du Sud et rempli les formalités juridiques nécessaires pour que le corps soit rapatrié au Canada dès que les autorités locales l’autoriseront.
Dylan Robertson, La Presse Canadienne