Renouvellement du GAP: Christian Dubé adoucit le ton devant les médecins de famille
Changeant complètement de ton, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a laissé entendre mardi qu'il avait bon espoir de s'entendre avec les médecins de famille pour reconduire le guichet d'accès à la première ligne (GAP).
«On est aujourd'hui mardi, l'entente finit vendredi et j'ai souvent vu dans ma carrière des négociations qui finissent à la dernière minute parce que les parties ont trouvé des solutions», a déclaré M. Dubé en mêlée de presse.
Le ministre de la Santé et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont engagés dans un nouveau bras de fer. Ce conflit risque de priver des milliers de Québécois d'un accès à des rendez-vous médicaux.
Rappelons qu'en 2022, M. Dubé et la FMOQ s'étaient entendus pour que les groupes de médecine de famille (GMF) prennent en charge des patients qui étaient jusqu'alors sans médecin.
Une prime annuelle de 120 $ était versée pour chaque patient inscrit à un GMF par l'entremise du GAP.
Or, cette entente vient à échéance ce vendredi, sans que les parties ne se soient entendues sur de nouvelles modalités. Depuis quelques jours, des cliniques ont écrit à des patients pour les informer qu'ils ne seront plus suivis à compter de vendredi.
Apprenant cela, le ministre Dubé a accusé samedi la FMOQ de prendre la population «en otage», ce qu'a prestement rejeté le président de la FMOQ, Marc-André Amyot.
Mardi, le Dr Amyot a nié dans les médias avoir donné le mot d'ordre aux médecins d'arrêter de voir les patients du GAP. Un conciliateur a été nommé dans le dossier.
«Moi, je m'engage à ne pas être intransigeant au cours des prochains jours, et je demanderais la même chose à la direction syndicale de la FMOQ», a pour sa part concédé M. Dubé.
L'opposition appelle à une résolution rapide du conflit
L'opposition libérale a dit souhaiter une résolution rapide du conflit qui oppose le gouvernement aux médecins. «Au cœur de notre préoccupation, c'est l'accès aux services pour le patient», a déclaré le chef intérimaire Marc Tanguay.
De la même manière, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a invité les parties à mettre «de l'eau dans leur vin».
«Il faut que tout le monde soit en mode compromis. On ne peut pas se permettre qu'il y ait des gens qui perdent un accès à la première ligne des soins de santé au Québec», a-t-il dit.
«Donc, de grâce, collaboration, écoute, compromis des deux côtés pour que, d'ici la fin de la semaine, on trouve une entente. On ne peut pas reculer au Québec en matière d'accès à la première ligne», a-t-il ajouté.
Le Parti québécois rappelle qu'au moment de la signer, M. Dubé avait qualifié l'entente avec les médecins de famille d'«historique».
«Aujourd'hui, cette entente-là vient à terme et le ministre veut prolonger l'entente sans avoir négocié la suite. Je demande au ministre d'être conséquent. S'il trouve que sa solution est si bonne, bien, qu'il la fasse fonctionner», a lancé le député péquiste Joël Arseneau.
Caroline Plante, La Presse Canadienne
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