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Un appel à repenser la façon de bâtir le Québec pour régler plusieurs crises

durée 10h00
14 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La crise de l’habitation, la surexploitation d’infrastructures vieillissantes, les dommages causés par les inondations et le coût de la vie croissant sont des crises qui pourraient, en partie, être réglées par la même solution: un aménagement plus intelligent de nos villes et de nos régions.

C’est le message que lance un regroupement d’urbanistes, d’agriculteurs, d’aménagistes, d’architectes, de constructeurs et d'environnementalistes qui sont réunis dans le Vieux-Montréal, mercredi matin, pour demander à l’ensemble des formations politiques de faire de l’aménagement du territoire une priorité.

«Depuis des années, ces crises semblent isolées», mais «elles ne le sont pas», avance Jeanne Robin, secrétaire de l’alliance ARIANE, qui regroupe plusieurs organisations.

«Nous traitons les symptômes, quand nous devrions nous attaquer à la racine du problème. Le problème, c'est la façon dont on développe nos municipalités et nos régions. La bonne nouvelle? C'est aussi la solution», écrit Jeanne Robin, dans un communiqué.

À moins d’un an des élections provinciales, les organisations réunies mercredi lancent un appel aux partis politiques pour qu’ils prennent les cinq engagements ci-dessous.

Prendre soin de l’existant

Le regroupement invite les politiciens à entretenir les infrastructures existantes, pour «maintenir les actifs et assurer la sécurité et la résilience». Il faut donc valoriser et réutiliser le patrimoine bâti plutôt que le «remplacer», pour économiser de l’argent, mais aussi préserver l’héritage et la culture des communautés.

«À l’échelle du Québec, le patrimoine bâti représente un parc immobilier qu’on ne peut se permettre de négliger. Plus que jamais, il est essentiel de considérer l’existant comme une solution incontournable pour les enjeux actuels en matière de développement durable, de crise de l’habitation, de maintien de la qualité de vie et du cadre bâti», écrit Andréanne Jalbert-Laramée, administratrice d’Action patrimoine, dans un communiqué.

Investir dans les infrastructures stratégiques

La résilience et la capacité d’accueil des communautés sont tributaires de l’équipement public, comme les réseaux de gestion et de distribution de l'eau ou encore le transport collectif.

«Le gouvernement du Québec a des choix stratégiques à faire en matière d’infrastructures. La mise à niveau des infrastructures d’eau est une priorité pour le secteur de la construction, d’autant plus qu’elle est essentielle afin de sortir de la crise de l’habitation», commente Francine Sabourin, directrice générale de l’Association de la construction du Québec.

Les communautés québécoises devront «concevoir plus sobrement pour réduire les coûts et en faire plus avec moins», souligne le communiqué de presse publié par les organisations réunies mercredi.

Entre 2015 et 2025, le coût moyen des projets de réfection d’aqueduc a crû de 88 %, les coûts de réfection de 100 mètres de trottoir ont augmenté de 72 % et le coût moyen des projets pour de nouveaux feux de circulation de 100%, selon un récent rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton, cité dans le communiqué.

La hausse générale de prix et la modification ou l’ajout de réglementation seraient, pour l’essentiel, responsables de ces hausses.

Planifier suffisamment de logements

Selon Statistique Canada, à Montréal, les loyers demandés ont augmenté de près de 71 % entre 2019 et 2015 et environ 10 000 personnes étaient en situation d'itinérance au Québec lors du dernier dénombrement, en octobre 2022.

Construire au bon endroit

Le regroupement d’organisations fait valoir que les projets de construction de logements, d’équipements et d’infrastructures doivent prioriser «des localisations qui réduisent les distances à parcourir» et optimisent l’utilisation des infrastructures.

Il faut également choisir des localisations qui «évitent l’étalement urbain en évitant le territoire agricole», qui protègent les écosystèmes et qui «soutiennent la résilience en évitant l’exposition aux risques naturels et climatiques».

Selon un rapport d’Ouranos cité dans le communiqué, les coûts d'entretien supplémentaires pour le réseau électrique lié aux changements climatiques pourraient atteindre 656 millions $ par an en 2050.

Protéger notre territoire agricole et nos milieux naturels

Le cinquième engagement que le regroupement d’organisation soumet aux politiciens concerne la préservation de «la capacité productive du territoire agricole». Les organisations demandent que soient «maximisés les bénéfices des services écosystémiques pour renforcer notre autonomie alimentaire, notre résilience climatique et enrayer la perte de biodiversité».

«On présente souvent l'environnement et l'économie comme opposés. La vérité, c'est que le laisser-faire coûte une fortune aux Québécois. Bien planifier, choisir où et comment on construit, c'est bon pour le portefeuille de tout le monde», résume Martin Vaillancourt, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement, dans un communiqué.

L'alliance ARIANE compte solliciter des rencontres avec les différentes formations politiques d'ici le déclenchement des élections afin «d'obtenir des engagements concrets».

Stéphane Blais, La Presse Canadienne