C’est avec les menottes aux poignets que l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a brièvement comparu avec deux de ses coaccusés avant de pouvoir retrouver sa liberté le 9 mai en fin d’après-midi au palais de justice de Laval.
L’ex-directeur général de Laval, Claude Asselin, et l’ex-directeur de l’ingénierie, Claude Deguise, ainsi que le maire Gilles Vaillancourt font face à 18 chefs d'accusation dont, entre autres, fraude, abus de confiance, recyclage de produit de la criminalité et gangstérisme.
M. Vaillancourt est accusé d’avoir chargé un tiers de commettre un acte criminel.
Tête haute
Dans le box des accusés, les trois hommes qui ont comparu en même temps ont gardé la tête haute sans jamais regarder dans la salle d’audience qui était remplie de journalistes, de candidats aux prochaines élections, d’avocats curieux et de quelques badauds.
La Couronne ne s’est pas opposée à la remise en liberté des trois hommes sous certaines conditions. Ils ont dû remettre leurs passeports, ne pourront quitter le Québec sans autorisation du tribunal, devront garder la paix et ne pas posséder d’armes.
Alors que ses deux comparses ont répondu de façon négative à la question : possédez-vous des armes? M. Vaillancourt a ajouté avec une pointe d’arrogance dans la voix : «je n'ai même pas un fusil à eau!»
Les trois présumés complices ont dû aussi s’engager personnellement à verser une caution s’il ne respectait pas leurs conditions. M. Vaillancourt a dû s’engager pour 150 000 $, M. Asselin pour 100 000 $ et M. Deguise pour 75 000 $. Dans les trois cas, aucun dépôt n’a été exigé.
L'ex-maire réagit
«J’ai plaidé non coupable. J’aurais beaucoup d’arguments à faire valoir au moment opportun. Je vais maintenant me consacrer à ma défense et à prouver mon innocence. Maintenant que je suis redevenu un homme privé, je vous demande de respecter ma vie privée», a brièvement déclaré M. Vaillancourt devant le palais de justice qu’il a lui-même inauguré il y a une vingtaine d’années.
Les trois hommes ne pourront pas non plus communiquer avec leur coaccusé. De plus, ils ne pourront pas entrer en contact avec Gaétan Turbide et Jean Roberge, le directeur général et le directeur général adjoint actuels de Laval qui ont été suspendus la semaine dernière.
Aucune accusation n’a été déposée contre ses derniers, mais la dénonciation stipule que les coaccusés ont comploté avec ses deux hommes ainsi qu’afin de commettre des actes d’abus de confiance, de fraude envers le gouvernement et de corruptions dans les affaires municipales.
Les dossiers des trois accusés et des autres personnes arrêtées dans le cadre de l’opération «Honorer» seront de retour devant le tribunal le 10 juillet prochain.