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Les patrouilleurs seront armés de Taser

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25 juin 2014
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Par Claude-André Mayrand
EXCLUSIF-LAVAL - 

Le nombre d’armes à impulsion électrique (Taser) disponibles pour les policiers lavallois augmentera de façon progressive à compter du 30 juin prochain.

À partir de cette date, 20 agents de la gendarmerie spécialement formés pour utiliser le Taser patrouilleront avec une arme à impulsion électrique accrochée à leur ceinture.

Depuis l’arrivée du Taser au sein de la police de Laval en 2005, seuls les agents du groupe tactique et ceux du centre de détention y avaient accès.

«L’objectif est de donner un outil additionnel aux patrouilleurs pour leurs interventions, explique Fédéric Jean, sergent aux Affaires publiques du Service de police de la Ville de Laval. Il n’y avait pas d’outil entre le bâton télescopique et l’arme à feu dans notre échelle d’intervention.»

En ayant accès à cet outil, les agents auront d’autres possibilités dans des situations où l’utilisation du poivre de Cayenne, du bâton ou de l’arme à feu ne serait pas adéquate.

«Ce qui est mis en vigueur, c’est d’augmenter l’accessibilité à cette arme intermédiaire qui va offrir un moyen additionnel aux agents lorsqu’une situation rendrait l’utilisation de cette arme plus appropriée», ajoute M. Jean, qui précise que l’introduction du Taser au sein des patrouilles régulières ne fait pas partie d’une recommandation du coroner ou du ministère de la Sécurité publique. Il ne s’agit pas non plus d’une conséquence à un évènement passé.

«On veut s’assurer que la sécurité du public et de nos agents soit complète», précise-t-il.

50 000 volts

À l’automne, 20 autres agents de patrouille auront également un Taser à la ceinture, et la police de Laval entend réévaluer la situation à ce moment afin de déterminer si davantage d’armes à impulsion électrique seront mises à la disposition des agents.

Seuls ceux qui auront reçu la formation pourront l’utiliser.

«Il y a un cadre légal quant à l’utilisation de la force dans la formation des policiers et l’arme à impulsion électrique s’insère dans ce cadre, confie le porte-parole, Frédéric Jean, qui confirme que le projet est sur les rails depuis un certain temps. On sait que cet outil aurait pu être utilisé dans le passé et on souhaite que lorsque l’utilisation du Taser sera appropriée, un agent y aura accès.»

Lors de son impulsion, le Taser déploie une charge de 50 000 volts et de 0,0021 ampère.

Depuis 2009, un total de sept coups de feu ont été tirés par les policiers de Laval (aucun en 2014). Le Taser a, quant à lui, servi deux fois au cours de la même période (une utilisation et une démonstration).

Une arme mortelle?

Depuis plusieurs années, l’emploi du Taser est la source de vives critiques, notamment de la Coalition pour le retrait du Taser, qui considère qu’il s’agit d’une arme mortelle.

«C’est une arme mortelle tout à fait inappropriée et dangereuse qui entraîne un usage abusif de la force», clame Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés et membre de la Coalition.

M. Peschard aimerait voir les services policiers éliminer le Taser de leur arsenal.

«Le problème, dès le départ, est de considérer cette arme comme étant intermédiaire, confie le militant, qui se remémore les décès causés par l’utilisation du Taser. Il est possible de faire le travail policier sans Taser et on n’a pas trouvé de justification à son utilisation. Les policiers trouvent ça pratique, mais ce n’est pas une raison valable, selon nous.»

Selon Frédéric Jean, l’utilisation du Taser depuis 2005 au sein du service lavallois n’a entraîné aucune mortalité, ni blessure.

«Ce qui est important de noter, c’est que l’arme à impulsion électrique n’est pas un force non mortelle, mais qu’elle pourrait infliger des blessures certainement moins graves que l’arme à feu», conclut l’agent porte-parole.

La police d’Ottawa a aussi augmenté le nombre de Taser au sein du service en avril dernier. Du côté de la police de Montréal, on utilise l’arme à impulsion électrique depuis plusieurs années.

 

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