Sommet canadien de l'investissement
«Le Québec est au centre de la transformation de l'économie», dit Girard à Toronto
Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, porte le message, en participant au sommet visant à stimuler l'investissement privé qui a lieu à Toronto, que «le Québec est au centre de la transformation de l'économie canadienne».
«On a un important secteur manufacturier. On a de l'énergie propre, on a de l'expertise en défense. On a des minéraux critiques et stratégiques», a-t-il énuméré en entrevue téléphonique, depuis la Ville Reine.
Le ministre portera une oreille attentive, tout au long de la journée de mardi, aux différents panels de discussion prévus, mais participera aussi aux conversations de couloir et autres événements informels.
Arrivé à Toronto lundi, il a confié à La Presse Canadienne qu'il était enthousiaste quant à la brochette d'investisseurs étrangers présents et qui sont largement considérés comme le gratin du monde des affaires.
«Ici sont réunis des représentants des entreprises privées, des intermédiaires financiers, les grandes institutions financières, les gouvernements, les promoteurs des projets, mais l'élément clé, ce sont les investisseurs étrangers qui viennent ici pour étudier ces projets-là», a-t-il dit.
Tout comme le premier ministre fédéral, Mark Carney, M. Girard déplore un déficit en matière d'investissements privés au Canada et au Québec.
Il note que cet enjeu remonte à bien avant l'actuelle guerre commerciale qui ébranle bien des entreprises, de même que le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Des investisseurs qui ont répondu présents à l'invitation au sommet du gouvernement fédéral, comme BlackRock, auront l'occasion de se faire présenter une foule de projets canadiens et québécois.
BlackRock est considéré comme le premier gestionnaire d'actifs en importance mondialement.
«Ces projets-là, ce qu'ils ont tous en commun, c'est qu'ils sont intensifs en capital - ça prend beaucoup de capitaux - et il y a aussi beaucoup d'incertitude quant aux prix au moment où ces projets-là vont être réalisés», a dit le ministre québécois.
Il a évoqué des projets qui se déploieraient «à coups de milliards».
«Le gouvernement du Québec est un catalyseur, c'est-à-dire qu'il est prêt à mettre des sommes pour que ces projets-là soient initiés, mais notre degré d'intervention doit être limité et diversifié, d'où la nécessité d'avoir plus de capitaux privés et plus de capitaux étrangers pour que ce soit eux, les capitaux privés, qui prennent la majorité des risques de ces projets-là qui sont, à la base, des projets risqués, mais des projets importants pour l'économie du Québec.»
Le ministre Girard représente le gouvernement du Québec au Sommet canadien de l'investissement auquel ont convergé des centaines de dirigeants d'entreprises.
Selon la liste des participants fournie par le bureau du premier ministre Carney, de grands joueurs du monde des affaires au Québec seront représentés, comme Bombardier, le groupe Desjardins et Rio Tinto, société qui est notamment un ténor dans le secteur de l'aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Rio Tinto envoie à l'événement son président du conseil Dominic Barton, qui a été à la tête du groupe conseil McKinsey ayant travaillé auprès de nombreux gouvernements, de même qu'ambassadeur du Canada en Chine.
M. Barton porte aussi le chapeau de président du conseil d'administration d'une organisation créée par le gouvernement Carney qui s'appelle Investir au Canada, une initiative qui vise à mobiliser des investissements du secteur privé.
La dirigeante de la société d'État Hydro-Québec, Claudine Bouchard, sera aussi présente mardi, toujours selon la liste, de même que le président et chef de la direction de La Caisse, Charles Emond.
L'événement n'est pas sans rappeler un «sommet» qui avait été initié par l'ex-premier ministre Justin Trudeau en février 2025, appelé le Sommet Canada-États-Unis, et qui avait aussi eu lieu à Toronto.
Mais selon le ministre Girard, c'est une première au chapitre de réussir à rassembler autant de grands investisseurs reconnus mondialement.
Néanmoins, il est d'avis qu'il faudra deux ans pour réellement savoir si le présent événement aura été un succès.
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne
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