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Cité de la culture et du sport, un organisme controversé

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19 décembre 2012
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Par Cédérick Caron

L’organisme à but non lucratif (OBNL) derrière le projet de la Place Bell soulève des questions chez les opposants politiques lavallois tant sur sa raison d’être que sa composition.

 «Cet organisme a été créé dans le seul but de cacher aux contribuables l’utilisation de leurs taxes», soutient le chef du Parti au Service du Citoyen (PSC) et candidat à la mairie, Robert Bordeleau.

Tant ce dernier que le président du Mouvement lavallois (ML), David De Cotis, aimeraient voir plus de transparence autour du projet. «Nous avons tenté d’avoir accès aux contrats, mais on nous répond qu’ils ne sont pas soumis à la Loi d’accès à l’information», explique M. De Cotis.

120 millions $

«Quand on pense que c’est l’argent des contribuables qui sert à financer complètement les 120 M$ nécessaires à la réalisation du projet et qu’on ne sait pas comment c’est administré, c’est inconcevable!», poursuit M. Bordeleau.

Ce dernier se questionne aussi sur les gens qui ont été nommés sur le conseil d’administration de l’OBNL et pourquoi le directeur du bureau des grands projets de Laval n’y siège pas.

«Le Bureau des grands projets est très impliqué dans la Place Bell. C’est lui qui pilote le dossier et qui travaille étroitement avec Infrastructure Québec», répond la porte-parole de la Ville de Laval, Nadine Lussier.

Dunton Rainville

Autre point qui fait sourciller le PSC et le ML : le fait que le nom de la firme d’avocats Dunton Rainville, qui a fait couler de l’encre au cours des dernières années en raison du nombre de contrats que Laval lui octroyait, soit lié au projet.

Jusqu’à vendredi dernier, l’adresse du domicile élu de la Cité de la culture et du sport, inscrite au Registre des entreprises du Québec, était celle du cabinet d’avocats. Il était aussi inscrit que le répondant était Me Pierre L. Lambert, avocat employé de la firme. Lundi, ces informations avaient été retirées.

«Le mandat de Me Lambert comme aviseur légal pour la Cité est maintenant terminé. C’est pour cette raison que nous avons apporté la modification», explique le porte-parole de la Cité de la culture et du sport, Jean Gosselin.

Qui est derrière la Cité du la culture et du sport?

L’Écho de Laval présente ici les membres du conseil d’administration de l’OBNL qui gère le futur complexe de la Place Bell.

Marcel Alexander, président

Il occupe la présidence de l’organisme depuis le 24 avril 2012. Il siégeait avant comme administrateur. M. Alexander a été directeur de la Corporation de la salle André-Mathieu de 1994 à 2011. Il occupe présentement un poste de consultant en gestion dans le secteur des arts et du divertissement pour l’entreprise Vincent, François, Marcel… et les autres.

Gaétan Vandal, secrétaire

En plus d’être secrétaire de la Cité de la culture et du sport, M. Vandal est le directeur général adjoint, processus financier et dossiers majeurs de la Ville de Laval.

Jean Roy, administrateur

M. Roy siège comme administrateur. Selon le porte-parole de la Cité de la culture et du sport, Jean Gosselin, il a été choisi pour «ses compétences dans la gestion de projet d’ampleur». Il a été directeur du bureau de projet pour la réalisation de la Maison symphonique construite sous le mode d’un partenariat public-privé. Au moment de l’annonce du projet en 2006, le coût estimé était de 105 M$ et est passé à 259 M$ au moment du coup d’envoi des travaux.

«Le montant de 105 M$ était une estimation préliminaire du coût de construction de la salle, tandis que le montant de 259 M$ englobe également les coûts de conception, d’exploitation, d’entretien et de financement échelonnés sur une période de 29 ans», explique le ministère de la Culture et des Communications sur son site Internet.

M. Roy a aussi été directeur du bureau de la planification et de la gestion de la Grande bibliothèque du Québec. Le budget initial prévoyait 97 M$ pour le projet qui a finalement été revu plus tard à 170 M$. Au final, la Grande Bibliothèque a coûté un peu plus de 176 M$ en raison notamment du développement informatique et de l’acquisition de nouveaux documents.

Gaétan Turbide, administrateur

Jusqu’au 24 avril 2012, le directeur général (DG) de la Ville de Laval siégeait aussi comme président de l’OBNL. Depuis cette date, il n’est qu’administrateur.

Il avait démissionné de son poste de DG en 2008, pour mieux y revenir en 2010. Dans l’intervalle, il a été deuxième actionnaire et vice-président du fonds d'acquisition d'entreprise Octopus. Ce fonds est entre autres propriétaire de l'entreprise Aqua-Rehab spécialisée dans la réparation de conduites d'eau par gainage structural, qui fait affaire avec la Ville de Laval. Lors de son retour en poste, la Ville de Laval a indiqué qu’il s’est départi de tous ses intérêts dans cette entreprise.

M. Turbide avait auparavant été le directeur général de la Société de transport de Laval (STL) pendant sept ans.

Michel Demers, administrateur

M. Demers est président de Hockey région Laval, l’organisme qui régie le hockey sur glace sur l’île Jésus. De plus, il est aussi le président de la Corporation du Complexe Sports de Glace Laval Inc. qui regroupe toutes les associations de sport de glace de Laval.

Il a été impossible de parler directement avec les membres du conseil d’administration. Seul le porte-parole de la Cité de la culture et du sport, Jean Gosselin, est autorisé à donner des entrevues.

 

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