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Service de police de Laval

À Laval, un mémoire déposé à la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs

durée 09h00
5 novembre 2019
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Par Salle des nouvelles

Invité à témoigner devant la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs, le Service de police de Laval (SPL) y a pris part tout récemment, au nom de toute une région, en rappelant que "pour construire une personne prostituée adulte, il faut d’abord détruire un jeune". Une vision soutenue par le Programme prévention jeunesse de Laval, formé de plusieurs acteurs régionaux déterminés à lutter contre l’exploitation sexuelle des mineurs.

Le mémoire déposé met l’accent sur ce phénomène en croissance constante qui doit être vu comme un écosystème composé non pas de personnes prostituées, de proxénètes et de clients, mais bien de victimes, d’exploiteurs et d’abuseurs. Le gouvernement du Québec a ainsi été invité à participer à un mouvement de transformation des valeurs sociales québécoises en lien avec la prostitution, en général, et plus spécifiquement avec l’exploitation sexuelle des mineurs.

Cette position se veut la base d’une transformation sociale impérative. Il s’agit là de la conclusion du Programme prévention jeunesse de Laval qui, après trois ans de réflexions, de recherches, d’analyses et d’expériences multiples, constate qu’une banalisation de l’exploitation sexuelle dans la société est au cœur de la problématique.

 

Des victimes qui ont peur

« En dépit des moyens de persuasion et de sécurité déployés par tous les intervenants pouvant venir en aide aux victimes, la peur ou le refus de collaborer l’emporte souvent. Faute de preuves indépendantes, il devient impossible d’aller plus loin dans un processus légal », a mentionné le directeur du SPL, Pierre Brochet. « Si ces jeunes ne se voient souvent pas comme des victimes, c’est qu’il y a aussi une normalisation dans nos communautés  de ce que l’on appel à tort l’industrie du sexe. Mais dans notre vision, les corps et les personnes ne peuvent pas, ni être ni devenir, des objets de transactions commerciales, pas plus qu’un produit d’une quelconque industrie », a-t-il ajouté.

 

Abuseurs sans remords

Sur des dizaines d’hommes arrêtés depuis 2016 par le SPL, dans le cadre de sa lutte à l’exploitation sexuelle des mineurs, aucun d’entre eux n’a montré de signes de nervosité en entrant dans la chambre où devait se trouver une personne mineure.

Au contraire, le niveau d’excitation était élevé. Des hommes qui n’ont aucun profil précis, étant de tout âge, de tout milieu et de toutes professions, mais ayant en commun d’avoir l’argent nécessaire pour se payer le droit d’abuser sexuellement du corps de personnes mineures.

C’est la raison pour laquelle les intervenants du Programme intervention jeunesse de Laval croient qu’il faut responsabiliser l’abuseur envers ses actes. Les services sexuels offerts au Québec génèrent 2 600 000 transactions par année, soit plus de 7 000 par jour, un chiffre conservateur. Pour renverser la situation, le soutien de la population est essentiel et une acceptabilité sociale doit s’amorcer.

 

Changement d'acceptabilité sociale

Au-delà d’une campagne nationale de communication visant des messages normatifs – à l’image de celle, par exemple, de l’alcool au volant qui, dès les années 90 a martelé qu’il était inacceptable et criminel de conduire avec des facultés affaiblies – une stratégie nationale permanente doit aussi être mise en place. En rendant odieux, intolérable et criminel la commercialisation des relations sexuelles avec des mineurs, ce changement d’acceptabilité sociale aura un impact majeur sur la demande. Car ce n’est pas l’offre qui crée la demande, mais bien la demande qui crée l’offre.

Une action concertée gouvernementale pourra également assurer un impact réel, concret et à longue portée. Notamment, par une perspective plus large de prévention, d’éducation et de sensibilisation, dont par un travail terrain intensifié des intervenants, ainsi que par une formation spécifique aux acteurs socio-judicaires afin de faire vivre des orientations communes. Également, en regardant de près le comportement éthique des services d’hébergement, comme les milieux hôtelier et locatif.

 

Le mémoire déposé est soutenu par ces organisations :

  •     Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) de Laval
  •     Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval
  •     Mesures alternatives jeunesse (MAJ) de Laval
  •     Service de police de Laval
  •     Centre d’interventions en délinquance sexuelle (CIDS)
  •     Collège Montmorency
  •     Commission scolaire de Laval (CSL)
  •     Ville de Laval
  •     Travail de Rue Île de Laval (TRÎl)

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