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Un rassemblement en faveur d'un projet de loi sur les préjudices en ligne

durée 05h31
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Des défenseurs des droits des enfants organiseront lundi un rassemblement et une conférence de presse sur la colline du Parlement afin de réclamer une législation sur les préjudices en ligne qui couvre les agents conversationnels basés sur l'IA et les jeux vidéo.

«Ces derniers mois, nous avons constaté une véritable escalade des préjudices causés par les agents conversationnels basés sur l’IA», a indiqué Sara Austin, fondatrice et PDG d'Enfants d'abord Canada.

OpenAI a interdit à la tireuse de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, d’utiliser ChatGPT en raison de ce qu’il a qualifié d’interactions inquiétantes, mais n’a pas alerté les forces de l’ordre. La tireuse a contourné cette interdiction en créant un deuxième compte.

Selon Mme Austin, cette tragédie «aurait pu être évitée si OpenAI avait agi plus tôt pour signaler les risques à la police».

L'une des personnes qui participera au rassemblement lundi est James Sokolowski, dont la fille, Penelope, âgée de 15 ans, est décédée en 2025 en lien avec le groupe terroriste 764.

Mme Austin a mentionné que le processus de radicalisation de Penelope avait commencé sur la plateforme de jeux en ligne Roblox.

Le gouvernement fédéral a ajouté le 764 à sa liste des entités terroristes en décembre 2025. Il a décrit le groupe comme un «réseau transnational décentralisé d'extrémistes violents nihilistes en ligne».

Il a indiqué que les membres du groupe utilisaient les réseaux sociaux et les plateformes de jeux «pour ensuite attirer, préparer et extorquer ces derniers afin qu'ils commettent des actes violents et sexuels, y compris des actes d'automutilation».

Matt Richardson, du Canadian Open Source Intelligence Centre, a souligné qu'au cours de ses recherches sur les espaces en ligne impliquant des membres du 764, il avait vu des images d'automutilation, des initiales et des noms d'agresseurs gravés sur la peau des victimes, des cas de maltraitance animale et même des invitations à regarder des tentatives de suicide diffusées en direct.

«Beaucoup de nos enfants passent une grande partie de leur vie quotidienne sur des plateformes de jeux vidéo, et celles-ci se sont avérées dangereuses», a soutenu Mme Austin.

Elle a ajouté qu’il existe de nombreuses «plateformes de jeux qui présentent un risque pour les enfants, car elles proposent des fonctionnalités de chat permettant aux enfants de communiquer avec des inconnus» qui peuvent se faire passer pour des enfants.

Enfants d'abord Canada a publié un communiqué de presse dans lequel il annonçait l’organisation du rassemblement de lundi sur la colline du Parlement, avec le soutien d’une coalition regroupant des organisations médicales, des jeunes et des parents.

Mme Austin a indiqué que le groupe amenait 15 enfants et 15 parents à Ottawa.

Les réseaux sociaux aussi dans la ligne de mire

Outre les agents conversationnels IA et les jeux vidéo, le groupe souhaite que le projet de loi couvre les réseaux sociaux.

Il estime que la législation doit inclure une obligation de diligence pour les plateformes, les obligeant à prévenir les préjudices prévisibles, une sécurité intégrée dès la conception pour les plateformes en ligne, ainsi qu’un «organisme de réglementation fort et indépendant doté de pouvoirs d’exécution».

Le gouvernement libéral avait précédemment présenté le projet de loi C-63 sur les préjudices en ligne, mais celui-ci n’est pas devenu loi avant le déclenchement des élections fédérales de l’année dernière.

Après avoir initialement indiqué qu’il ne présenterait pas le projet de loi sous la même forme, mais qu’il en aborderait certains aspects dans d’autres textes législatifs, le gouvernement a changé de cap et le ministre de la Culture, Marc Miller, prend désormais la tête d’un nouveau projet de loi.

M. Miller a de nouveau réuni un groupe d'experts que le gouvernement avait précédemment consulté. Ce groupe devrait examiner plusieurs questions, notamment celle de savoir si la législation devrait couvrir les agents conversationnels basés sur l'IA et si elle devrait restreindre l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents.

La sécurité des agents conversationnels IA et l'interdiction des réseaux sociaux pour les enfants sont devenues des enjeux politiques mondiaux depuis la présentation de la version précédente du projet de loi.

Mme Austin a avancé que le gouvernement avait eu largement le temps de se préparer et qu'il devait désormais passer à l'action.

«Les principaux responsables gouvernementaux continuent de nous dire qu’ils prennent leur temps pour bien faire les choses. Et je comprends ce sentiment, car ils ont déjà connu quelques faux départs avec la législation sur la sécurité en ligne», a-t-elle déclaré.

Mais le gouvernement n'a pas besoin de «réinventer la roue», a-t-elle ajouté, soulignant que le Canada peut s'inspirer d'autres pays, notamment le Royaume-Uni, l'Union européenne et l'Australie.

«Le fait qu'ils en débattent encore, le fait qu'ils soient toujours en phase de consultation, m'inquiète en tant que parent, sans parler de mon rôle de défenseur de tous nos enfants», a-t-elle précisé.

— Avec des informations d'Erika Morris

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne