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Une première historique: le Québec se dote d'un ministère de la Langue française

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1 juin 2022
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

QUÉBEC — Simon Jolin-Barrette avait un titre. Il a maintenant un ministère au complet. Auparavant ministre responsable de la langue française, il est devenu mercredi officiellement ministre de la Langue française. 

Le changement peut sembler cosmétique ou terminologique, mais dans les faits, il indique que pour la première fois de son histoire, le Québec se dote d'un véritable ministère consacré à la promotion du français, avec toutes les ressources et les outils nécessaires pour mener à bien son mandat de faire de la langue française, le code commun des Québécois.

Déjà fort occupé avec son poste de ministre de la Justice et celui de leader parlementaire, M. Jolin-Barrette devra donc dans les prochains mois trouver du temps pour bâtir un ministère et constituer son équipe, qui devra s'assurer que la toute nouvelle loi 96 sera appliquée.

Adoptée dans la controverse, la loi 96 offre une nouvelle mouture de la Charte de la langue française (ou loi 101) de 1977.

En mêlée de presse après son assermentation, M. Jolin-Barrette s'est approprié les propos récents du premier ministre François Legault sur l'importance d'agir pour contrer la menace de la disparition du français au Québec, reprenant l'exemple de la Louisiane.

Il s'est fait rassurant auprès de la communauté anglophone et des nouveaux arrivants, qui, contrairement à ce que certains prétendent, ne seront pas forcés d'apprendre le français en six mois. Il a rappelé aux nouveaux immigrants que ce sont les services de l'État qui leur seront offerts uniquement en français, six mois après leur arrivée. Des mesures d'accompagnement, comme le service d'un interprète, pourront être disponibles, au besoin, a-t-il dit.

Le ministre a mis l'accent sur l'importance de hausser les transferts linguistiques vers le français pour assurer la pérennité de cette langue au Québec, avec l'objectif que 90% des nouveaux arrivants préféreront le français à l'anglais «le plus tôt possible».

Pour mener à bien son projet, Québec va notamment embaucher une centaine de fonctionnaires à l'Office de la langue française (OQLF), qui voit ses pouvoirs renforcés.

Le gouvernement va aussi se doter d'une politique linguistique, créer un poste de Commissaire à la langue française, pour accueillir les plaintes, tandis que le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) sera aboli. 

«Le français est en déclin au Québec», tant pour la langue du travail que celle parlée à la maison, a réaffirmé de son côté le premier ministre François Legault, en mêlée de presse, pour justifier les changements annoncés. Au Québec, le français risque de «disparaître» à court ou moyen terme, sans coup de barre, d'abord à Montréal, puis partout au Québec, a-t-il répété.  

Jocelyne Richer, La Presse Canadienne