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Un vaccin ARN messager pourrait révolutionner la lutte contre le cancer

Un vaccin ARN messager pourrait révolutionner la lutte contre le cancer
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTREAL — Un premier vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau pourrait révolutionner la façon de traiter plusieurs types de cancer. Une étude à laquelle ont participé le CHUM et le CHU de Québec-Université Laval ont démontré des résultats positifs pour la phase 3 d'une thérapie anticancéreuse à base d'ARNm.

Les compagnies pharmaceutiques Merck et Moderna ont annoncé dans un communiqué diffusé mercredi les résultats préliminaires de l’essai de phase 3 chez des patients atteints d’un mélanome de stade IIB à IV. Plus de 1100 patients ont participé à l'étude.

Merck et Moderna affirment que l’essai a atteint son critère d’évaluation principal, c'est-à-dire la survie sans récidive et la survie sans métastase à distance. En résumé, lorsque l'on combine le vaccin avec le pembrolizumab (un médicament d'immunothérapie) on diminue les risques de récidives. On ne sait pas toutefois de quelle ampleur exactement, puisque les détails seront dévoilés ultérieurement lors d'un congrès médical international.

La Dre Rahima Jamal, hémato-oncologue et oncologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), qui a participé à l'étude avec ses patients, rappelle que les résultats de la phase 2 ont démontré un bénéfice de 23 %. «C'est qu'on augmente la survie sans récidive de 23 % en additionnant le vaccin à l'immunothérapie», précise Dre Jamal.

Il est important de noter que le vaccin ne prévient pas le cancer de la peau. «Dans l'utilisation usuelle des vaccins qui sont le plus souvent utilisés dans les maladies infectieuses, on fait de la prévention, c'est-à-dire qu'on prend le vaccin pour ne pas attraper la grippe, la COVID ou si on l'attrape, attraper une forme qui va être plus légère. Ici, on ne prévient pas le mélanome. Ce qu'on fait, c'est que chez les patients à haut risque, en prenant ce vaccin, on diminue le risque de récidive du mélanome», explique la Dre Jamal.

L'oncologue ne cache pas son enthousiasme face à cette percée médicale. «C'est la première étude où on utilise l'ARN messager en cancérologie et ça, c'est majeur», dit-elle. Cela pourrait ouvrir la porte à traiter d'autres types de cancer avec le vaccin ARNm, car des études ont cours notamment en cancer du poumon, du pancréas, de la vessie et du rein, détaille l'experte.

«Ça va amener un changement dans la façon qu'on traite le cancer. Jusque-là on a la radiothérapie, l'immunothérapie, les chimiothérapies, les thérapies ciblées et l'hormonothérapie. Là, on a une nouvelle technologie, la médecine personnalisée, le fait qu'un vaccin n'est pas le même pour deux personnes, ça aussi, ça va être majeur», se réjouit Dre Jamal.

L’essai de phase 3 est une étape importante avant les demandes d’autorisation de mise sur le marché. On ne sait pas combien de temps pourrait s'écouler avant que le vaccin soit approuvé par Santé Canada, puis accessible au Québec. La Dre Jamal espère que ça ne prendra pas plusieurs années.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne