Drogue, alcool et autres dépendances
Le temps des Fêtes est une période plus difficile pour ceux souffrant de dépendances
Beaucoup attendent impatiemment le temps de Fêtes, mais pour d'autres, cette période de l'année est source d'angoisse. C'est le cas pour les personnes souffrant de problèmes de dépendances, qui sont parfois isolées, ou confrontées à plus d'occasions de consommer.
Cette année, une trentaine de personnes ont pris la décision de passer le temps des Fêtes à la Maison Jean Lapointe, qui offre des thérapies à l'interne comme à l'externe, par visioconférence, aux personnes ayant des dépendances à l'alcool, aux drogues ou au jeu.
«Habituellement les gens ne veulent pas nécessairement passer les Fêtes à la Maison Jean Lapointe, et étonnamment cette année, on est bien remplis, alors ça va être un Noël occupé», explique la directrice générale de l'organisation, Anne Elizabeth Lapointe.
«Tant mieux si les gens sont prêts à arrêter dès maintenant. Mais on le sait également que pour certaines personnes, il y en a qui vont préférer passer les Fêtes à la Maison Jean Lapointe, parce que parfois les Fêtes ça égale beaucoup d’abus, beaucoup d’occasions de consommer», ajoute-t-elle, en entrevue.
Mme Lapointe indique que même si une personne qui sort de thérapie a «toute la bonne volonté», elle n'est pas à l'abri d'une rechute. En plus de la présence d'alcool dans plusieurs événements de Noël et du jour de l'An, cette période peut exacerber la solitude des personnes souffrant de dépendances.
«Il y en a pour qui avec le temps, les années de consommation, ils se sont beaucoup isolés également, ce qui fait que pour beaucoup le temps des Fêtes c’est une période qui est difficile», indique Mme Lapointe. Elle ajoute que plusieurs personnes aux prises avec des problèmes de dépendances dépensent beaucoup pour l'achat de substances ou dans des jeux de hasard et d'argent, ce qui rend leur période des Fêtes «très tristes», faute de moyens.
«Le téléphone sonne vraiment beaucoup cette année. Habituellement, les gens nous appellent après le jour de l’An, normalement c’est après les Fêtes, on prend des résolutions et on appelle à la Maison Jean Lapointe», a indiqué Mme Lapointe. L'organisation possède un total de 48 lits, mais la plupart du temps, de 35 à 40 personnes se trouvent en thérapie à la Maison. Ainsi, la trentaine de personnes qui seront en thérapie cette année pour Noël, «c’est quand même beaucoup pour la période des Fêtes», indique Mme Lapointe.
Si une personne de notre entourage consomme activement, «c’est sûr que c’est très difficile de faire quoi que ce soit», admet Mme Lapointe, précisant que son organisation reçoit aussi plusieurs appels de proches qui se sentent impuissants. Toutefois, des actions peuvent être prises pour aider une personne sur le chemin de la guérison dans le temps des Fêtes.
Que faire lorsqu'on reçoit?
Si vous recevez une personne qui est sobre depuis peu, plusieurs mesures doivent être mises en place, selon Mme Lapointe.
«La première chose, c’est de demander à cette personne-là qu’on reçoit, est-ce qu’elle veut qu’il y ait de l’alcool qui soit servi ou non, est-ce que ça va la mettre à risque? Et puis, d’avoir toujours des options de consommation sans alcool plus intéressante que juste de l’eau Perrier», explique-t-elle.
Même si la Maison Jean Lapointe recommande à ceux qui sortent de thérapie d'apporter leur propre boisson sans alcool pour s'assurer d'avoir quelque chose à boire, il peut être apprécié d'avoir une offre diversifiée de boissons sans alcool à proposer à ses invités.
De plus, si vous offrez un verre d'alcool à une personne qui le refuse, il est important de ne pas insister. «Je pense que c’est important de comprendre que, s’il y a des gens qui décident de ne pas consommer, il y a de bonnes raisons, et donc, de ne pas la tenter pour rien non plus», affirme Mme Lapointe.
Tout comme on ne demande pas aux autres la raison pour laquelle ils boivent de l'alcool, il n'est pas nécessaire de questionner les personnes sur les raisons qui les poussent à ne pas boire, illustre-t-elle.
Évidemment, il n'y a pas de mal à prendre un verre durant les Fêtes, dit Mme Lapointe. L'important, c'est de le faire dans le respect des gens autour de nous, et de façon consciente.
Les services de la Maison Jean Lapointe demeurent accessibles durant la période des Fêtes pour les personnes dans le besoin.
Coralie Laplante, La Presse Canadienne
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