Environnement
Menace sur le milieu naturel du ruisseau Barbe
Le réseau des bois de Laval et le Conseil régional de l’environnement de Laval sonnent l’alarme concernant l’avenir du dernier grand milieu naturel du quartier Fabreville.
Ils demandent à la Ville de Laval de mettre en réserve les lots visés par une autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).
Situé au nord-est de l’échangeur des autoroutes 13 et 440, ce milieu naturel, d’une superficie de 31 hectares, abrite une érablière à sucre et est traversé d’est en ouest par le ruisseau Barbe, dont la crue printanière s’étend sur près de 300 mètres à l’intérieur d’un boisé, jusqu’à de très grands marécages à haute valeur écologique.
Cette mosaïque d’habitats se trouve aussi à la confluence de deux importants corridors écologiques, à l’intérieur desquels elle forme un noyau de conservation bien identifié au Plan de conservation et de mise en valeur des milieux naturels de Laval, adopté en 2020.
Un engagement municipal mis en péril par le MELCC
Alors que la Ville de Laval avait identifié plus des deux tiers des 31 hectares du milieu naturel du ruisseau Barbe comme milieu humide d’intérêt dans son règlement de contrôle intérimaire (RCI) de l’été 2020 (M.R.C.L.-11) en vue de les protéger contre le développement, le MELCC a autorisé en 2021 la destruction de près de la moitié du secteur, dont environ 7 ha de milieux humides d’intérêt.
Bien que le Ministère exige une compensation financière de 4 056 608 $ de la part du promoteur pour la destruction de ce milieu humide, aucune assurance n’existe que cette somme permettra d’en protéger un autre de valeur écologique similaire ailleurs à Laval, comme le veut le principe zéro perte nette qui doit guider le MELCC lors de ses analyses.
Considérant la raréfaction des terrains disponibles sur l’île de Laval et la hausse vertigineuse de leur prix, il importe de préserver les écosystèmes existants plutôt que de chercher à en créer de nouveaux.
D’autre part, l’administration Boyer s’est engagée en campagne électorale à protéger 17 % du territoire lavallois et à consulter les citoyens sur l’avenir des boisés. La destruction de ce milieu d’exception nuirait à ces objectifs, en plus de priver les habitants de Fabreville du seul milieu naturel accessible à pied ou à vélo dans leur quartier.
Une incompatibilité entre les actions du MELCC et la planification territoriale de Laval
La majorité de la superficie ciblée par l’autorisation du MELCC se concentre sur des terrains qui ne sont pas identifiés comme « structurants à construire » au Schéma d’aménagement et de développement (SADR) adopté par Laval en 2017.
La Ville de Laval, en plus de s’être prêtée de façon exemplaire à l’élaboration de son Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH), a désigné ces milieux à des fins de protection, comme le prévoit le SADR. Afin de protéger adéquatement ces milieux naturels exceptionnels, le MELCC aurait dû se conformer aux orientations municipales.
Laval doit faire respecter son règlement de contrôle intérimaire
À l’aune de la perte continue de la biodiversité et des changements climatiques, il est inacceptable d’autoriser la destruction de milieux naturels comme celui du ruisseau Barbe et c’est pourquoi nos deux organismes tentent de sensibiliser depuis plusieurs mois la Ville de Laval afin que celle-ci intervienne pour faire respecter son RCI, malgré l’autorisation donnée par le MELCC.
Or, bien que la délivrance du permis municipal nécessaire aux travaux de construction des deux rues résidentielles et des bâtiments industriels projetés n’ait pas encore été effectuée, le promoteur a tout de même commencé à remblayer les milieux naturels existants.
Il est minuit moins une pour sauver l’écosystème du ruisseau Barbe, dont l’intégrité exceptionnelle pourrait disparaître si la Ville n’intervient pas dans les plus brefs délais pour mettre en réserve ces lots afin d’en négocier l’acquisition.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Une littératie de l'intelligence artificielle serait nécessaire pour les élèves
À l'approche de la rentrée scolaire, l'intelligence artificielle (IA) se fait bien présente dans les écoles, peu importe le niveau d'éducation. Pour un expert, l'enjeu de la rentrée n'est pas de savoir s'il faut permettre ou non l'utilisation de l'IA, mais bien d'apprendre aux élèves et aux professeurs à s'en servir intelligemment. «Je ...
LIRE LA SUITE
Les Québécois favorables à un droit à la fraîcheur pour contrer les vagues de chaleur
Les trois quarts des Québécois appuient la reconnaissance d'un droit à la fraîcheur, qui garantit des endroits sécuritaires à toute la population lors des épisodes de forte chaleur, indique un nouveau sondage Léger réalisé pour l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ). Elle demande aux partis politiques de reconnaître le ...
LIRE LA SUITE
Les véhicules connectées soulèvent des questions relatives à la vie privée
Les véhicules modernes sont devenus de véritables centres numériques complexes qui surveillent et enregistrent en permanence vos faits et gestes. Telles sont les conclusions publiées dans un nouveau rapport de la Commission de l'éthique en science et en technologie (CEST). Ce rapport de 64 pages recense 12 risques majeurs pour la vie privée, ...
LIRE LA SUITE