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22 avril 2019 - 08:00

D’autres quartiers de Laval, notamment Chomedey et Sainte-Dorothée, sont aussi affectés par les couloirs aériens et les pratiques adoptées par NAV Canada et Aéroports de Montréal (ADM).

Un nouveau groupe environnemental de Laval contre le bruit aérien

Nouvellement créé, le groupe de citoyens Les Sentinelles de l’air de Laval incite les milliers de Lavallois dont l’environnement sonore s’est détérioré à contester leur nouvelle évaluation foncière d’ici la date butoir du 30 avril prochain.

Au cours des récentes années, le nombre d’aéronefs atterrissant ou décollant de l’aéroport Montréal-Trudeau et survolant le territoire Laval a augmenté de façon considérable. Plus encore, l’altitude de ces vols s’est abaissée, entraînant une pollution sonore qui  perturbe la qualité de vie des citoyens touchés.

« Nous nous sommes récemment installés dans cette banlieue pour profiter d’une certaine tranquillité et fuir les avions de Montréal, indique Paul-Yanic Laquerre, un citoyen de Vimont impliqué comme administrateur au sein de divers organismes lavallois. Or, certains jours, j’ai dénombré jusqu’à 80 avions survolant directement ma propriété! Les vols se poursuivent régulièrement jusqu’à 1 h 00 du matin, pour reprendre vers 5 h 30. Il est impossible de dormir les fenêtres ouvertes l’été. » 

M. Laquerre, tout comme son voisin d’Auteuil et autre cofondateur des Sentinelles de l’air, Raymond Prince, rapporte que les avions qui survolent le secteur en se dirigeant vers l’est sont en mode atterrissage, tout en ayant encore une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau à parcourir avant de se poser sur la piste, après avoir fait demi-tour. « Ils volent maintenant aussi bas qu’entre 3 000 à 4 000 pieds au-dessus de nos têtes », ajoute monsieur Prince. Les transporteurs aériens cherchent ainsi des économies d’essence, comprend-il.

Une baisse des valeurs foncières

Considérant que cette situation vient dans les faits amoindrir la valeur présente et future de leurs  propriétés, messieurs Laquerre et Prince ont déposé récemment leur avis de contestation d’évaluation foncière, laquelle faisait pourtant état d’une hausse de  9 à 11,5 % de la valeur de leur propriété. Les deux Lavallois soutiennent que leur nouvel environnement sonore représente un frein majeur à toute augmentation de la valeur de leur propriété et pourrait même entraîner une dépréciation de celle-ci.

Chris Isaac, un autre administrateur du groupe environnemental, voit quant à lui sa qualité de vie grandement diminuée en raison des avions qui décollent de Montréal-Trudeau en se dirigeant vers l’est et en effectuant un virage à hauteur d’Ahuntsic vers Duvernay, à l’approche du pont Papineau-Leblanc.

« Ces avions pourraient tout simplement prolonger leur route sur l’île de Montréal avant de tourner vers le nord au-dessus du pont de la 25, qui traverse un secteur moins résidentiel. Ils seraient alors plus haut dans le ciel. Au lieu de cela, nous les voyons surgir à Duvernay, où j’habite, à quelque 3 ou 4 000 pieds », signale monsieur Isaac.

Un appui du député Iacono

Avec l’appui du député fédéral d’Alfred-Pellan, Angelo Iacono, une rencontre a été organisée à l’été 2018 avec des représentants de NAV Canada et d’ADM, mais malheureusement sans résultats probants. À l’invitation de M. Iacono, les trois résidants de Laval ont pu, par contre, faire part de leurs doléances l’automne dernier dans le cadre des audiences organisées par le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités du gouvernement fédéral portant sur l’Évaluation de l’incidence du bruit des avions près des grands aéroports canadiens.

Par ailleurs, bien qu’ils aient contacté le ministre des Transports, Marc Garneau, et les représentants politiques de Laval, ils n’ont senti aucun intérêt de ces élus à les défendre dans ce dossier.  « Le ministre Garneau nous a expédié des lettres laconiques dans lesquelles il décline toute responsabilité légale », se désole M. Laquerre. « La décision de confier la gestion des corridors aériens à NAV Canada relève pourtant ultimement du gouvernement fédéral et du ministre des Transports. »

« Les dirigeants de Laval se sont par ailleurs contentés de nous orienter vers le fédéral, ajoute M. Prince, qui fut précédemment directeur des Pollués de Montréal-Trudeau. Bien que ce dossier ne relève pas directement de sa juridiction, nous aurions quand même souhaité que la Ville s’engage à nos côtés pour défendre la qualité de vie qu’elle nous promet. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous cherchons à lui faire comprendre à travers cet appel à la contestation des valeurs foncières que cette pollution sonore la concerne tout autant. »

À propos des Sentinelles de l’air de Laval

Fondée en mars 2019, la nouvelle association est inscrite au Registre des entreprises du Québec et a pour objectif de sensibiliser les autorités et les Lavallois à l’impact des nuisances sonores et de la pollution aérienne, tout en proposant des solutions pour leur réduction. 

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