Enquête Éduc’alcool
Moins de buveurs excessifs au Québec qu’il y a cinq ans
Le nombre de consommateurs d’alcool est resté stable en 2021, mais de façon générale, la fréquence de consommation a diminué depuis 2017.
La dernière enquête Crop réalisée pour le compte de l’organisme Éduc’alcool démontre en effet que le nombre de consommateurs d’alcool est resté stable de 2017 à 2021, soit de 84 %.
La fréquence de consommation, à raison d’une fois par semaine ou plus, a diminué, passant de 62 % qu’elle était en 2017 à 51 % en 2021.
Le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, se réjouit aussi de l’augmentation de la proportion de consommateurs qui respectent les limites de consommation recommandées.
De façon générale, les Québécois consomment en moyenne 2,3 verres par occasion et 4,5 verres par semaine.
Effet de la pandémie
Invité à évaluer l’effet de la pandémie de la COVID−19 sur la consommation d’alcool des Québécois en 2021, M. Sacy a eu une réponse nuancée.
« Il n’y a pas de règle générale. Vous avez des gens qui ont augmenté, des gens qui ont diminué, des gens qui n’ont pas bougé. »
Ainsi, 35 % de ceux qui ont diminué leur consommation d’alcool au cours des cinq dernières années affirment que c’est à cause de la pandémie — réponses «totalement» et «partiellement» additionnées.
M. Sacy explique la diminution par plusieurs facteurs. Il cite d’abord les arguments financiers, comme l’incertitude économique et la crainte de perdre son emploi à cause de la pandémie ou le fait de toucher une des prestations d’aide d’urgence temporaire.
Il cite aussi un autre facteur: le comportement des buveurs plus sociaux, qui avaient l’habitude de boire dans les bars, les restaurants et les discothèques, et qui n’avaient plus ces occasions de boire, à cause de la pandémie en 2021.
À l’inverse, 46 % de ceux qui disent que leur consommation d’alcool a augmenté au cours des cinq dernières années attribuent le phénomène à la pandémie.
Cette fois, M. Sacy explique l’augmentation par d’autres facteurs, comme le télétravail. Ceux qui buvaient de l’alcool à la maison et faisaient du télétravail trouvaient davantage d’occasions de boire, et sans trop de délai, puisque le lieu de consommation était à proximité de leur lieu de travail. Plus besoin de quitter le lieu de travail pour aller dans un bar pour un 5 à 7.
Les autres facteurs sont l’espoir ou la volonté de combattre ainsi la solitude, l’angoisse ou le stress engendrés par la pandémie, avance M. Sacy.
« Si on prend un hélicoptère et qu’on survole le Québec, je vous dirais que, grosso modo, oui ça a eu un effet, mais seulement à deux niveaux, parce qu’au total de la consommation, ça n’a pas bougé. L’effet que ça a eu, c’est que certains ont pris de meilleures décisions que d’autres, pendant la pandémie, pour gérer leur stress et leurs émotions. Et pour d’autres, ça a permis de voir que ce n’était pas obligatoire de boire tout le temps », a conclu M. Sacy.
L’enquête a été réalisée par le biais de 1500 entrevues, par internet, du 10 au 28 septembre 2021.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne
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