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1 juin 2021 - 10:00

Favoriser le maintien à domicile 

Québec investit 750 M$ sur cinq ans pour améliorer l’offre de soins à domicile

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

C’est en compagnie de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais et de son adjointe parlementaire et député de Soulanges, Marilyne Picard, que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a annoncé ce lundi une somme de 750 millions de dollars sur cinq ans afin d’augmenter l’offre et l’accès aux soins à domicile. 

« Nous avons déployé de grands efforts pour améliorer ces services et la crise sanitaire a confirmé que c’était la chose à faire, car les besoins sont immenses et ne feront que s'accroître avec le vieillissement de la population qui se poursuit », rappelle Marguerite Blais. 

D’ici 2030, le quart des Québécois seront âgés de 65 ans et plus. Ainsi, même si cette annonce concerne toute la société peu importe l’âge ou la condition, le gouvernement a indiqué vouloir prioriser les personnes aînées afin de les maintenir à domicile. Près de 70%, des sommes leur seront consacrées. 

Les investissements dédiés à ce groupe d’âge sont donc maintenant de l’ordre de 43%, dont 10% viennent d’autres mesures telles que les crédits d'impôt. Christian Dubé a mentionné avoir pour objectif atteindre les 50%, et ce à court terme. 

« Il y a maintenant une après-pandémie [...] L’annonce d’aujourd’hui est donc un début de ce que nous entendons faire pour améliorer les soins de première ligne », prévoit-il. 

Favoriser le maintien à domicile

Que ce soit pour des besoins, des valeurs ou un choix de vie, le gouvernement souhaite, par cette annonce, encourager les gens à pouvoir rester dans leur milieu de vie. 

Selon Mme Blais, près de 96% des aînés sont présentement à domicile ou dans une résidence pour personnes âgées, ce qui représente la vaste majorité de ce groupe d’âge. 

Cette dernière précise toutefois qu’il ne faut pas mettre en opposition les investissements dans les milieux d'hébergement. « On a des personnes en hébergement qui ne sont pas les mêmes qu’il y a une quinzaine d’années. Plus de 80% vivent avec des troubles neurocognitifs majeurs. Ils ne peuvent plus rester à la maison », explique-t-elle. 

Par les sommes annoncées qui s’inscrivent dans un 530 millions de dollars récurrents, le gouvernement entend donc diminuer considérablement les listes d’attentes et offrir davantage d’heures pour les soins. 

Au Québec, c’est 400 000 personnes qui ont recours aux services à domicile, ce qui représente 25 millions d’heures, soit six heures par personne en moyenne. 

Il y a toutefois encore une liste d’attente de 12 000 personnes pour un premier service, et de 40 000 pour un deuxième ou un troisième. De ces 40 000 personnes, certains ont par exemple une infirmière à domicile, mais aimeraient aussi avoir les services d’un physiothérapeute ou d’un nutritionniste en plus.

Le temps d’attente est généralement de trois à quatre jours selon Mme Blais, mais peut être plus long dans certains cas. 

L’enveloppe annoncée, issue du dernier budget, sera aussi sous la « clause cadenas », mise en place en 2018, qui oblige les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) à utiliser ces sommes uniquement à ces fins. 

L’impact sur le réseau de la santé

« Les services de soutien à domicile permettront notamment de prévenir les hospitalisations, le recours à l’hébergement dû à des besoins non comblés et l’épuisement des personnes proches aidantes », souligne Mme Blais. 

Pour M. Dubé, il est clair que les services de soins à domicile constituent un point central dans l’objectif de désengorger le réseau. « Les urgences sont liées à la façon dont on traite nos aînés. Plus on va être capable de laisser nos aînés dans leurs résidences avec de bons soins à domicile, c’est des gens qu’on ne retrouvera pas aux urgences, et ça c’est évident », constate-t-il. 

Le gouvernement entend également que cette offre bonifiée puisse combler des besoins par exemple dans les jours suivants une opération pour des patients qui ne nécessitent pas une hospitalisation constante, ce qui viendrait libérer des lits dans les établissements de santé.  

Une bouffée d’air pour les proches aidants 

Maryline Picard a tenu à mentionner que les soins à domicile concernaient aussi les personnes atteintes d’une maladie chronique, de déficiences intellectuelles ou physiques, de troubles de santé mentale, étant sur le spectre de l’autisme ou ayant besoin de soins palliatifs. 

« Plusieurs personnes sont au courant que je suis maman d’une petite cocotte qui vit avec un lourd handicap. Je peux vous confirmer pour le vivre que ces services de soins à domicile peuvent faire toute la différence dans la vie quotidienne d’une famille », témoigne-t-elle d’un ton émotif. 

Parmi les bienfaits, elle évoque le fait de pouvoir être sur le marché du travail, d’avoir un pouvoir d’achat, mais aussi de passer du temps avec le reste de la famille, d’avoir un moment de répit et d’être moins seule. « Ça nous permet d’exercer notre rôle plus longtemps, et ce avec amour », conclut-elle.

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