Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Voyage en Inde: la Couronne enquête sur la liste d'invités de l'ex-député Raj Grewal

durée 21h26
13 juin 2022
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

OTTAWA — L'ancien député libéral Raj Grewal a envoyé les noms de 100 personnes qu'il voulait inviter à des réceptions avec le premier ministre Justin Trudeau en Inde en 2018 et aucune personne sur sa liste n'a soulevé de drapeaux rouges auprès du personnel de M. Trudeau avant que le voyage ait lieu, a-t-on appris lundi dans une salle d'audience d'Ottawa. 

Raj Grewal, 36 ans, fait face à deux accusations d'abus de confiance, liées à des prêts qu'il a demandés à des amis, à sa famille et à d'autres associés pour aider à payer une dette de plusieurs millions de dollars, accumulée en raison de problème de jeu. 

Ces accusations allèguent que M. Grewal, utilisant sa fonction politique, a menti pour obtenir des prêts et qu'il a utilisé sa fonction pour obtenir des prêts à des fins personnelles.

M. Grewal a nié tout acte criminel. En 2018, il a déclaré qu'il avait demandé un traitement pour une dépendance au jeu et qu'il avait obtenu des prêts uniquement auprès d'amis et de sa famille, ajoutant que tout avait été remboursé.

La Couronne allègue que M. Grewal a demandé des prêts à des personnes en échange de leur garantir l'accès au voyage en Inde ou de travailler sur des dossiers d'immigration.

M. Grewal a été élu en 2015 dans la circonscription de Brampton, en Ontario, mais s'est séparé des libéraux en 2018 lorsque le problème du jeu a été révélé au grand jour. Il a siégé en tant qu'indépendant pendant près d'un an, mais ne s'est pas représenté comme candidat aux élections fédérales de 2019.

Il a été initialement accusé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en septembre 2020 de quatre chefs d'abus de confiance et d'une accusation de fraude, mais seuls deux des chefs d'accusation d'abus de confiance demeurent.

Lundi, alors que le procès entamait sa deuxième semaine, le procureur de la Couronne, Tim Wightman, a présenté à un ancien membre du personnel politique libéral des courriels et des documents décrivant le processus par lequel les députés pouvaient inviter des personnes à des événements lors du voyage en Inde.

Vandana Kattar Miller, qui en 2018 était l'assistante principale du ministre de l'Innovation Navdeep Bains, a servi de lien entre le cabinet du premier ministre et les députés libéraux qui souhaitaient participer à la tournée en Inde en février 2018.

Ce voyage de neuf jours a été mouvementé alors que des politiciens indiens accusaient M. Trudeau de sympathiser avec des extrémistes séparatistes sikhs. Le voyage a complètement dérapé lorsqu'il a été révélé que des invitations à deux réceptions avec Justin Trudeau avaient été envoyées à un homme ayant des liens avec des extrémistes sikhs. L'homme a été reconnu coupable au Canada d'avoir tenté d'assassiner un politicien indien en 1986.

Mais au tribunal, la Couronne se concentre sur les personnes que M. Grewal a inscrit sur la liste des invités.

Mme Kattar Miller a déclaré qu'il y avait deux réceptions plus importantes – une à Delhi et une à Mumbai – et que les députés qui souhaitaient se joindre pouvaient soumettre les noms des personnes qu'ils désiraient inviter aux réceptions.

Plus d'une douzaine de députés libéraux se sont joints au voyage et leur liste d'invités occupe plus de 12 pages. La liste initiale de M. Grewal contenait 100 noms.

Mme Kattar Miller a dit qu'il y avait aussi une rencontre plus intime avec M. Trudeau à Delhi à laquelle les députés pouvaient inviter jusqu'à cinq personnes. Cet événement permettait aux invités de rencontrer M. Trudeau et de se faire prendre en photo avec lui.

Au cours du contre-interrogatoire, l'avocat de la défense de M. Grewal a confirmé avec Mme Kattar Miller que les députés pouvaient soumettre autant de noms qu'ils le souhaitaient pour la liste d'invitation et qu'il n'y avait aucune restriction quant au choix des personnes qui pouvaient être invitées. 

Elle lui a également confirmé qu'elle avait fait un examen «de haut niveau» des noms soumis et qu'aucun d'entre eux n'avait sonné d'alarme. «Je ne me souviens de rien», a-t-elle déclaré.

Le procès devrait durer jusqu'à la fin de juillet.

Mia Rabson, La Presse Canadienne